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« L'atmosphère est tendue à l'hôpital »

Les équipes médicales décimées par les absences entament la bataille de la 2e vague dans un état d'esprit très différent de la première.

Une médecin fatiguée sous son masque et sa visière.

Une médecin fatiguée sous son masque et sa visière.

Photo : iStock / RyanKing999

L'Hôpital Maisonneuve-Rosemont est celui qui a traité le plus de patients de la COVID au Québec ce printemps, mais il est en trop mauvaise situation cet automne pour se permettre un tel record.

Selon des données obtenues par Radio-Canada, entre les mois d’avril et août, 363 infirmières du CIUSSS de l'Est-de-l'Île-de-Montréal ont quitté leur emploi.

Au syndicat des travailleurs et travailleuses, on déplore les départs depuis janvier de :

  • 300 préposés aux bénéficiaires
  • 250 agents administratifs
  • 120 préposés aux services alimentaires
  • 85 préposés à l’entretien ménager

Par ailleurs, 127 employés du CIUSSS sont actuellement en isolement. Le corps d'emploi le plus touché est celui des agentes administratives.

La pénurie de telles agentes dans les étages a des effets sur la gestion des rendez-vous, selon un médecin spécialiste qui a requis l'anonymat. Il affirme avoir été forcé de diminuer le nombre de consultations en télémédecine à cause de cela.

Le système est en lambeaux, dit-il. On est rendu à délester le délestage. Le médecin rappelle qu'il a déjà accumulé beaucoup de retard dans le suivi de ses patients ce printemps.

L’atmosphère de travail n’est pas agréable et plutôt tendue, explique-t-il. Ce n’est pas comme au début de la première vague où tout le monde était prêt à aller au combat.

Un médecin de l'Hôpital Maisonneuve-Rosemont

L'Hôpital Maisonneuve-Rosemont (HMR) a déjà procédé à la fermeture de lits en raison du manque de personnel, mais l'établissement assure qu'il n'y a pas du tout de mot d'ordre pour réduire le nombre de rendez-vous en télémédecine.

Les absences créent un cercle vicieux sur le personnel médical encore en poste, qui doit accumuler les heures supplémentaires obligatoires.

C'est d'une violence inouïe, le temps supplémentaire obligatoire, racontait récemment le représentant syndical des infirmières Denis Cloutier. C'est des cris, des pleurs quand elles doivent aller voir leur enfant... Elles sont quand même super résilientes, mais là, on a atteint un point de rupture.

Dans la région de Québec, le CIUSSS de la Capitale-Nationale recherche 1 000 personnes à embaucher dont 300 infirmières et 120 employés en entretien ménager et en cuisine.

Dans des circonstances semblables, plusieurs hôpitaux ont déjà recours au délestage, obligés de puiser dans les effectifs de certains services pour aller prêter main-forte là où les besoins sont les plus pressants.

À Laval aussi, le délestage a débuté

On transfère certains patients en hémodialyse à Montréal, raconte une médecin de la Cité-de-la-Santé de Laval. Il y a beaucoup de demandes et peu de lits. Ça n’augure rien de bon. Les absences s'accélèrent parmi le personnel.

Malgré les embauches durant l'été, le recours aux employés retraités et au personnel embauché grâce à la plateforme Je contribue, l'Hôpital de la Cité-de-la-Santé de Laval n'échappe pas non plus au délestage.

Actuellement, les besoins excèdent le nombre de personnes recrutées par le biais de cette démarche, explique la porte-parole du CISSS de Laval, Judith Goudreau.

Des dizaines de lits sont indisponibles dans différents secteurs, mais l'urgence est préservée. L'objectif est de répondre aux besoins des zones chaudes qui accueillent les patients COVID.

Les besoins sont grands. [...] Un message important à rappeler à la population est de ne pas prendre les consignes ministérielles à la légère. On voit des éclosions dans plusieurs milieux, ce qui a des impacts dans le réseau de la santé.

Judith Goudreau, porte-parole du CISSS de Laval

Le réseau de la santé veut épargner Maisonneuve-Rosemont

Ce printemps, plus de 1243 patients atteints du coronavirus ont été traités à Maisonneuve-Rosemont et son hôpital lié Santa Cabrini, ce qui en fait l'établissement qui a traité le plus de malades de la COVID au Québec.

Tout ne s'est pas bien passé avec des éclosions qui se sont multipliées rapidement entre les murs vétustes, ce qui a forcé l'annulation de chirurgies.

Nous avons atteint un maximum de 330 patients hospitalisés simultanément, sans compter ceux aux soins intensifs, ce qui correspondait alors au tiers des personnes hospitalisés dans les hôpitaux de Montréal, explique le porte-parole du CIUSSS de l'Est-de-l'Île-de-Montréal, Christian Merciari.

En vue de la deuxième vague, le ministère de la Santé et des Services sociaux a convenu de fixer un maximum de 90 patients COVID pour les unités d’hospitalisation et de 16 aux soins intensifs pour Maisonneuve-Rosemont, ainsi que 45 et 9 pour Santa Cabrini.

C'est un moindre mal pour épargner le vétuste HMR sur qui les malheurs s'accumulent. Mardi, l'intrusion d'une chauve-souris a forcé la fermeture de cinq salles d'opération.

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