•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Insectivores : le défi de faire manger des insectes aux Québécois

Emballage de vers de farine déshydratés entiers de l'entreprise Insectivores

L'entreprise Insectivores est spécialisés dans l'élevage de ténébrions meuniers. Ils ont commercialisé une farine d'insectes et des collations de vers de farine déshydratés entiers.

Photo : Insectivores

Amélie Desmarais

Les insectes sont souvent perçus comme rebutants en occident, pourtant deux milliards d'humains sur la planète en mangent. Au Québec, un peu plus d'une trentaine de petites entreprises font l'élevage de grillons et de ténébrions pour la consommation humaine. Ils n'étaient qu'une poignée il y a trois ans lorsque l'entreprise Insectivores a été fondée en Mauricie. Si la tendance est bien réelle, le marché demeure difficile à conquérir.

La réaction qu'on a bien souvent c'est celle-là: ouache les insectes! lance Samuel Richard devant une classe de sciences de l'école secondaire Chavigny à Trois-Rivières. Les conférences dans les écoles, mais aussi dans les résidences pour personnes âgées font partie intégrante de son travail depuis la création de son entreprise Insectivores il y a 3 ans.

Son partenaire Jonathan Joly et lui ont eu le déclic alors qu'ils étudiaient la biologie à l'Université du Québec à Trois-Rivières à la suite d'une rencontre avec le célèbre entomologiste Georges Brossard aujourd'hui décédé.

Jérémie Marcotte-Leblanc, Samuel Richard, Georges Brossard et Jonathan Joly lors de la visites des fondateurs d'Insectivores au domicile du défunt entomologiste.

Jérémie Marcotte-Leblanc, Samuel Richard, Georges Brossard et Jonathan Joly lors de la visites des fondateurs d'Insectivores au domicile du défunt entomologiste.

Photo : Insectivores

Nous on est vraiment des tripeux d'insectes, pis on a un ami qui a travaillé avec Georges Brossard pour l'insectarium. C'était comme un rêve d'enfant de rencontrer Georges en vrai. Ça a valu de l'or pour nous avec le projet Insectivores.

Ils se sont d'abord installés à Louiseville où pendant un an, ils ont travaillé à déterminer les conditions optimales d'élevage des vers de farines.

Il existe très peu d'informations sur le sujet, les gens souvent quand ils ont des trucs, ils les gardent pour eux. Ça fait que c'est énormément de travail au départ, explique l'entrepreneur aujourd'hui âgé de 25 qui doit encore aujourd'hui travailler à plein temps à l'extérieur de l'entreprise pour joindre les deux bouts.

Maintenant établi au célèbre Domaine de la Forêt perdue à Notre-Dame-du-Mont-Carmel, Insectivores dispose de tout l'espace et le soutien nécessaire pour prendre de l'expansion.

Peu importe quelle entreprise, c'est sûr qu'on va être déficitaire au départ, mais en ce moment ça commence à bien se passer pour nous, se réjouit Samuel Richard qui se consacre maintenant à la recherche de partenaires pour développer des produits transformés à base d'insectes comestibles.

Les insectes comestibles et l'occident

Larves de ténébrions déshydratées

Larves de ténébrions déshydratées

Photo : Insectivores

Il y a un grand intérêt surtout depuis la publication d'un rapport de la FAO en 2013 explique la candidate au doctorat à l'Université Concordia, Laura Shine, dont les recherches portent sur l'entomophagie.

Économiques, écologiques, riches en protéines et minéraux, l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) fait depuis ce temps la promotion des insectes comme une solution pour améliorer la sécurité alimentaire alors que la population de la planète ne cesse d'augmenter et que les ressources s'amenuisent.

Il y a beaucoup de gens qui se sont mis à regarder les insectes d'un nouvel œil, explique la chercheuse. Il y a beaucoup d'entreprises d'abord en Europe qui se sont lancées dans l'élevage et dans la transformation d'insectes et on a vu ça aussi aux États-Unis et finalement ici au Canada.

Les insectes suscitent l'intérêt en haute gastronomie, par exemple le restaurant Noma à Copenhague au Danemark, l'un des meilleurs au monde, en intègre dans ses menus depuis déjà quelques années. Toutefois, il demeure difficile de convaincre les Occidentaux de l'intégrer à leurs habitudes alimentaires, selon elle.

On observe certainement un plus grand intérêt pour goûter, mais pas nécessairement pour en avoir encore dans ses armoires comme un produit qui est particulièrement commun.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !