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Les médecins de famille dénoncent le manque de soutien du gouvernement

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Une médecin examine une patiente avec un stéthoscope.

Les médecins de famille de la Colombie-Britannique dénoncent le manque de soutien du gouvernement.

Photo : iStock

Les médecins de famille de la Colombie-Britannique dénoncent le manque de soutien du gouvernement ces derniers mois, alors que leur pratique a été bouleversée par la pandémie.

Les cliniques de médecine familiale n'ont pas reçu les mêmes ressources que les établissements gérés par les autorités sanitaires pendant la pandémie, peut-on lire dans un récent rapport de l'Association des médecins de famille de la Colombie-Britannique -- BC Family Doctors -- qui représente les omnipraticiens de la province.

Le rapport allègue que ces cliniques ont manqué d’équipement de protection personnelle, de soutien technologique, et de soutien pour les employés notamment.

Il dénonce aussi le manque de soins de santé mentale financés par l’État, le fardeau administratif imposé aux médecins de famille, et l’épuisement professionnel auquel ils font face.

Les défis de la télémédecine

Les choses ont changé du jour au lendemain, souligne la Dre Maryam Zeineddin, qui pratique la médecine familiale à West Vancouver et qui est membre du conseil d’administration de l'Association.

Pour que nous ayons accès à nos patients et pour les soigner, nous avons dû transférer tous nos soins en cabinet vers des soins virtuels, explique-t-elle. Ce n’est pas une mauvaise chose en soi, le rapport souligne même que l'accessibilité de la télémédecine doit persister. Mais ça doit se faire avec un soutien adéquat, selon la Dre Zeineddin.

Nous avons dû apprendre de nouvelles plateformes. Nous avons dû acheter de nouvelles plateformes. Et nous avons dû reformer notre personnel, reformer les médecins, énumère-t-elle. Nous avons également dû aider nos patients à apprendre comment utiliser ces plateformes pour pouvoir nous joindre.

Les premiers mois ont été difficiles, admet l’omnipraticienne. C'est sans doute un euphémisme, mais ça fait sept mois et je peux constater un épuisement chez les médecins de famille de toute la province. Ils ne reçoivent toujours pas le soutien dont ils ont besoin de la part du gouvernement.

La santé mentale des patients et des médecins affectée

Le nombre de patients éprouvant des difficultés à dormir, une aggravation des problèmes de santé chroniques, une consommation accrue de substances et d'autres problèmes en raison de l'isolement augmentait chaque jour, souligne par ailleurs le rapport.

Les patients se sont tournés vers nous pour obtenir de l'aide pour des problèmes de santé mentale qui émergeaient ou s'aggravaient

Extrait du rapport Reimagining Family Medicine: Learning from the COVID-19 Experience

Une augmentation difficile à conjuguer avec les consultations virtuelles, selon la Dre Zeineddin. Les patients aux prises avec des problèmes de santé mentale veulent voir leurs médecins en personne, observe-t-elle, mais elle ne peut faire entrer dans son bureau que les patients qui ont besoin de services jugés essentiels.

Parfois, je dois rencontrer mes patients en santé mentale devant la porte, ou à l'extérieur pour aller faire une promenade, explique-t-elle. Il n'y a pas de soutien pour cela. Je le fais de mon plein gré, et gratuitement. Et je prends sur le temps et le bien-être de ma famille pour m'occuper de mes patients.

La Dre Zeineddin affirme que le rapport a été rédigé bien avant les élections, mais elle espère maintenant qu’il pourra attirer l’attention des électeurs sur les soins de première ligne.

Les médecins sont aussi des êtres humains, ils ont besoin de soutien pour pouvoir être la meilleure version d'eux-mêmes pour leurs patients, plaide-t-elle.

Avec des informations de Nantou Soumahoro

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