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163 médecins songent à quitter leur poste, selon une liste secrète

Tyler Shandro.

Le ministre Tyler Shandro est depuis plusieurs mois en conflit ouvert avec l'Association médicale albertaine qui représente les médecins de la province.

Photo : La Presse canadienne / Jeff McIntosh

Radio-Canada

Des documents rendus publics par le Nouveau Parti démocratique (NPD) albertain révèlent que plus de 200 médecins de la province qui sont surtout situés en régions songent à mettre fin à leur pratique ou à diminuer le nombre d’heures travaillées. De ce nombre, 163 sont jugés à haut risque de donner suite à l'intention déclarée.

Au plus fort de la première vague de la pandémie de COVID-19 et au moment où la dispute entre l’Association médicale albertaine (AMA) et le ministre de la Santé Tyler Shandro battait son plein, 17 communautés rurales étaient à risque moyen ou élevé de perdre des services offerts par un ou plusieurs de leurs médecins.

Un médecin était à risque élevé de mettre fin ou de réduire ses services quand il avait formellement signalé son intention de le faire. Cette catégorie a par la suite été étendue pour inclure les médecins ayant demandé un changement de type de pratique ou un changement à leur horaire de travail. Un médecin était considéré comme à risque moyen s’il avait fait part à ses supérieurs de doutes sérieux sur sa capacité à maintenir son rythme de travail.

En février, le ministre a déchiré l’entente-cadre qui liait le gouvernement à l’AMA. Le gouvernement a notamment revu à la baisse les montants versés pour la pratique de certains soins dans l’objectif de réduire les dépenses en santé et le déficit de la province. Plusieurs médecins ont alors menacé de prendre leur retraite, de quitter la province ou encore de cesser de travailler dans les hôpitaux régionaux.

C’est par exemple le cas à Pincher Creek où plusieurs médecins ont annoncé ne plus vouloir travailler à l’hôpital local.

Depuis plusieurs années, le salaire des médecins est une des dépenses budgétaires de la province qui augmente le plus rapidement en Alberta.

Une fausse crise selon le ministre

Le ministre Shandro a pendant longtemps nié l’existence d’une vague de départ au sein de la profession médicale. Un médecin doit informer Services de santé Alberta 90 jours avant de démissionner ou de cesser de pratiquer à l’hôpital. Ce n’est pas arrivé dans les régions qu’elle a mentionnées, avait-il répondu à question de la chef de l’opposition, Rachel Notley, en juin dernier.

L’exode des médecins ne s’est pour l’instant pas matérialisé. Seulement trois communautés ont perdu un médecin, mais certains ont accepté de remettre leur départ à plus tard en raison de la pandémie peut-on lire dans le document.

Services de santé Alberta (AHS) a cessé de compiler des informations sur le risque de départ des médecins à la fin juin. Il est donc difficile de savoir où en est la situation actuellement.

En avril, le gouvernement provincial est revenu sur certains des changements effectués à la rémunération des médecins en milieu rural. L’attaché de presse du ministre Shandro, Steve Buick, affirme que les discussions poursuivent entre la province et l’AMA pour tenter de geler la rémunération globale des médecins au niveau actuel.

Avec les informations de Joel Dryden et Elise Von Scheel

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