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Des chercheurs s'intéressent au respect des langues officielles pendant la pandémie

François Larocque pose en souriant.

François Larocque est professeur titulaire de la Chaire de recherche en droits et enjeux linguistiques à l’Université d’Ottawa.

Photo : Valérie Charbonneau/Université d'Ottawa

La pandémie de COVID-19 a mis à mal l’utilisation des langues officielles par le gouvernement fédéral. Un chercheur et son équipe ont décidé de se pencher sur la façon dont la crise révèle les problèmes entourant le respect de la Loi sur les langues officielles (LLO) par les institutions fédérales.

Associé à la chercheuse Linda Cardinal, le professeur titulaire de la Chaire de recherche en droits et enjeux linguistiques à l’Université d’Ottawa, François Larocque, aura pour tâche d’identifier les problèmes et proposer des solutions pour tenir compte des leçons de la COVID-19 dans le cadre de la modernisation de la Loi sur les langues officielles, selon un message de l’Université publiée le 29 septembre sur Twitter.

Le chercheur a établi un partenariat avec la Fédération des communautés francophones et acadienne (FCFA) du Canada pour faire cette recherche.

Ils ont été un des acteurs les plus vocaux dans toutes les démarches pour moderniser la LLO et ils avaient aussi constaté des manquements de la part du gouvernement fédéral en matière de langues officielles dès le mois d’avril, explique le chercheur.

La décision de Santé Canada d’autoriser l'étiquetage unilingue avait, en effet, soulevé l’ire des communautés francophones.

Le commissaire aux langues officielles, Raymond Théberge, a aussi relevé, la semaine dernière, que la pandémie a accentué les failles du gouvernement fédéral en matière de langues officielles.

Faire un état des lieux

Le but de l’étude, qui doit commencer dans les prochaines semaines, est de faire un état des lieux.

On veut comprendre comment la lentille linguistique intervient dans la mise en oeuvre des plans d’urgence, développe François Larocque.

On veut faire la lumière sur la situation et voir si le gouvernement a en place les mécanismes, grilles et structures pour que la LLO soit rigoureusement respectée en temps de crise, ajoute-t-il.

Il faut penser qu’une loi comme la LLO, de par son statut, s’applique en tout temps et peut-être davantage en temps de crise.

François Larocque, professeur titulaire de la Chaire de recherche en droits et enjeux linguistiques à l’Université d’Ottawa

Dotés d’une subvention de 24 991 $, le chercheur et son équipe ont un an pour rendre leurs conclusions.

Des problèmes de communication

François Larocque a déjà repéré certains manquements de la part du gouvernement fédéral, qui semblent essentiellement liés à la communication.

Les problèmes [les plus flagrants] sont ceux dans les messages. Quand il y a une urgence, la santé et la sécurité du public dépendent des messages et de leur transmission efficace, note-t-il.

Il prend comme exemple l’étiquetage unilingue, qui était troublant, selon lui.

Santé Canada donnait des indications contraires. D’un côté, ils autorisaient l’étiquetage unilingue et en même temps, ils publiaient des mises en garde pour rappeler aux Canadiens de bien lire les étiquettes avant d’utiliser les produits. Pour les Canadiens d’expression française, le message ne correspondait pas à la réalité, dit-il.

Ça renforce le message de [ma collègue] Linda Cardinal qui dit qu’au Canada, les choses importantes se disent en anglais [et que] le français est secondaire.

François Larocque, professeur titulaire de la Chaire de recherche en droits et enjeux linguistiques à l’Université d’Ottawa

Aider la FCFA pour moderniser la loi

Son équipe compte cependant transmettre certaines de ses observations à la FCFA avant la fin de l’étude. Le but est de s’assurer que la FCFA ait en main suffisamment de données pour pouvoir formuler des recommandations au gouvernement dans le cadre de la démarche de modernisation de la LLO, explique François Larocque.

Un homme devant le drapeau canadien et une affiche indiquant la Fédération des communautés francophones et acadienne du Canada.

Jean Johnson, président de la FCFA.

Photo : Radio-Canada / Angie Bonenfant

De son côté, l’organisme qui représente les francophones vivant en milieu minoritaire attend des résultats intéressants, selon son président, Jean Johnson.

On espère pouvoir retirer des éléments [de la recherche] qui pourraient être inscrits comme recommandations à considérer dans la modernisation de la loi, ajoute le Franco-Albertain.

Je suis curieux de connaître quelles ont été les relations interministérielles du gouvernement fédéral pendant la pandémie, quelles ont été les discussions, les positions pour justifier certaines actions ou le manque d’action.

Jean Johnson, président de la FCFA

Le président de la FCFA espère aussi voir s’il y a eu des relations avec les provinces et s’il existe des solutions pour que la responsabilité des langues officielles soit transférée aux provinces en cas d’urgence.

Les premières conclusions de l’équipe de François Larocque sont attendues à la fin de novembre, ou au début de décembre.

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