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Près de 130 tonnes de déchets retirés du littoral de la C.-B.

Des membres de l'équipage de Bluewater Adventures posent devant les sacs contenant les débris ramassés.

Les déchets ont été emballés dans de grands sacs pour être cueillis par hélicoptère.

Photo : Offerte par Eddy Savage

Des entreprises d’écotourisme, en collaboration avec des Premières Nations côtières, ont retiré près de 130 tonnes de déchets du littoral britanno-colombien dans les dernières semaines. L’initiative a été rendue possible grâce à un financement de 3,5 millions de dollars du gouvernement provincial et les acteurs impliqués souhaitent qu’elle se poursuive d'année en année.

Le capitaine Burke est propriétaire de Bluewater Adventures, l’une des cinq entreprises d’écotourisme à l’origine de ce grand nettoyage.

Lorsqu’on fait nos visites régulières, on va dans ces endroits reculés et on voit ce plastique qui s'échoue continuellement et c’était clair que c'était un travail qu’on pouvait faire, explique le capitaine Randy Burke.

Je dirais que c'est le plus grand nettoyage qui ait eu lieu en Colombie-Britannique. Je n'ai jamais rien vu de tel, affirme pour sa part Douglas Neasloss, directeur de la Kitasoo / Xai’xais Stewardship Authority.

C'était gagnant-gagnant pour tout le monde : les entreprises, notre communauté, la faune, et l'océan.

Une citation de :Douglas Neasloss, directeur de la Kitasoo / Xai’xais Stewardship Authority

En tout, ce sont neuf navires qui ont participé à deux expéditions de 21 jours chacune. Une centaine de membres d’équipage ont été employés pour procéder au nettoyage des berges de la forêt pluviale Great Bear, au nord de l’île de Vancouver. Les équipes se sont rendues aussi loin qu’à l’entrée du chenal Douglas.

Ils ont ramassé les déchets à la main et les ont mis dans de gigantesques sacs qui étaient ensuite cueillis par hélicoptère et déposés sur une barge. La barge ayant suivi les équipes lors de la deuxième expédition est arrivée à Port Hardy, sur la pointe nord de l'île de Vancouver, mardi.

Un hélicoptère survole une barge et un bateau.

Les sacs de déchets étaient transportés par hélicoptère et déposés sur une barge.

Photo : Offerte par Eddy Savage

Une quantité accablante d’ordures

Nous avons eu beaucoup plus de succès que prévu, ce qui est à la fois bon et mauvais, dit le capitaine Burke. Même son de cloche pour Éric Carpentier qui a participé aux deux expéditions de nettoyage.

On ne s’imaginait pas qu’il y aurait autant de débris marins que ce qu’on a trouvé, soutient-il. Beaucoup de bouteilles d’eau, beaucoup [d’objets] de l’industrie de la pêche : [des bouées] des centaines et des centaines. Beaucoup qui viennent de Corée, de Chine, de la Russie, du Japon.

De la corde en quantité industrielle, poursuit-il. Énormément de styromousse.

Randy Burke et Éric Carpentier admettent tous deux que la vision de ces montagnes de débris était parfois déprimante. Le travail était fait dans des conditions difficiles, sur des terrains accidentés, et la quantité de déchets était accablante.

Nous avons réalisé qu'il serait impossible de récupérer tout le plastique qui s'y trouvait, se désole le capitaine Burke. Nous avons dû choisir d'être efficaces avec le temps que nous avions pour prendre les plus gros morceaux, les morceaux que nous pensions être les plus destructeurs.

Il y a encore beaucoup de plastique restant là-bas.

Une citation de :Capitaine Randy Burke

Malgré tout, c’était incroyable de pouvoir faire ça avec ces gens-là, s’exclame M. Carpentier.

Les membres d’équipage m’ont dit et répété à quel point c’était satisfaisant de s’impliquer dans le nettoyage de la côte, confirme le capitaine Burke. Ils travaillaient incroyablement fort, mais ils se sentaient très bien.

Des gens nettoient la berge de filets de pêche abandonnés.

L'équipement de pêche abandonné était souvent difficile à extirper des troncs d'arbres et des rochers du rivage.

Photo : Offerte par Eddy Savage

Gérer les risques d’infection

C’était également un travail délicat d’un point de vue sanitaire. Un grand nombre de nos communautés côtières étaient extrêmement préoccupées par la COVID-19, explique Douglas Neasloss. Nous avons une histoire avec des virus qui ont anéanti nos communautés dans le passé.

Dès que le coronavirus a frappé, la Première Nation Kitasoo / Xai’xais, située à Klemtu, a fermé les frontières de son territoire.

Si quelqu'un entre dans la communauté et apporte le virus, ça pourrait avoir un impact assez dévastateur, s’inquiète M. Neasloss, soulignant que la communauté ne dispose pas de ventilateur médical. Nous ne voulions donc pas risquer ça.

Nous avons dû prendre des décisions très difficiles, poursuit-il, comme celle de suspendre les activités de la compagnie touristique locale, la Spirit Bear Lodge. Cette entreprise emploie normalement 40 des moins de 300 membres de la Première Nation qui peuplent ce territoire côtier. L’industrie touristique est la deuxième en importance à Klemtu, selon M. Neasloss, après la pisciculture.

C’était une perte de revenus de 100 % pour la communauté, laisse-t-il tomber.

Lorsque Bluewater Adventures et les autres entreprises à l’origine de l’initiative les ont approchés, ils ont accepté, mais à condition que les équipages se tiennent loin de la communauté.

Spirit Bear Lodge a donc pu employer une vingtaine de membres de la Première Nation pour procéder au nettoyage d’un secteur hors limite pour les autres opérateurs. C'était une belle approche, ça a très bien fonctionné, soutient Douglas Neasloss.

Des débris entassés sur une plage.

Les équipes de nettoyage ont été surprises de la quantité de déchets qui se trouvait sur le littoral.

Photo : Offerte par Eric Carpentier

Un travail à poursuivre

La communauté n’a pas épuisé sa part du budget et prévoit poursuivre le nettoyage au printemps, lorsque la météo le permettra de nouveau. Est-ce qu’un tel nettoyage devrait être récurrent? Absolument!, s’exclame M. Neasloss. Si nous pouvons continuer ce genre d'effort, ce serait tout simplement énorme.

On soutiendrait certainement [une telle initiative] tous les ans ou tous les deux ans, dit-il.

Le capitaine Burke abonde dans le même sens. Que ce soit nous ou d’autres personnes qui revenons et continuons ce projet, je pense qu’il est d’une importance vitale, affirme-t-il.

Le ministère de l’Environnement de la province n’a pas offert de commentaire, indiquant qu’en période électorale, les communications sont limitées aux informations sur la santé et la sécurité publique, ainsi qu'aux exigences légales.

Au-delà du nettoyage, les participants espèrent pouvoir sensibiliser les gens à l’importance de réduire leur consommation de plastique. Pour qu’ils pensent deux fois avant d’acheter des bouteilles d’eau en plastique, plaide Éric Carpentier.

Ultimement, je ne voudrais plus voir de ces plastiques à usage unique ni de ces bouteilles d’eau, espère Randy Burke. Un souhait qui devra de toute évidence attendre, puisque le projet du gouvernement fédéral d’interdire le plastique à usage unique a été mis en veilleuse cette année.

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