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Une nouvelle initiative pour retirer le plastique des Grands Lacs

Une femme soulève un filet avec des déchet en plastique sur un quai.

Les Seabins, qui seront dispersées dans plusieurs marinas des Grands Lacs, sont testées à Toronto.

Photo :  CBC / Paul Borkwood

Radio-Canada

Différents dispositifs de captation des déchets de plastique seront déployés au cours des prochaines semaines dans les Grands Lacs pour tenter d’en extraire le plus de déchets plastiques possible.

Chaque année, environ 20 millions de livres [9000 tonnes, NDLR] de plastique se retrouvent dans les Grands Lacs, des deux côtés de la frontière, affirme Mark Fisher, président et directeur général du Conseil de la région des Grands Lacs.

Pour contrer cette pollution, M. Fisher aide à mettre en place un projet visant à retirer une partie de ce plastique dans les marinas de la province.

Parmi les partenaires du projet se trouvent l'ONG environnementale Pollution Probe, l'équipe de gestion des déchets de l'Université de Toronto et la Boating Ontario Association.

Pour en arriver à capturer la masse de plastique dans les bassins, deux technologies de piégeage des déchets seront utilisées : les poubelles marines (Seabin) et les pièges à déchets (Littatraps).

Un filet qui sert à récolter des déchets de plastique.

Les Littatraps sont des filtres qui visent à enlever les morceaux de plastique des tuyaux qui se jettent dans les cours d'eau.

Photo : CBC / Paul Borkwood

Le Seabin est une poubelle flottante inventée en Australie qui aspire les déchets, tandis que les Littatraps sont installés à l'intérieur des collecteurs d'eaux pluviales pour récupérer les déchets avant qu'ils n'entrent dans les cours d'eau qui se jettent dans les lacs.

Le plus grand déploiement au monde

D'ici la fin octobre, selon M. Fisher, 23 marinas des Grands Lacs, notamment à Thunder Bay, Trenton, Midland et Spanish, auront leur propre poubelle et 14 d'entre elles y ajouteront également un piège à déchets.

C'est de loin le plus grand déploiement de Seabins et de Littatraps au monde, en particulier dans un environnement d'eau douce, affirme M. Fisher.

Une initiative d’abord testée à Toronto

Toronto a accueilli les premiers essais de cette nouvelle initiative : trois Seabins ont été installées en tant que projet pilote à la marina Outer Harbour et au quai numéro 6, en 2019.

Les autorités portuaires de Toronto, qui ont lancé le projet, indiquent que chaque poubelle capture désormais environ 3,59 kg de déchets par jour.

Selon Jess Pellerin, la porte-parole du port de Toronto, l’organisme est très satisfait des résultats du projet pilote.

Les fragments de microplastiques plus petits qu'un dollar sont de loin les objets les plus courants qui sont retirés par les Seabins, explique Mme Pellerin, suivis par les emballages en plastique transparent, les fragments de plastique provenant des contenants de plats à emporter, les tubes de plastique et les mégots de cigarettes.

Une femme devant une pile de déchets sur une table.

Cassandra Sherlock, étudiante à l'Université de Toronto, montre la quantité de déchets qui sont recueillis par les Seabins.

Photo :  CBC / Paul Borkwood

Depuis que le projet pilote a été mis en place à Toronto, c'est le travail de Chelsea Rochman, cofondatrice de l'équipe de gestion des déchets de l'Université de Toronto, ainsi que de membres de l'équipe comme Cassandra Sherlock, étudiante à la même université, de passer au peigne fin ce qui en sort.

Mme Rochman travaille à l'élaboration de lignes directrices pour la classification des déchets qui seront finalement utilisés dans les communautés de la province.

Les pièges à déchets sont efficaces à retirer nos déchets plastiques des Grands Lacs, explique-t-elle.

Elle ajoute que le recensement des types de déchets recueillis pourrait aider à guider de futures décisions gouvernementales.

Ce type d'information pourrait permettre d'élaborer des réglementations visant à empêcher que certaines sortes de plastique ne soient déversées dans les eaux de ruissellement, affirme Mme Rochman.

L'équipe de Mme Rochman analysera les déchets à leur retour des marinas de l'Ontario au cours du mois prochain, avec l'espoir de compiler les nouvelles données d'ici novembre.

Une initiative qui sensibilise

M. Fisher et Mme Rochman sont tous deux optimistes quant aux effets d'entraînement de cette initiative.

Pour Mme Rochman, une partie de cet enthousiasme vient de l'impact pratique de l'enlèvement des morceaux de plastique, petits et grands, dans de nombreux endroits.

La quantité de déchets que nous allons capturer et retirer des Grands Lacs fera une différence mesurable sur la faune, croit-elle.

Après avoir vu l'attention et la conversation que les Seabins génèrent à Toronto, Mme Rochman espère également que ce genre de conversation à l'échelle de la communauté aura lieu dans toutes les marinas participantes, qualifiant l'expansion de cette nouvelle technologie d’histoire à succès.

Dans les années à venir, explique M. Fisher, des événements éducatifs seront organisés dans les marinas. Ces activités auront pour le moment lieu en ligne en raison des restrictions sanitaires.

M. Fisher espère également qu'avec le temps, de plus en plus de partenaires potentiels se lanceront dans le projet et installeront leurs propres dispositifs de collecte du plastique.

L'objectif est de se concentrer vraiment sur l'Ontario cette année, et ensuite nous voulons aussi l'étendre au-delà de la frontière vers les marinas américaines, explique-t-il.

Avec les informations de CBC

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