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Moncton lance un code de vie pour encadrer l'itinérance

La main tendue d'un homme qui mendie avec quelques pièces de monnaie dans sa paume.

L'itinérance a augmenté à Moncton.

Photo : Getty Images / ljubaphoto

Radio-Canada

La Ville de Moncton vient de lancer un code de vie pour mieux encadrer le phénomène des personnes sans-abri sur son territoire. La Municipalité tente ainsi de diminuer les tensions entre les gens qui fréquentent son centre-ville et les personnes en situation d'itinérance.

Le problème de l’itinérance semble s’être aggravé depuis quelque temps au centre-ville. Le comportement de certains itinérants dérange parfois les résidents et les commerçants du secteur.

Afin de remédier à ce problème, la Ville a établi des règles encadrant ce qui est permis et ce qui ne l’est pas. Des affiches avec des pictogrammes seront placées un peu partout dans la ville, à des fins de clarté.

Une affiche qui indique ce qui est permis et ce qui n'est pas permis de faire dans les lieux publics comme les parcs.

Des affiches comme celle-ci sont placées dans des endroits clés au centre-ville de Moncton.

Photo : Gracieuseté/Moncton

Pour Charles Léger, conseiller à la Ville de Moncton, ces solutions permettront de procurer un sens de sécurité à tout le monde, incluant les itinérants.

Il y a un itinérant qui est assis sur un banc par exemple dans un parc lui ou elle... il a absolument rien, autre que les gens, que leur perception soit négative. Ils ont le droit d'être là comme n'importe qui d'autre. Et donc, je pense, c'est peut-être sensibiliser la population aux droits de tout le monde, explique le conseiller.

Un contenu vidéo est disponible pour cet article

Moncton s’attaque à la sécurité et l’itinérance

Des patrouilles plus régulières sillonneront aussi les endroits de la ville où des gens s'installent ou campent habituellement, notamment les rues Robinson et Alma en plus du stationnement à étage non loin du théâtre Capitol.

La Ville compte aussi installer des panneaux de règlements au parc Sommet, près du centre Aberdeen, et au parc Victoria. Cette nouvelle fait notamment le bonheur d'une garderie, qui s'est parfois vu privée des installations de ces parcs en raison de déchets, d'excréments ou de seringues retrouvés au sol.

On est vraiment contents parce que comme je dis, ce qui nous importe le plus c'est la sécurité des enfants c'est très important que les enfants puissent réutiliser le parc on pourra jouer à nouveau sans avoir peur de trouver des seringues ou d'autre chose, explique Natasha Robichaud, éducatrice à la petite enfance depuis huit ans.

Un bon début, disent les commerçants

Les commerçants du secteur voient d’un bon œil la consécration sur papier de ces mesures réclamées depuis fort longtemps. Mais ils estiment qu’il s’agit d’une première étape dans un dossier de longue haleine.

C'est notamment le cas de Raymond Roberge, qui travaille dans le secteur hôtelier.

Je crois que c'est un bon début, mais par contre, il faut aller encore plus loin pour s'assurer que les gens qui travaillent et qui visitent, que ce soit les touristes, les employés ou les travailleurs, se sentent en sécurité en tout temps, avance ce directeur général d'un hôtel du centre-ville.

Todd VanIderstine, directeur général du bar Old Triangle, utilise un vocabulaire similaire pour décrire comment il perçoit les mesures annoncées par la Ville. J’aimerais dire que c’est un début. C’est un problème qui existe depuis longtemps et finalement, on l’aborde de la bonne façon.

Todd VanIderstine, directeur général du bar Old Triangle.

Todd VanIderstine, directeur général du bar Old Triangle.

Photo : Radio-Canada / Wildinette Paul

C'est très important pour nous, surtout pour nos employés qui sont nerveux même de se rendre à leur véhicule le soir.

Todd VanIderstine, directeur général du bar Old Triangle

Kim Rayworth, directrice générale du théâtre Capitol, dit quant à elle déjà constater des améliorations.

On a vu une bonne amélioration au cours des dernières semaines. On ne peut pas dire que c'est réglé, soyons francs, il y a encore plusieurs gens qui sont autour, mais il y a une bonne longue liste de démarches, d'efforts et d'énergies et la situation va continuer de s'améliorer.

Plus de ressources en toxicomanie et santé mentale réclamées

Des intervenants sociaux croient eux aussi qu'il faut continuer le travail.

Selon Jean Dubé, directeur général de la Maison Nazareth qui sert de refuge temporaire pour les sans-abri, il ne s’agit que d’une partie de la réponse.

M. Dubé croit plutôt que la solution se trouve dans l’accessibilité des services en santé mentale et en toxicomanie.

Quelque part, faut s'assurer que les gens qui patrouillent qui font la vérification soient conscients des problématiques de santé mentale puis de toxicomanie. Ce n'est pas comme prendre une personne qui n'a aucun problème qui dépasse la limite de vitesse. Ce n'est pas la même chose. On parle de personnes, qui la plupart du temps, ne comprennent pas, nuance-t-il.

Ces gens-là n'ont pas grand place à aller. Puis c'est ça le grand problème. On va les pousser. Mais ils vont aller où? se demande-t-il.

Autant Jean Dubé que le conseiller Charles Léger s'entendent pour dire qu'il faut pousser la réflexion plus loin pour diminuer le nombre de sans-abri au centre-ville de façon durable. Le code de vie à lui seul n’éliminera pas le phénomène selon eux.

M. Dubé a espoir que le nouveau gouvernement à Fredericton s'implique davantage, mais il insiste sur le fait que les différents intervenants doivent apprendre à travailler ensemble pour venir à bout du problème des sans-abri.

M. Léger espère quant à lui que cette initiative mènera à des discussions sur le logement abordable afin de trouver des mesures à plus long terme.

Au moment que nous on se parle, on dépense beaucoup d'argent dans ce que vous voyez en termes de mesures à court terme. Et puis j'espère qu'avec ces discussions comme ceci on peut arriver à des solutions permanentes, déclare le conseiller.

Avec les informations de Michel Nogue et de Wildinette Paul

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