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2600 personnes perdent leur médecin au Témiscamingue

Médecin tenant un stéthoscope

Trois médecins quittent la Coop Témiscavie. (archives)

Photo : iStock

Tanya Neveu

Au Témiscamingue, 2600 patients perdent jeudi leur médecin de famille en raison du départ de trois médecins qui œuvraient auprès de la Coop santé Témiscavie.

La Coop doit ainsi abandonner son accréditation de Groupe de médecine famille (GMF) et devient une clinique médicale.

Les conséquences sont importantes pour la population du Témiscamingue, qui perd aussi l’accès à d’autres services professionnels en santé.

Une claque derrière la tête pis arrange-toi avec tes problèmes.

André Lambert, patient

C’est ce qu’a ressenti André Lambert lorsqu’il a appris la semaine dernière qu’il perdait non seulement son médecin de famille, mais aussi l’accès à l’infirmière clinicienne en maladie chronique et le pharmacien. Atteint de diabète, il doit faire ajuster ses doses d’insuline.

Ils m’ont dit d’aller à l’urgence. Ça va être tout le monde qui va se garrocher-là. Je n’aurai pas de services, ça va prendre une éternité pour avoir une réponse si on a un problème, déplore-t-il.

Plus de 730 patients sont touchés par la perte des services professionnels de l’infirmière clinicienne, la travailleuse sociale, la nutritionniste et le pharmacien, ces deux derniers à temps partiel.

La façade du bâtiment avec une affiche Coop santé TémiscaVie.

La Coop Santé TémiscaVie

Photo : gracieuseté

Cet autre patient atteint de diabète, d’un problème pulmonaire et de haute pression est aussi inquiet. Il consultait régulièrement l’infirmière clinicienne afin de s’adapter à ses conditions de santé.

Je n’ai plus ma personne-ressource. Je suis laissé à moi-même. Qui va venir m’aider? Je vais faire quoi?, se questionne-t-il.

En tant que Témiscamien, je m’attends à avoir les mêmes services que les autres Québécois ont chez eux. Ce n’est pas parce qu’on est en région éloignée qu’on doit avoir moins de services, renchérit-il.

Un recul pour le Témiscamingue

Le docteur à la retraite et membre fondateur de la COOP santé Témiscavie, Paul-Émile Barbeau, est d’avis qu’une bonne partie de ces patients vont se retrouver dans les salles d’urgence.

Il vont retomber sur les listes de priorité exactement comme ceux qui n’avaient pas de médecin avant d’être pris en charge. Ils retombent à la case départ. Il y a des consultations qui vont carrément disparaître, croit-il.

Paul-Émile Barbeau nous montre le site web temiscamingue.org.

Paul-Émile Barbeau, médecin et membre fondateur de la Coop Témiscavie (archives)

Photo : Radio-Canada / Tanya Neveu

À ses tout débuts, la Coop santé Témiscavie comptait sur la présence d’une dizaine de médecins. Aujourd’hui, il en reste quatre.

Du point de vue des effectifs, c’est sûr que c’est un recul, on ne peut pas faire autrement, mais c’est un recul plus grand que le nombre de médecins comme tel. Il faut bien réaliser que l’avantage d’un GMF c’est que tu as l’amélioration de la pratique et des responsabilités partagées avec les infirmières cliniciennes, explique-t-il.

Le Centre intégré de santé et de services sociaux assure qu’il est en pourparlers avec l’équipe médicale afin que l’offre de service au Témiscamingue soit de bonne qualité et sécuritaire.

On travaille en collaboration avec l’équipe médicale sur le territoire pour voir les différentes offres de services qui peuvent être modifiées ou qui peuvent être réalisées pour s’assurer qu’il y ait une offre de services sur le territoire malgré le fait qu’il y a effectivement moins de médecins actuellement et que la prise en charge sera plus difficile, conclut la PDG du CISSS-AT, Caroline Roy.

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