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L’après-Nathalie Bondil s’annonce mouvementé au Musée des beaux-arts

Caroline Codsi, une nouvelle membre élue du conseil d’administration, évoque des questions de conflits d’intérêts.

Le Musée des beaux-arts de Montréal

Le Musée des beaux-arts de Montréal

Photo : MBAM

Radio-Canada

Les prochains mois du conseil d’administration du Musée des beaux-arts risquent d’être mouvementés. L’élection de trois nouveaux membres lors de l’assemblée générale mardi va visiblement donner lieu à de nouvelles batailles sur la gouvernance du conseil.

Au cours de cette assemblée générale, le mandat du président du conseil d’administration, Michel de la Chenelière, n’a pas été renouvelé.

Caroline Codsi, présidente de l'organisme à but non lucratif La gouvernance au féminin, a été l’une des trois nouvelles élues du conseil d’administration.

En entrevue à Zone économie, Mme Codsi a déclaré de prime abord qu’elle s’est portée candidate pour rétablir la gouvernance.

On a constaté qu’il y a eu beaucoup de manquements ces derniers mois. Non seulement la manière dont la crise avec Nathalie Bondil a été gérée était absolument épouvantable, mais aussi, on n'a vu aucune remise en question du conseil d’administration, qui a continué à être convaincu qu’il faisait la bonne chose, a-t-elle souligné.

Plus de transparence, une meilleure gouvernance, plus d’éthique à un conseil d’administration qui est un petit peu vieillissant. Je ne parle pas de l’âge des administrateurs, mais je parle des manières, des pratiques qui datent un petit peu des années 70. D’ailleurs, la loi qui gère le Musée des beaux-arts date des années 70.

Caroline Codsi

Concernant le congédiement de Nathalie Bondil, Mme Codsi a indiqué qu’elle était préoccupée par la manière avec laquelle elle a été congédiée.

Nathalie [Bondil] a, c’est sûr, une personnalité forte, un leadership fort […] C’est difficile pour moi de commenter, je n’étais pas au sein du Musée des beaux-arts, a-t-elle dit.

Portrait de la femme d'affaires Caroline Codsi

Caroline Codsi veut « rétablir la gouvernance » au sein du conseil d'administration du Musée des beaux-arts de Montréal.

Photo : ATTRACTION IMAGES / Yanick.Macdonald.Photographe

Concernant le rapport qui faisait état d'un climat de travail au MBAM qui était un problème significatif, Mme Codsi soutient qu'il est apparent que Nathalie [Bondil] n’a pas eu le temps d’implanter les mesures pour pouvoir corriger la situation. C’est une situation qui a duré cinq mois, dont quatre mois de pandémie, ce serait difficile pour n’importe qui de réussir à corriger le tir. Je pense que le conseil d’administration n’a pas donné le temps à Nathalie d’implanter les mesures correctrices.

Ça ne va pas être simple

L’actuel président du conseil d’administration, Pierre Bourgie, a déclaré auparavant que la décision de congédier Mme Bondil était une décision réfléchie et courageuse.

Commentant ce propos, Mme  Codsi dit que ce qui apparaît est que le conseil d’administration au complet était d’accord avec la décision du président du conseil à ce moment-là.

Je peux vous dire qu’ayant assisté à la réunion du conseil d’administration à la suite de l’assemblée générale, l’atmosphère était tendue et on sentait bien que les gens semblaient unis dans une pensée assez unique, ce qui est à mon sens problématique, a-t-elle soutenu.

Parce qu’en gouvernance, on souhaite que les points de vue soient divergents, qu’il y ait des opinions diverses et que les gens puissent avoir la possibilité des problématiques. Je n’ai pas senti une grande ouverture, a-t-elle ajouté.

Ça ne va pas être simple. Ce n’est pas une sinécure de se retrouver avec trois femmes qui n’étaient pas les bienvenues.

Caroline Codsi

Selon elle, le conseil d’administration a envoyé de nombreuses missives à ses membres en leur recommandant fortement de ne pas voter pour ces trois candidates externes […] je pense que ça leur a desservi […] Il y avait 1400 en ligne qui ont voté, c’est donc le vote populaire qui l’a emporté.

Nous sommes prêtes à être courageuses pour faire face à ce conseil d’administration.

Caroline Codsi

Conflits d’intérêts

Il y a plusieurs questions de conflits d’intérêts qui ont été amenées, a expliqué Mme Codsi.

Elle a qualifié M. Bourgie de quelqu’un d’extrêmement compétent et d’extrêmement habile et adroit. Cependant, elle a soulevé qu’une fondation qu’il représente reçoit 250 000 $ du Musée des beaux-arts. Donc, il y a des questions à se poser à ce niveau-là.

Mme Codsi a assuré avoir confiance en M. Bourgie, mais elle espère toutefois que la ministre de la Culture, qui quand même donne 15 millions de dollars au Musée des beaux-arts, demande une évaluation du conseil d’administration pour s’assurer que chaque administrateur comprenne ses devoirs, ses responsabilités et les raisons qui les anime pour être à ce conseil d’administration.

Il faut s’assurer qu’il n’y ait aucun conflit d’intérêts et que la transparence et la rigueur soient de mise, a-t-elle conclu.

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