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Choisir la banlieue dans les années 1960

Fillette et garçon qui jouent avec leur chien dans la cour.

Depuis les années soixante, l'attrait de la banlieue gagne en popularité auprès des familles.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

La popularité de la banlieue ne se dément pas. Depuis quelques décennies, on assiste à un exode de plusieurs familles vers la Rive-Nord ou la Rive-Sud de l’île de Montréal. Phénomène d’après-guerre fortement lié au baby-boom, les villes de périphérie ont connu un développement rapide, comme en témoignent nos archives.

La vie de banlieue, c’est le style de vie à l’américaine. Celui où l’on possède une maison unifamiliale avec une cour sécuritaire et gazonnée pour les enfants, une piscine, un patio et, bien entendu, une voiture, ou deux.

La prospérité économique et l’industrialisation qui suit la Seconde Guerre attirent un grand nombre de travailleurs vers les centres urbains comme Montréal.

Au cours des années 1950 et 1960, le boom démographique jumelé au pouvoir d’achat accru des ménages entraîne les familles à rechercher plus d’espace et de confort. On voit émerger la banlieue, principalement composée de bungalows.

Un chez-soi bon marché en aluminium de chez nous

Le conseil économique du Canada estime que d’ici 1970, il faudra construire 585 000 nouvelles maisons. Il faut donc créer dans la banlieue des grandes villes de véritables villages de maisons préfabriquées.

Pierre Tisseyre, 1968

Dans les années 1960, l’usine Alcan située à Woodstock en Ontario se spécialise dans la production de maisons préfabriquées.

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Canada Magazine, 1968 (reportage non diffusé)

Dans ce reportage de Canada Magazine, tourné en 1968, mais jamais diffusé, nous assistons à la fabrication des Maisons universelles Alcan.

La maison préfabriquée est peu coûteuse, fonctionnelle et les délais de livraison sont très courts. Une maison sort de l’usine toutes les 96 minutes.

Pour 7500 $, la maison de trois chambres à coucher et deux salles de bain inclut : l’ameublement de base, les luminaires, un réfrigérateur, une cuisinière, un lave-vaisselle, une machine à laver et une sécheuse électrique. Le promoteur a même pensé aux tableaux sur les murs. Les maisons peuvent se faire selon quatre styles différents : italien, français, anglais et moderne.

Les maisons partent aussi rapidement qu’elles sont construites.

Le bungalow est transporté en deux moitiés. En une dizaine d’heures à peine, les propriétaires sont prêts à intégrer les lieux.

Ville essentiellement dortoir au départ, la banlieue ne tardera pas à diversifier ses services. Au fur et à mesure qu’elle prend de l'ampleur, les élus y développeront des infrastructures : des aqueducs, des routes, des hôpitaux et des écoles. D’autres services viendront s’y greffer comme des centres commerciaux, des parcs industriels et des commerces de toutes sortes.

Les débuts de Chomedey Laval

Le 20 avril 1964 à l’émission Jeunesse oblige, l’animateur Guy Boucher nous fait découvrir Chomedey Laval. La ville célèbre alors son troisième anniversaire.

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Jeunesse oblige, 20 avril 1964

Chomedey fait partie de l’île Jésus, jadis considérée comme le jardin maraîcher de l’île de Montréal.

Nous visitons un magasin très couru par les banlieusards au printemps, Le palais du jardin du semencier WH Perron.

La culture des fleurs constitue un véritable loisir collectif pour la population de Chomedey. Collectif en ce sens qu’on cherche à faire mieux que le voisin. C’est en quelque sorte un sport de compétition individuel. Une volonté collective d’embellissement.

Jacques Fauteux, 1964

En 1964, Chomedey connaît un développement extraordinaire. On estime à l’époque qu’il s’y construit un millier de nouveaux logements par année.

Chomedey se targue d’être la municipalité qui affiche les plus grands progrès à tous égards dans la région métropolitaine. La ville n’entend pas demeurer une ville dortoir et on y a prévu un parc industriel de 10 millions de pieds carrés.

Les loisirs pour les enfants s’y font également de plus en plus nombreux, comme le mentionne le directeur des parcs et des terrains de jeux, monsieur Jean-Paul Banville, en présentant la maquette de ce qui deviendra plus tard le parc Berthiaume-du-Tremblay.

Choisir Beloeil

La recherche d’espace, de tranquillité et le prix plus abordable des maisons, c’est ce qui fait faire le saut vers la banlieue à plusieurs familles.

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Défis nouveaux, 12 mai 1966

À l’émission Défis nouveaux, du 12 mai 1966, Raymond Labrecque part à la rencontre de nouveaux citoyens de Beloeil sur la Rive-Sud de Montréal. Il souhaite comprendre ce qui incite les gens à quitter Montréal.

Quand je suis allé à Montréal, ça ne me plaisait pas beaucoup : l’atmosphère, l’odeur de la fumée, la saleté de la ville.

Citoyen de Beloeil, 1966

On n’avait pas de facilité pour la cour, pour les jeux. On se trouvait dans un troisième, pis ils avaient juste la galerie pour ainsi dire jouer. Descendre dans la cour du propriétaire, ce n’est pas toujours commode, c’était ça surtout.

Citoyenne de Beloeil, 1966

L’industrialisation bric-à-brac des boulevards de banlieue

Le 2 mars 1973 à l’émission Le 60, le journaliste Gil Courtemanche critique sur un ton ironique le manque de vision urbanistique en banlieue à travers l’exemple du boulevard Curé-Labelle.

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Le 60, 2 mars 1973

Qui dit développement rapide, dit parfois développement chaotique. Pour le journaliste, les intérêts des promoteurs privés priment en matière d’urbanisme et on a qu’à circuler sur le boulevard Curé Labelle pour le constater.

Le bon vieux libéralisme se porte très bien, merci. Il vit triomphant à Laval, sur le boulevard Curé-Labelle. Deux milles de clinquant, de broche à foin, de contre-plaqués, de marchands généraux, de Submarines graisseux, de Papa burgers, de Kentucky Fried chicken.

Gil Courtemanche, 1973

Synonyme de paix et de quiétude pour les uns, de manque de sens esthétique et d’insipidité pour les autres, la banlieue continue son étalement, souvent au détriment de l’environnement, car la voiture y est reine encore aujourd'hui.

Selon David Gordon, professeur de l’Université Queen’s en Ontario et auteur de l'étude Still Suburban : Growth in Canadian Suburbs 2006-2016, plus des deux tiers des Canadiens vivent aujourd’hui dans des banlieues encore mal desservies par les transports en commun.

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