•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Qu'arrive-t-il si un candidat à la Maison-Blanche ne peut terminer la campagne?

Donald Trump, à un lutrin, pointe droit devant.

Donald Trump, lors d'un rassemblement partisan en Floride, le 8 mai 2019

Photo : afp via getty images / Brendan Smialowski

Radio-Canada

Le président américain, et candidat à sa propre réélection, Donald Trump, a été déclaré positif à la COVID-19 jeudi. À 32 jours du scrutin, la nouvelle a créé une onde de choc dans une campagne présidentielle déjà compliquée par la pandémie. Que se passerait-il si, en cours de campagne, un candidat devenait inapte?

Signe que la question mérite d'être élucidée, l'annonce de la nouvelle dans la nuit de jeudi à vendredi a tout de suite déclenché une vague de recherches Internet afin de comprendre ce qu'il adviendrait de la course à la présidentielle.

Surtout que Donald Trump a côtoyé de près son rival, le candidat démocrate à la Maison-Blanche Joe Biden, lors du premier débat présidentiel, mardi soir.

Donald Trump et Joe Biden font face au modérateur Chris Wallace pendant le débat.

Ironiquement, le président Trump s'était moqué de Joe Biden pendant le débat en évoquant la taille de son masque.

Photo : Getty Images / Pool

Il s'agit d'une question d'importance nationale, confirme Rick Hasen, expert en droit électoral à l'Université de Californie.

En bref, il y aurait énormément d'incertitude si nous faisions face à une tragédie aussi importante que celle de la mort d'un candidat à la présidence en pleine campagne, explique M. Hansen. Comme si 2020 pouvait être une année encore plus compliquée et incroyable.

Mission : trouver un remplaçant

En somme, il faudrait remplacer un candidat décédé avant le scrutin ou incapable de poursuivre ses activités en raison de la maladie. Une tâche qui serait assurément compliquée, voire litigieuse, d'autant plus que l'actuelle campagne est déjà en proie à de nombreuses batailles juridiques, notamment en lien avec le vote postal.

Alors, quelle est la marche à suivre pour remplacer un candidat in extremis?

En fait, le Parti démocrate et le Parti républicain ont chacun leurs propres règles advenant une telle situation, selon les experts en droit électoral.

Dans tous les cas, demander aux États de réimprimer les bulletins de vote serait d'une complexité monumentale, puisque le vote par anticipation est déjà entamé pour plusieurs d'entre eux.

Il existe une deuxième option : pelleter le problème dans la cour du collège électoral, ce groupe de 538 grands électeurs officiellement chargé d'élire le président selon la volonté populaire exprimée lors du scrutin.

Selon la Constitution, ces grands électeurs, qui tiennent des réunions partout à travers le pays au cours du mois de décembre pour nommer officiellement le vainqueur, pourraient être amenés à s'entendre sur un remplaçant.

Les élections présidentielles américaines sont à date fixe. Elles ont lieu tous les quatre ans, le mardi suivant le premier lundi de novembre (donc un mardi entre le 2 et le 8 novembre inclus).

Pas si vite...

Ce second scénario comporte cependant son lot de défis.

Dans certains États, la loi oblige les grands électeurs à élire le candidat ayant remporté le plus de votes, et dont le nom se retrouve absolument sur le bulletin, ce qui pose donc problème s'ils n'ont pu être réimprimés.

Dans une décision rendue plus tôt cette année dans l'affaire Chiafalo c. l'État de Washington, la Cour suprême a évoqué un tel scénario, mais n'a offert que très peu de clarté.

Dans une note de bas de page, la juge Elena Kagan écrit que certains sont d'avis que les grands électeurs devraient être libres de choisir un remplaçant dans l'éventualité où un candidat meure après le jour du scrutin, mais avant son élection officielle.

Elle mentionne au passage qu'il en va ainsi dans certains États. Quant à ceux où la loi est plus stricte, elle dit soupçonner qu'en cas de décès d'un candidat, ces derniers offriraient probablement une certaine flexibilité aux grands électeurs.

La juge Kagan a toutefois précisé qu'il ne s'agissait pas de l'objet principal du jugement, et ainsi qu'elle ne statuait pas officiellement sur cette question.

COVID-19             : ce qu'il faut savoir

D'après un texte d'Alexander Panetta, CBC News

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !