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La désensibilisation aux allergies alimentaires plus accessible en région

Plus d’une centaine d’enfants ont suivi un traitement de désensibilisation aux allergies alimentaires depuis trois ans à Saguenay. Leur expérience sert maintenant à mieux comprendre l'origine des allergies.

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Une médecin montre les dosettes à prendre à la mère d'un enfant dans la clinique de désensibilisation.

Jusqu'à maintenant, 167 enfants ont fréquenté la clinique de désensibilisation de Saguenay.

Photo : Radio-Canada / Catherine Paradis

Sur la chaise médicale, Malcom Perron montre qu'il a trois ans avec ses doigts en affichant un grand sourire. S'il est si heureux de venir voir le médecin, ce n'est pas pour rien.

Il est tellement content de dire qu’il ne sera plus allergique aux arachides! , ricane sa mère Sarah Simard.

Depuis le mois d’août, Malcom vient à la clinique de désensibilisation aux allergies alimentaires installée dans l’hôpital de Chicoutimi et dans les locaux de l’Université du Québec à Chicoutimi (UQAC).

Le garçon montre la seringue avec laquelle il ingère du sirop d'arachides sur une chaise de la clinique de désensibilisation.

Malcom Perron suit un traitement de désensibilisation pour son allergie aux arachides.

Photo : Radio-Canada / Catherine Paradis

Il est en plein dans la tranche d’âge, de 18 mois à quatre ans, où le taux de guérison est le plus élevé, soit jusqu'à 80 % selon les pédiatres Charles Morin et Guy Parizeault qui supervisent les traitements.

L’incidence de guérison est plus grande chez les plus jeunes parce qu'ils ont un bagage immunitaire qui est plus immature.

Guy Parizeault, pédiatre

La désensibilisation aux allergies alimentaires vise à habituer graduellement le corps aux aliments allergènes, dans un environnement contrôlé.

Nous, on va introduire tout doucement jusqu'à quatre arachides et là, tu vas prendre ça tous les jours pour te maintenir. Ensuite [même sans guérison] tu n'as plus à surveiller et à te demander : est-ce qu'il y a des traces? Est-ce que j'ai mangé accidentellement des arachides? Ça te donne une liberté, une qualité de vie de plus , renchérit le docteur Morin.

Les médecins regardent des dossiers médicaux dans une salle de consultation de la Clinique de pédiatrie du Saguenay.

Les pédiatres Guy Parizeault (à gauche) et Charles Morin

Photo : Radio-Canada / Catherine Paradis

De Montréal à la région

La désensibilisation aux allergies alimentaires a été principalement développée par l’allergologue à l’Hôpital Sainte-Justine de Montréal, Philippe Bégin. Fier de ses racines saguenéennes, il jouit aujourd’hui d’une reconnaissance indéfectible dans le monde médical régional.

Une technicienne pèse des noix.

Les rations d'allergènes sont minutieusement calculées à la clinique de désensibilisation.

Photo : Radio-Canada / Catherine Paradis

La clinique régionale a rendu la désensibilisation accessible à 167 enfants du Saguenay-Lac-Saint-Jean, depuis l’ouverture en 2017. La demande est grandissante avec une liste d’attente qui compte 190 jeunes actuellement.

C'est excitant de participer à quelque chose d'aussi novateur qui n'est pas offert à beaucoup d'endroits en Amérique du Nord grâce à quelqu'un qui a osé mettre ça en place à Montréal et faire confiance aux gens de Chicoutimi , explique le docteur Parizeault.

La seule autre clinique du genre en région a été ouverte à Sherbrooke, il y a quelques mois.

Alimenter la recherche

Si la clinique a pu déployer ses ailes au Saguenay-Lac-Saint-Jean, c’est aussi grâce à la participation de l’Université du Québec à Chicoutimi.

Des chercheuses travaillent sur les échantillons dans un laboratoire.

L'Université du Québec à Chicoutimi se sert des échantillons des enfants de la clinique de désensibilisation pour faire des analyses biologiques.

Photo : Radio-Canada / Catherine Paradis

La titulaire de la Chaire de recherche en environnement et génétique des troubles respiratoires et des allergies à l’UQAC, Catherine Laprise, a décroché une subvention d’un million de dollars de la Fondation canadienne d’innovation. Cet argent a permis d’acheter de l’équipement crucial pour le développement de la clinique.

Les pédiatres voient les enfants, et nous on recueille des échantillons à l’aide d’écouvillons à des moments précis du processus pour extraire l’A.D.N. et regarder les marques génétiques. On regarde aussi au plan épigénétique, donc qu’est-ce que l’environnement fait sur notre ADN sans changer le code génétique, et finalement on cherche à savoir s’il y a un microbiote cutané particulier chez les enfants allergiques et si ce microbiote change avec la désensibilisation , précise la chercheuse, membre du Consortium international sur les allergies alimentaires.

Son équipe espère ainsi mieux comprendre le développement des allergies pour mieux les enrayer et trouver des moyens d’accélérer le processus de désensibilisation qui nécessite actuellement des visites en clinique aux deux semaines durant environ cinq mois.

Le plaisir est dans la crème glacée

Qu’à cela ne tienne, à 14 ans, Koralie Lavoie continue de prendre religieusement sa ration quotidienne de lait, d’œuf, d’arachides et de noix.

Koralie mange de la crème glacée avec un grand sourire.

Koralie Lavoie peut enfin manger de la crème glacée grâce à la désensibilisation à ses allergies alimentaires, dont aux produits laitiers.

Photo : Radio-Canada / Catherine Paradis

La vie de toute sa famille a radicalement changé depuis sa première visite à la clinique de désensibilisation, il y a trois ans.

Je peux manger des affaires que je ne mangeais pas avant, aller chez mes amis et manger qu'est-ce qu'ils mangent, je ne suis plus obligée de préparer mes affaires , raconte-t-elle.

Sa mère, elle, n’a plus à étiqueter tous les produits qu’elle achète en revenant de l’épicerie.

Je suis comme moins stressée avec la contamination croisée, c'est gros. C'est facile de contrôler ce qu'elle mange, mais les autres, c'est plus tannant. Maintenant, elle peut aller un peu partout et elle est correcte , mentionne-t-elle, visiblement rassurée.

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