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La Nouvelle-Calédonie dit non à l'indépendance

Le taux de participation s'est élevé à 85,64 %, soit cinq points de plus qu'en 2018.

Les gens font la file pour voter.

À Nouméa, en Nouvelle-Calédonie, les gens votent lors du deuxième référendum sur l'indépendance d'avec la France.

Photo : Associated Press / Mathurin Derel

Reuters

Les électeurs de la Nouvelle-Calédonie ont une nouvelle fois dit non à l'indépendance dimanche, deux ans après l'échec d'un premier référendum visant à faire sortir l'île du Pacifique Sud de l'orbite de la France.

Le vote loyaliste a recueilli 53,26 % des voix, contre 46,74 % pour le vote indépendantiste, selon les chiffres publiés par le ministère français des Outre-mer après le dépouillement de l'ensemble des bureaux de vote.

Lors du référendum de 2018, le non l'avait emporté avec 56,7 % des voix. L'écart cette année n'est que de 9965 voix, près de deux fois moins qu'il y a deux ans, précise-t-on au ministère.

Le taux de participation s'est élevé à 85,64 %, soit cinq points de plus qu'en 2018. Aucun incident majeur n'a été signalé pendant les opérations de vote.

Un peu plus de 180 000 électeurs inscrits étaient invités à répondre à la question suivante : Voulez-vous que la Nouvelle-Calédonie accède à la pleine souveraineté et devienne indépendante?.

Le vote a une nouvelle fois fait ressortir l'image d'un territoire très divisé entre le Nord et les îles de l'archipel, à majorité kanake et favorable à près de 80 % à l'indépendance, et le Sud, dont la capitale, Nouméa, reste fidèle à la France dans des proportions presque similaires.

Saluant un deuxième rendez-vous démocratique réussi, le président Emmanuel Macron a invité les Néo-Calédoniens à se tourner ensemble vers l'avenir.

Les électeurs [...] ont majoritairement confirmé leur souhait de maintenir la Nouvelle-Calédonie dans la France. En tant que chef de l'État, j'accueille cette marque de confiance dans la République avec un profond sentiment de reconnaissance, a déclaré Emmanuel Macron lors d'une brève allocution depuis l'Élysée.

J'accueille également ces résultats avec humilité : j'entends la voix de celles et ceux qu'anime la volonté de l'indépendance et je veux leur dire que c'est avec vous, ce n'est qu'ensemble que nous construirons la Nouvelle-Calédonie de demain, a-t-il ajouté.

Vers un troisième référendum?

Étape majeure du processus de décolonisation de cet archipel de 240 000 habitants situé à 1200 km à l'est de l'Australie et à 17 000 km de Paris, la tenue de ce référendum s'inscrit dans le cadre de l'accord de Nouméa, conclu en 1998.

Après l'échec des deux premiers scrutins, l'accord permet la tenue d'un troisième référendum d'ici à 2022, à condition qu'un tiers des 54 membres du Congrès local se prononce en ce sens.

Un troisième référendum est possible. [...] L'État, fidèle à sa parole, se tient prêt à l'organiser, a d’ailleurs déclaré Emmanuel Macron.

Les discussions sur l'avenir de l'île ont commencé en 1988 après une décennie de conflits et de violences séparatistes qui ont culminé avec la prise d'otages d'Ouvéa, au cours duquel 19 Kanaks et deux soldats furent tués les 4 et 5 mai 1988, puis, un an plus tard, avec l'assassinat du leader indépendantiste Jean-Marie Tjibaou et de son bras droit au FLNKS, Yéwéné Yéwéné, lors de la commémoration du drame d'Ouvéa.

Une première étape a été franchie en 1988 avec les accords Matignon-Oudinot. Signés par les partis indépendantistes, les partis loyalistes et l'État français, ils ont créé trois provinces et marqué une reconnaissance officielle du peuple kanak.

Dix ans plus tard, l'accord de Nouméa a fait de l'archipel une collectivité d'outre-mer à statut particulier et a encadré les consultations à venir.

Une victoire du oui à l'indépendance aurait enclenché le transfert à la Nouvelle-Calédonie des compétences régaliennes, l'accès à un statut international de pleine responsabilité et l'organisation de la citoyenneté en nationalité.

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