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Brexit : Boris Johnson veut un accord comme celui conclu par l’UE avec le Canada

Le premier ministre britannique Boris Johnson s'exprime à la Chambre des Communes à Londres.

Le premier ministre britannique Boris Johnson .

Photo : Associated Press / Jessica Taylor

Agence France-Presse

Le premier ministre britannique Boris Johnson s'est dit « assez optimiste » au sujet d'un accord post-Brexit dans un entretien accordé au Telegraph, alors qu'il doit échanger en visioconférence avec la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen samedi, en vue du sommet européen du 15 octobre.

Le Royaume-Uni a toujours été clair sur ce que nous voulons; nous voulons un accord comme celui passé [par l'UE] avec le Canada, a expliqué M. Johnson, avant d'ajouter : Nous avons été membres [de l'Union européenne] pendant 45 ans, et je ne vois pas pourquoi ils ne peuvent pas avoir le même accord avec nous, donc je suis plutôt optimiste.

Le sommet européen prévu le 15 octobre constitue la date butoir pour trouver un accord, afin de pouvoir mettre ce dernier en application d'ici la fin de l'année.

Les prochaines avancées pourraient se produire samedi après-midi, lors d'un échange en visioconférence prévu entre Boris Johnson et Ursula von der Leyen.

L'échange aura lieu après une nouvelle semaine de discussions commerciales menées par le négociateur européen Michel Barnier et son homologue britannique David Frost.

Nous devrions intensifier les négociations. Cela vaut la peine d'y travailler dur.

Ursula von der Leyen, présidente de la Commission européenne

Nous manquons de temps, a-t-elle insisté à l'issue d'un sommet européen où elle a fait un point sur la situation avec les dirigeants européens, sans détailler ses attentes auprès du premier ministre britannique.

Ce dernier a estimé, dans les colonnes du Daily Telegraph, que les chances de parvenir à un accord étaient très bonnes si tout le monde fait preuve de bon sens.

Alors que le temps presse, plusieurs sujets sensibles empêchent toujours la signature d'un accord entre les deux parties, comme la gouvernance du futur accord ou l'éternelle question des garanties exigées par l'UE, ainsi que la question de la pêche, sujet explosif.

Ursula Von Der Leyen.

La présidente de la Commission européenne, Ursula Von Der Leyen.

Photo : Getty Images / STEPHANIE LECOCQ

Côté britannique, les négociateurs espèrent parvenir rapidement au fameux tunnel de négociations, ce moment où un accord semble suffisamment proche pour se lancer dans des pourparlers à huis clos en continu.

Il faut se calmer un peu avec le tunnel, a cependant tempéré une source européenne. Il n'y a aucun signe que nous en sommes là!

Crise de confiance

Boris Johnson éprouve aussi des problèmes au niveau national. Le premier ministre fait face à une crise de confiance au sein même de son propre camp pour sa gestion de la pandémie. Celle-ci a fait plus de 42 200 morts au Royaume-Uni – un bilan sans équivalent en Europe – et elle repart ces dernières semaines.

Dans son parti, la tendance est à la défiance, voire à la rébellion. Selon une enquête réalisée par le site ConservativeHome, les membres du parti soutiennent de moins en moins les mesures de confinement contraint qu'il impose localement.

Cette baisse de confiance fait écho à celle observée dans les sondages auprès du grand public et reflète la baisse de popularité du premier ministre lui-même, a estimé Paul Goodman, rédacteur en chef de ConservativeHome.

Certains députés conservateurs lui ont aussi reproché de ne pas assez consulter le Parlement concernant les mesures sanitaires, ainsi que son approche restrictive, qualifiée par le député de Philip Davies de socialiste.

Dominic Raab devant une clôture.

Le ministre britannique des Affaires étrangères, Dominic Raab.

Photo : Reuters / HANNAH MCKAY

Le ministre des Affaires étrangères, Dominic Raab, a donc appelé samedi les conservateurs à l'unité, lors du congrès annuel des conservateurs, qui se déroule cette année uniquement en ligne en raison de la pandémie.

L'une des leçons que les conservateurs tirent du coronavirus est que nous sommes plus grands quand nous travaillons ensemble que pris chacun individuellement, a-t-il déclaré lors du congrès annuel des conservateurs.

Dans un court discours, il a vanté les mérites de Boris Johnson sur le Brexit, l'environnement ou les droits humains. C'est le premier ministre qui a eu le courage moral d'imposer des sanctions aux Russes, c'est le premier ministre qui va réunir le monde entier l'année prochaine à Glasgow pour la COP26, a-t-il énuméré.

Les explications de Boris Johnson

Pour sa part, Bojo, qui ne s'exprimera qu'au dernier jour du Congrès, a tenté vendredi soir dans le quotidien Telegraph de se justifier. Je pense qu'il y a un impératif moral à sauver des vies où vous le pouvez, a-t-il déclaré, enjoignant les gens à être un peu patients.

L'atmosphère était bien différente en fin d'année dernière, lorsque Boris Johnson avait été élu à la tête des conservateurs avant de remporter triomphalement en décembre les législatives sur la promesse de réaliser le Brexit , après plus de trois ans de débats sur la sortie de l'Union européenne (UE).

Désormais, une frange des Tories lui reproche même son attitude à l'égard de l'UE. Ils craignent notamment que le projet de loi du gouvernement, qui revient en partie sur l'accord du Brexit conclu il y a un an, n'entame la crédibilité diplomatique du Royaume-Uni, car ce revirement viole du propre aveu de Londres le droit international.

La presse conservatrice s'est trouvé un nouveau chouchou en la personne du jeune et télégénique ministre des Finances Rishi Sunak, qu'elle verrait bien en successeur à Downing Street.

Boris Johnson a affirmé dans le Telegraph ne faire qu'un avec M. Sunak et ne pas voir en lui un rival, vantant l'esprit d'équipe entre le numéro 10 et le numéro 11, en référence à leurs résidences voisines sur Downing Street.

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