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La critique prend de l'ampleur face à la recrudescence de cas de VIH en Saskatchewan

Margaret Kisikaw Piyesis répond aux questions de journalistes lors d'une conférence de presse.

La présidente-directrice générale du Réseau canadien autochtone du sida, Margaret Kisikaw Piyesis, estime que la Saskatchewan n'a pas fait un assez bon travail pour fournir des soins, des traitements et un soutien aux populations autochtones.

Photo : Radio-Canada / Morgan Modjeski

Radio-Canada

Margaret Kisikaw Piyesis, la présidente directrice générale du Réseau canadien autochtone du sida, critique l’inaction du ministre de la Santé, Jim Reiter, au sujet des infections au VIH dans la province alors qu'un premier centre d'injection supervisée financé par son organisme ouvre jeudi à Saskatoon. Selon elle, M. Reiter a ignoré les avertissements d’une épidémie grandissante de VIH en Saskatchewan.

La PDG de l’organisme avait contribué à la rédaction d'une lettre en juin qui demandait une collaboration et des mesures pour lutter contre la hausse des cas de VIH. Les travailleurs de première ligne avaient signalé au moins 11 nouvelles infections à Regina en deux semaines seulement.

Le VIH ne donne aucun signe de diminution, les données sont claires, peut-on lire dans la lettre. Le gouvernement de la Saskatchewan doit s'attaquer à ce problème et être plus proactif dans la lutte contre cette épidémie qui touche les populations autochtones en nombre alarmant.

Des représentants du Réseau canadien autochtone du sida, de la Société canadienne du sida et de Prairie Harm Reduction (Saskatoon) ont également signé le document. Ils n'ont cependant pas reçu de réponse du ministre de la Santé, Jim Reiter.

Pourtant, en Saskatchewan, les nouveaux diagnostics de VIH ont augmenté de 27 % en 2019, passant de 168 à 213 cas entre 2018 et 2019. Les premières données indiquent qu'au moins 118 cas ont été enregistrés cette année 2020.

La majorité des personnes récemment déclarées séropositives en Saskatchewan se sont effectivement déclarées comme étant Autochtones. Margaret Kisikaw Piyesis voit dans le traitement de ces cas la marque d'un racisme systémique.

On ne prend pas cela au sérieux, affirme Margaret Kisikaw Piyesis. On ne se soucie pas des gens. On les laisse mourir.

Par voie de communiqué, le ministre de la Santé de la Saskatchewan, Jim Reiter, a tout de même réagi à la lettre cosignée par Kisikaw Piyesis.

Malheureusement, une réunion n'a pas pu être organisée au moment où la lettre a été envoyée, car nous étions concentrés sur l’organisation de la Saskatchewan face à la COVID-19. La réponse a maintenant été envoyée et nous sommes impatients de continuer à travailler avec ces organisations pour freiner la propagation du VIH, a expliqué le ministre.

Une éclosion de VIH dans le centre-est de la Saskatchewan

Vendredi, les responsables de la santé publique ont annoncé une récente augmentation des infections au VIH dans le centre-est de la Saskatchewan.

L'Autorité de la santé de la Saskatchewan (SHA) n'a pas voulu dire combien de nouveaux cas avaient été enregistrés, mais a expliqué dans un communiqué pourquoi elle avait publié l'avertissement : Les cas concernaient des personnes qui souffraient de maladies aiguës et chez qui on avait diagnostiqué le VIH alors qu'elles recevaient des soins de santé.

La SHA n'a pas non plus été en mesure de définir de quelles façons certains patients ont contracté le virus.

Un besoin de financement supplémentaire pour les centres d’injection

En Saskatchewan, la majorité des cas sont liés à l'utilisation de drogues injectables. Des personnes ont également succombé à des surdoses, dont le taux est sans précédent dans la province en 2020.

Et qui fait quelque chose à ce sujet? Je ne peux pas dire que c'est le gouvernement, lance Margaret Kisikaw Piyesis.

Selon elle, la province devrait allouer plus d'argent aux organisations de base dirigées par des Autochtones pour lutter contre les dépendances et prévenir les maladies comme le sida.

Nous avons les solutions. Laissez-nous montrer la voie.

Margaret Kisikaw Piyesis, présidente-directrice générale du Réseau canadien autochtone du sida

Selon le ministère de la Santé, les services de réduction des risques en matière de santé sont offerts dans 29 centres d’injection supervisée fixes et centres mobiles à travers la province.

Toutefois, Margaret Kisikaw Piyesis estime que le gouvernement ne comprend pas la gravité de la crise actuelle, sinon, il financerait entièrement le centre de consommation supervisée de Prairie Harm Reduction, qui ouvre jeudi à Saskatoon.

La province avait rejeté la demande de financement de l'organisation, autrefois nommée AIDS Saskatoon, ce qui l'a obligée à trouver son propre financement pour une version réduite de son projet.

Les centres d’injection supervisée sont destinés à réduire les maladies en offrant des seringues propres, des aiguilles et des préservatifs. Ils mettent également les gens en contact avec des ressources en matière de santé mentale.

Le plus important, selon Margaret Kisikaw Piyesis, c'est que ces centres offrent des soins sans jugement. Elle pense d’ailleurs que Regina, à l’instar de Saskatoon, devrait aussi se doter d’un tel centre.

Avec les informations de Morgan Modjeski

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