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La COVID-19 fait gonfler l’attente pour plusieurs opérations au Québec

De nombreux patients se tournent vers le secteur privé et paient le gros prix afin de retrouver une vie normale et diminuer la douleur.

Une dame sur un fauteuil roulant

Une dame sur un fauteuil roulant

Photo : Radio-Canada

Parce que leur vie n'est pas menacée, les personnes qui attendent un genou ou une hanche doivent être plus patients que jamais. Le nombre de ceux qui attendent plus de six mois pour ces interventions a explosé depuis un an et demi à Montréal. Un problème qui touche également les opérations de la cataracte.

Ses problèmes de hanche étaient devenus un réel handicap pour Michel Lacasse. J'étais rendu à utiliser une marchette. Et la prochaine étape, c'était la chaise roulante, précise l'homme de 57 ans.

En janvier dernier, il rencontre un orthopédiste dans le réseau public. Mais la pandémie frappe et M. Lacasse comprend qu'il devra attendre longtemps. J'ai pas eu d'appel. En écoutant les nouvelles, je savais que c'était retardé. Il décide de se tourner vers la clinique orthopédique Duval, où on remplace ses deux hanches au mois d'août. Un service rapide, mais coûteux : plus de 30 000 $ pour deux prothèses.

Y a des gens qui vont payer 50, 60, 70 000 pour un véhicule, moi j’ai investi la moitié de ça pour ma santé.

Michel Lacasse

La clinique orthopédique Duval constate une hausse du nombre de clients québécois depuis la pandémie. Les gens des autres provinces ne viennent plus du tout. Mais on a 50 % plus de Québécois, relate Nicolas Duval, orthopédistes et fondateur de la clinique.

Selon lui, ces nouveaux patients sont exaspérés d'être laissés dans l'ignorance par les départements d'orthopédie, qui dans bien des cas ne rappellent pas.

Pour les gens qui souffrent, le pire, c’est de ne pas avoir d’échéance.

Dr Nicolas Duval
Dr Nicolas Duval

Dr Nicolas Duval

Photo : Radio-Canada

C'est exactement le problème vécu par Régine Pierre. La septuagénaire attend une intervention pour soigner un problème de dos qui découle d'un cancer.

L'opération qui devait être faite en décembre a dû être reportée parce qu'elle devait subir une autre chimiothérapie. Fixée au milieu du mois de mars, l'intervention est remise lorsque Québec décide de cesser les opérations non urgentes pour préparer les hôpitaux à la pandémie. Depuis, je n'ai aucune nouvelle de ce qui advient de mon opération, explique Mme Pierre.

Les Québécois qui se retrouvent dans sa situation sont de plus en plus nombreux. D'avril 2019 à septembre 2020, le nombre de patients qui attendent depuis plus de six mois pour un remplacement de la hanche a explosé de 798 %.

Pour le genou, la hausse a été de 561 %. Et dans le cas des opérations de la cataracte aussi, on est passé de quelques centaines de patients qui attendent depuis plus de 6 mois à plus de 3000. Dans le cas de Régine Pierre, le délai a une incidence réelle sur son autonomie.

Je n’ai plus de vie, je ne peux plus marcher plus de 10, 15 minutes. Je ne peux pas me faire à souper.

Régine Pierre
Régine Pierre

Régine Pierre

Photo : Radio-Canada

Une expérience vécue par un nombre croissant de patients qui attendent pour un genou ou une hanche. Ma liste d'attente est passée de 120 à 200 patients depuis le début de la pandémie, indique Hai Nguyen, orthopédiste à l'Hôpital Charles-Lemoyne.

Même s'il souhaite opérer plus, les salles ne sont simplement pas disponibles. On fonctionne à 6 salles au lieu de 10, parce qu'on manque d'infirmières, déplore-t-il. La détresse des patients augmente de semaine en semaine.

De plus en plus de patients me demandent s’ils peuvent payer pour me voir en privé, ou même pour passer plus rapidement.

Hai Nguyen, orthopédiste
Dr Hai Nguyen

Dr Hai Nguyen

Photo : Radio-Canada

Comme d'autres orthopédistes, il souhaite que le réseau public établisse des ententes avec des cliniques privées pour réduire les listes d'attente. Je pense qu'il faut donner un coup parce qu’avec la deuxième vague, ça va pas être plus facile d'opérer.

En effet, plusieurs établissements recommencent à déplacer du personnel des hôpitaux vers des cliniques ou des CHSLD, dans le but d'éviter que la deuxième vague ne fasse de décès chez les personnes les plus vulnérables.

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