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De l’ADN hérité des Néandertaliens favorise les formes graves de la COVID-19

Reconstitution du visage d'un Néandertalien.

Reconstitution du visage d'un Néandertalien.

Photo : Université de York/Allan Henderson

Radio-Canada

Un fragment de chromosome provenant des Néandertaliens multiplie par trois les risques de développer une forme sévère de détresse respiratoire associée à la COVID-19, affirment des scientifiques européens. Explications.

La COVID-19 n’atteint pas toutes les personnes porteuses du virus SRAS-CoV-2 de la même façon, si bien que certaines développent des symptômes beaucoup plus sérieux que d’autres. Si l’âge est parfois montré du doigt dans certains cas, les chercheurs pensent que d’autres facteurs encore inconnus peuvent jouer un rôle.

Plus tôt cet été, une étude internationale a établi un lien entre un groupe de gènes du chromosome 3 et un risque plus élevé d’insuffisance respiratoire et d’hospitalisation en cas d’infection par le coronavirus.

Les chercheurs Hugo Zeberg et Svante Pääbo de l’Institut Karolinska en Suède et de l’Institut Max Planck d’anthropologie évolutionniste en Allemagne ont analysé ce groupe de gènes.

Résultat : le groupe de gènes associé à un risque plus élevé de développer une forme sévère de la COVID-19 est très similaire à des séquences d’ADN d’un Néandertalien qui vivait il y a environ 50 000 ans et dont les restes ont été découverts en Croatie.

Il s’avère que cette mutation génétique a été héritée par les humains modernes des Néandertaliens lorsqu’ils se sont croisés, il y a environ 60 000 ans, explique Hugo Zeberg dans un communiqué publié par l’institut allemand.

De nos jours, les personnes ayant hérité de cette variante génétique sont trois fois plus susceptibles d’avoir besoin d’une ventilation artificielle si elles sont infectées par le nouveau coronavirus SRAS-CoV-2.

En outre, ces travaux révèlent des différences considérables quant à la fréquence de cette variante de risque génétique dans les différentes régions du monde.

Par exemple, une personne d’origine européenne sur six porte cette mutation, alors qu’elle est présente chez la moitié des populations sud-asiatiques. Par contre, elle est pratiquement inexistante en Afrique et en Asie de l’Est.

Pour le moment, les chercheurs ne savent pas pourquoi cette variante génétique confère un risque plus élevé.

Il est étonnant de constater que le patrimoine génétique des Néandertaliens a des conséquences aussi tragiques dans la pandémie actuelle. Il convient maintenant de comprendre le plus rapidement possible les raisons de cette situation.

Svante Pääbo, Institut Max Planck

Le détail de ces travaux est publié dans la revue Nature (Nouvelle fenêtre) (en anglais).

Repères

  • Les Homo neanderthalensis ont disparu de la surface terrestre il y a 30 000 à 40 000 ans.
  • Ils ont toutefois vécu en même temps que nos ancêtres Homo sapiens pendant plusieurs milliers d’années en Eurasie, si bien que les deux espèces se sont accouplées.
  • Entre 1,8 % et 2,6 % des génomes des humains non africains proviennent d'un mélange avec des Néandertaliens.

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