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Rouler vert à Ottawa

Une borne de recharge pour voiture électrique (archives).

Où en est la Ville d’Ottawa par rapport au secteur des véhicules personnels et du transport en commun électriques? (archives).

Photo : Istock

Stéphane Leclerc

Le secteur des véhicules électriques et du transport en commun électrique est toujours en croissance. Ces véhicules sont de plus en plus nombreux sur les routes et de nouveaux modèles s’ajoutent constamment au marché. Mais où en est la Ville d’Ottawa au niveau des infrastructures, par exemple, et de l'offre de services pour ces véhicules personnels?

Voilà le type de questions auxquelles des experts de la municipalité et du milieu ont tenté de répondre, lors d’une série de conférences en ligne intitulée Roulons vert Ottawa, qui se terminait vendredi.

Disparition des véhicules à essence d’ici 10 ans?

Les principaux obstacles à l’achat d’un véhicule électrique sont principalement le coût, l’autonomie de la batterie et l’accès aux bornes de recharge. Des obstacles qui sont en train de disparaître, en ce moment.

Le coût d’achat des véhicules est principalement lié aux coûts des batteries. Et ce coût risque de chuter de façon importante au cours des prochaines années, grâce aux développements technologiques et de la production.

Une fois que les prix des véhicules électriques neufs deviendront plus compétitifs, ils devraient rapidement prendre presque toute la place, sinon toute la place, chez les concessionnaires, croit le président du Conseil des véhicules électriques d’Ottawa, Raymond Leury. À cause du faible coût d’entretien, notamment, et de consommation du carburant 0 dans ce cas l’électricité.

Moi je vous dirais que, d’ici 2030, ça va être difficile de trouver un véhicule à essence.

Raymond Leury, président du Conseil des véhicules électriques d’Ottawa
Capture d'écran d'une vidéoconférence avec Raymond Leury. Un homme, dans son salon, parle à la caméra.

Le président du Conseil des véhicules électriques d’Ottawa, Raymond Leury.

Photo : Radio-Canada / Stéphane Leclerc

Pas assez de bornes de recharge encore

Selon le site ChargeHub.com, il y aurait près de 200 bornes de recharge à Ottawa et un peu plus d’une centaine à Gatineau. Ce qui est bien loin des quelque 1200, qu’on retrouve un peu partout à Montréal.

Dans ce cas, la municipalité et le gouvernement du Québec ont décidé d’intervenir activement dans le marché, souligne M. Leury. Ce qui n’est pas le cas d’Ottawa et encore moins du gouvernement ontarien de Doug Ford.

La ville gère 16 bornes de recharge présentement et promet d’en installer 24 autres, sur 12 sites différents, d’ici l’an prochain. Ottawa a donc une approche plus réactive à ce nouveau marché et veut se servir de ces bornes pour mesurer l’évolution de la demande.

Notre plan c’est de vraiment voir s’il y a des besoins. Nous réagirons ensuite pour répondre à ce besoin.

Mike Fletcher, gestionnaire de projets, Programmes environnementaux, à la Ville d’Ottawa
Capture d'écran d'une entrevue par vidéoconférence.

Le gestionnaire de projets aux Programmes environnementaux de la Ville d'Ottawa, Mike Fletcher.

Photo : Radio-Canada / Stéphane Leclerc

M. Fletcher explique que personne n’a vraiment la responsabilité de ce nouveau service de bornes électriques. Les gouvernements peuvent investir, oui, mais l’industrie aussi.

Un nouveau programme fédéral, en association avec les magasins Canadian Tire, par exemple. Il y a aussi l’exemple de Petro-Canada, l’ancienne pétrolière du gouvernement canadien, qui a inauguré un réseau de bornes électriques, situées à moins de 250 km l’une de l’autre, ce qui permettrait à tout véhicule électrique de traverser le pays.

Paradoxe des temps modernes: ce sont donc des station- service qui offrent aussi de l’électricité!

Faciliter l’accès aux bornes de recharge

une pompe dans une borne de recharge de voiture électrique

Les réseaux de bornes électriques se développent.

Photo : Associated Press / Toby Talbot

Le Conseil des véhicules électriques d’Ottawa croit toutefois que le temps presse. Si les véhicules électriques dominent les ventes de véhicules neufs, d’ici la fin de la décennie, il faudra que la Ville en fasse plus pour desservir tous ces véhicules sur nos routes.

Ça veut dire des dizaines de milliers, des centaines de milliers de véhicules électriques, d’ici 5 ans à 10 ans.

Raymond Leury, président du Conseil des véhicules électriques d’Ottawa

Et M. Leury aimerait voir la Ville installer des bornes de recharge dans des endroits stratégiques, soit près des sites les plus touristiques du centre-ville, dans les quartiers plus densément peuplés où la recharge risque d’être plus difficile et aussi dans les quartiers moins favorisés. Car le véhicule électrique finira par se démocratiser davantage, explique le président du Conseil des véhicules électriques du Canada.

C’est exactement ce que la municipalité a l’intention de faire, répond Mike Fletcher, de la Ville d’Ottawa.

La Ville d’Ottawa étudie d’ailleurs la création d’incitatifs financiers ou fiscaux pour encourager les constructeurs de maisons neuves et de tours à condo, à inclure le câblage nécessaire à l’installation éventuelle de bornes de recharge dans leurs plans de construction. Ce projet devrait devenir réalité avant la prochaine élection municipale en 2022, dit M. Fletcher.

Électrification de la flotte municipale

Un autobus muncipal vert.

La Ville d'Ottawa avait présenté un modèle d'autobus électrique, à l'automne 2018 (archives).

Photo : Ville d'Ottawa

La Ville d’Ottawa a aussi des plans pour électrifier sa flotte de véhicules y inclus les automobiles et camionnettes, en passant par les autobus et les camions à ordures.

Mike Fletcher explique toutefois qu’il faut d’abord épuiser la vie utile des véhicules actuels. Les camions à ordure au diesel, par exemple, qui produit énormément de GES, durent au moins 7 ans. Pas le choix d’amortir les coûts de ces investissements avant de les remplacer par des camions électriques, explique-t-il, mais la volonté et la technologie sont là.

Tout cela fait partie de la Stratégie d’évolution énergétique de la Ville d’Ottawa. Un rapport final sera rendu public et sera ensuite soumis au Comité de la protection de l’Environnement le 20 octobre prochain. Il sera aussi présenté au Conseil municipal, le 28 octobre.

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