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Aide de Québec à la culture : le milieu du spectacle soulagé, mais pas celui du cinéma

Des musiciens sur scène dans une salle de spectacle avec public.

Les mesures gouvernementales présentées vendredi vont aider les salles de spectacle.

Photo : Unsplash / Sean Lee

Fanny Bourel

Cinq jours après la douche froide provoquée par l’annonce de la fermeture des lieux culturels situés en zone rouge au Québec, les mesures d’aide dévoilées vendredi par le gouvernement québécois apportent une lueur d’espoir au milieu des arts de la scène.

C’est comme si on m’avait enlevé 500 livres des épaules aujourd’hui, a confié Sophie Prégent, présidente de l’Union des artistes (UDA), au micro de Catherine Richer, chroniqueuse culturelle à l’émission Le 15-18.

Sophie Prégent au micro de Catherine Perrin.

Sophie Prégent

Photo : Radio-Canada / Olivier Lalande

Une revendication de longue date accordée

Depuis des mois, le secteur du spectacle réclamait une aide pour compenser les pertes de revenus de billetterie occasionnées par la fermeture des salles et par la distanciation physique imposée dans les salles.

Il se réjouit donc de voir que Québec s'engage à payer jusqu'à 75 % des billets qui ne pourront pas être vendus à cause de la pandémie de COVID-19 au cours des six prochains mois.

On est très heureux de voir que le gouvernement a entendu notre besoin d’être soutenus dans la diffusion de spectacles, s’est félicité Julie-Anne Richard, directrice générale de RIDEAU, l’association professionnelle des diffuseurs de spectacles.

C'est une des revendications qu'on fait depuis plusieurs mois. Ça va soulager les finances des producteurs, des artistes et des diffuseurs.

Lorraine Pintal, directrice générale et artistique du Théâtre du Nouveau Monde (TNM)

L’Orchestre symphonique de Montréal (OSM) est également rassuré par cette annonce qui vient amoindrir les répercussions de la fermeture des salles de spectacle décrétée lundi.

La perspective de ne plus pouvoir toucher de revenus de billetterie pendant au moins un autre mois représentait un défi financier et organisationnel gigantesque, a-t-il déclaré, par communiqué.

Pour les organisations culturelles, le fait que l’aide gouvernementale s’étende au moins jusqu’à la fin du mois de mars et qu’elle soit versée même si les spectacles ne peuvent pas avoir lieu leur apporte un peu de sérénité dans la planification des prochaines semaines.

Des interrogations subsistent

De son côté, le Conseil québécois du théâtre se dit aussi satisfait de voir une partie de ses revendications entendues, mais sa présidente Anne Trudel attend de connaître les détails de cette aide. Il faut vérifier ses modalités pour voir si elle répond à l'ensemble des différentes réalités du milieu théâtral.

De plus, les mesures présentées vendredi ne seront pas rétroactives. Celles qui avaient été présentées en juin par la ministre de la Culture Nathalie Roy s’inscrivaient dans un plan de relance, et non de compensation. Les pertes subies depuis le début de la pandémie ne seront donc pas épongées.

Je comprends qu’on met une croix dessus, a déploré Luc Fortin, président de la Guilde des musiciens et musiciennes du Québec (GMMQ).

On aurait aimé être davantage soutenus lors de ces six derniers mois, qui ont été très éprouvants, précise Anne Trudel.

Luc Fortin et elle se demandent également si la somme de 50 millions de dollars octroyée par le gouvernement sera suffisante.

J’espère que tout est bien calculé, car ce n’est pas tant que ça, dit Luc Fortin.

L’obligation de reddition de comptes applaudie

Autre motif de satisfaction : la reddition de comptes imposée aux personnes qui produisent et diffusent des spectacles. Elles devront démontrer que l’aide gouvernementale ruissellera jusqu’aux artistes, artisans, organismes de création et techniciens impliqués dans la production ou le spectacle, stipule le communiqué publié par le gouvernement du Québec.

Ça fait des années qu’on milite pour ça. On est soulagés de voir qu’ils ont pensé à nous, les artistes et les travailleurs culturels, pour s’assurer qu’on sera payés.

Luc Fortin, président de la GMMQ

Car on avait bien peur que l’argent soit envoyé à la production en lui faisant confiance que tout le monde serait payé comme prévu, mais cela ne se passe pas nécessairement comme ça, a-t-il ajouté.

L’UDA se réjouit aussi de cette traçabilité exigée par le gouvernement. Pour nous, c’est enfin une réponse à ce qu’on demande depuis le mois de mars. C’est comme si, pour la première fois, la discussion commençait, a souligné Sophie Prégent.

L’attente se prolonge pour le secteur du cinéma

Si le milieu des arts de la scène a reçu une bouffée d’oxygène vendredi, il a été peu question de celui du cinéma. C’est comme s’il n’y avait rien pour nous. Je ne sais pas si on nous a oubliés ou que notre dossier n’est pas arrivé à maturité, a réagi Mario Fortin, le PDG du Cinéma Beaubien, du Cinéma du Parc et du Cinéma du Musée, situés à Montréal.

La ministre Nathalie Roy a expliqué que les salles de cinéma situées en zone rouge étaient admissibles aux mesures d’aide présentées jeudi par le ministre de l’Économie et de l’Innovation du Québec, Pierre Fitzgibbon, et que des discussions étaient en cours avec les deux organisations qui représentent les cinémas : la Corporation des salles de cinéma du Québec (CSCQ) et l'Association des propriétaires de cinémas du Québec (APCQ).

Nos discussions avec le ministère de la Culture et des Communications avancent, mais on ne peut pas attendre six mois que cela se règle.

Éric Bouchard, président de la CSCQ

Si le seul programme proposé est celui annoncé jeudi [par M. Fitzgibbon], alors ce ne sera pas suffisant, note-t-il.

Outre la question de la compensation financière, Louis Dussault, président du distributeur indépendant K-Films, aimerait voir le gouvernement soutenir les cinémas pour que le public n’ait pas peur de revenir en salle.

Annoncez au public que les cinémas ne sont pas des vecteurs de la pandémie, c’est très important, car il ne faut pas que les gens aient le moindre doute quand les cinémas vont rouvrir.

Avec les informations de Nabi-Alexandre Chartier et Catherine Richer

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