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Benjamin Rodger : errer pour mieux rentrer

Benjamin Rodger, souriant, devant des toiles sur un mur de galerie.

Le peintre Benjamin Rodger.

Photo : Hugo Bélanger

Catherine Morasse

Lorsque la pandémie a commencé, en mars dernier, le peintre Benjamin Rodger s’est mis à faire de longues marches, chaque jour, pour chasser l’ennui. Le résultat de ses Errances est à voir à la Galerie St-Laurent + Hill jusqu’au 6 octobre.

À partir de son studio ou de chez lui, dans le Vieux-Hull, l’Ottavien d’origine se laissait dériver au hasard des rues, toujours un peu plus loin, seul dans la ville déserte.

Je ne me rendais nulle part et personne ne m’attendait, vu qu’on ne pouvait pas se voir. Alors je marchais, et si je voyais une rue dans laquelle je n’avais jamais marché, je tournais ici, j’allais là, je revenais sur mes pas…

Benjamin Rodger, artiste visuel

Sans trop savoir pourquoi, l’artiste s’est mis à tracer chacun de ses parcours dans un carnet de croquis. La réponse a fini par venir.

J’ai fait une exposition l’an dernier à la galerie Karsh-Masson où il y avait toute cette idée de lignes et de taches. Je me suis dit que les lignes dans les toiles pouvaient devenir ces trajets-là, et je me suis mis à les superposer pour créer quelque chose qui a un peu plus de profondeur , explique Benjamin Rodger.

Ligne après ligne

Plusieurs toiles de l'exposition Errance de Benjamin Rodger.

Plusieurs toiles de l'exposition «Errances» de Benjamin Rodger.

Photo : Radio-Canada

Ce dernier est artiste professionnel depuis une dizaine d’années. Il a surtout peint des compositions auxquelles se mêlaient des visages et des personnages avant de dériver vers l’art abstrait en cherchant un style plus épuré.

Je me sentais comme si on m’avait mis dans une boîte et qu’on se disait : "Ça, c’est le gars qui fait [des portraits]". J’avais besoin de quelque chose de nouveau , raconte-t-il.

Le visiteur ne peut pas utiliser les toiles d’Errances comme des cartes, mais il pourra imaginer un quartier résidentiel dans une ligne sinueuse, un boulevard dans un long trait droit, ou la berge d’un cours d’eau dans une courbe.

Pour cette nouvelle offrande, Benjamin Rodger a eu envie de créer des illusions de mouvement, un concept dont il peaufine la pratique depuis quelques années.

Au premier regard, les lignes semblent avoir été peintes à main levée. Au contraire : comme dans ses travaux antérieurs, l’artiste a créé ses toiles à l’aide de morceaux de ruban-cache méticuleusement découpés et apposés sur des panneaux de bois, par-dessus lesquels il a appliqué des couches de peinture et de glacis. L’ensemble de chaque œuvre ne se révélait à lui qu’à la toute fin, lorsqu’il retirait le ruban-cache.

Gros plan d'une toile de Benjamin Rodger.

Gros plan d'une toile de Benjamin Rodger.

Photo : Radio-Canada

Dans la même volonté d’imiter un mouvement, chaque tableau comporte ce qui ressemble à des coulées de peinture. Loin d’être spontanées, elles aussi ont été tracées minutieusement.

On voit après la première impression que ce n’était pas du tout ce qu’on pensait. Ce sont des œuvres qui prennent beaucoup de temps à créer, même si au premier regard, on dirait un trait de pinceau, détaille le principal intéressé.

Pour comprendre les toiles d’Errances dans toute leur complexité, Benjamin Rodger soutient qu’il faut les voir.

La peinture, ce n’est pas seulement quelque chose qui paraît bien sur un écran; il faut qu’on puisse l’observer en vrai. Il y a beaucoup de détails qu’on ne peut pas voir sur les photos, lance l’artiste telle une invitation.

Pour y aller :

Errances, de Benjamin Rodger
Galerie St-Laurent + Hill
Jusqu’au 6 octobre

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