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Génocide rwandais : 3 personnes arrêtées en Belgique

Des crânes et des os sont disposés dans un cercueil.

Les restes de victimes du génocide rwandais sont mis dans un cercueil avant un enterrement collectif, en mai 2019, à Gasabo, banlieue de la capitale, Kigali. Les restes avaient été trouvés plus tôt dans l'année dans 143 fosses situées sous des maisons.

Photo : afp via getty images / Yasuyoshi Chiba

Agence France-Presse

Trois personnes suspectées d'avoir pris part au génocide rwandais en 1994 ont été arrêtées et inculpées cette semaine en Belgique, ont indiqué le parquet fédéral belge et le parquet rwandais.

Les trois suspects visés par des mandats d'arrêt internationaux sont Pierre Basabose, Seraphin Twahirwa et Christophe Ndangali.

Deux ont été arrêtés mardi à Bruxelles et l'un mercredi dans la province du Hainaut, dans deux dossiers différents, et tous trois inculpés d'infractions graves au droit humanitaire.

Eric Van Duyse, porte-parole du parquet fédéral belge

Ce dernier confirmait ainsi une information de l'hebdomadaire Le Vif/L'Express.

L'une des trois personnes a été placée sous surveillance électronique, les deux autres incarcérés. Ces suspects avaient été confondus par une quarantaine de témoins rencontrés au Rwanda dans le cadre de l'enquête belge lors de quatre commissions rogatoires dans le pays, a indiqué M. Van Duyse.

Les massacres perpétrés sous le régime extrémiste hutu, au pouvoir au Rwanda, ont fait environ 800 000 morts entre avril et juillet 1994, essentiellement parmi la minorité tutsi, mais aussi chez les Hutus modérés, selon l'ONU.

Pierre Basabose, riche homme d'affaires proche du pouvoir rwandais, est soupçonné d'avoir financé la propagande génocidaire, selon les dossiers de la Commission nationale de lutte contre le génocide (CNLG).

De même source, Seraphin Twahirwa a dirigé une milice Interahamwe responsable de massacres de Tutsis dans une région du centre du Rwanda, tandis que Christophe Ndangali, enseignant et intellectuel, a joué un rôle clef dans l'exclusion des Tutsis du système scolaire et dans l'appareil de propagande appelant à l'extermination des Tutsis.

Le renvoi éventuel de ces suspects devant une cour d'assises belge sera déterminé en dernier lieu sur la base du dossier présenté par le juge d'instruction et le parquet, selon M. Van Duyse.

Nous avons réclamé leur extradition au Rwanda, mais nous comprenons que la Belgique a l'obligation de les juger. Nous désirons donc que justice soit faite.

Faustin Nkusi, porte-parole du parquet au Rwanda

En Belgique, ancienne puissance coloniale, cinq procès liés au génocide rwandais ont déjà eu lieu depuis 2001, ayant conduit à neuf condamnations.

Déjà des condamnations en Belgique

En 2001, quatre Rwandais originaires de la région de Butare, dont deux religieuses bénédictines accusées d'avoir livré aux miliciens hutus plusieurs milliers de personnes réfugiées dans leur couvent, avaient été condamnés à des peines de 12 à 20 ans de prison. Leur procès a constitué une première mondiale pour une justice civile nationale hors du Rwanda.

Deux notables rwandais ont été condamnés en 2005 par la justice belge, puis un ex-major en 2007. En 2009, un Rwandais surnommé le banquier du génocide a été condamné à 30 ans de réclusion.

En décembre 2019 à Bruxelles, Fabien Neretsé, ancien haut fonctionnaire rwandais, a été reconnu coupable du crime de génocide pour la première fois en Belgique. Sa peine de 25 ans de prison est devenue définitive en mai avec le rejet de son pourvoi en cassation.

Les procès de deux autres suspects dont les cas ont été disjoints de celui de M. Neretsé sont en préparation.

Le Rwanda a émis 110 mandats d'arrêt contre des participants présumés au génocide, une quarantaine pour des fugitifs en France et ces nouvelles arrestations en Belgique sont un message fort pour les fugitifs, ils ne sont pas oubliés et la justice les trouvera, assure Jean Damascène Bizimana, secrétaire exécutif du CNLG.

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