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COVID-19 : Québec offre un pardon de prêt aux petites entreprises

Pour obtenir leur pardon sur un prêt ou sa radiation partielle, les entreprises devront respecter certains critères, dont celui de se trouver en zone rouge et de devoir fermer leurs portes en octobre.

Pierre Fitzgibbon s'adresse aux journalistes.

Le ministre de l'Économie, Pierre Fitzgibbon, estime que les mesures d'aide en place permettront aux entreprises de passer à travers le mois d'octobre en évitant leur fermeture.

Photo : Radio-Canada / Sylvain Roy Roussel

Québec assumera jusqu'à 15 000 $ de frais fixes des entreprises situées en zone rouge qui sont contraintes de fermer leurs portes pendant le mois d'octobre en raison des mesure de lutte contre la COVID-19.

Les mesures mises de l'avant par le ministre de l'Économie, Pierre Fitzgibbon, doivent permettre notamment aux commerçants, aux restaurateurs et aux propriétaires de bars situés dans des zones rouges de bénéficier d'une aide leur permettant d'assumer leurs frais fixes pendant les 28 jours de fermeture décrétés par Québec.

Pour ce faire, le gouvernement offrira des pardons de prêts qui pourront atteindre 80 % du montant emprunté, jusqu'à concurrence de 15 000 $, aux commerçants pour leur permettre de payer leur loyer, les taxes foncières et scolaires, les factures de gaz et d'électricité, les intérêts sur leurs prêts hypothécaires, les assurances, les frais de communication et les frais de permis divers.

Ce pardon de prêt ne sera applicable que pour les dépenses encourues au cours du mois d'octobre, prévient le ministre Fitzgibbon.

Par exemple, si un commerçant détient un emprunt de 18 750 $ ou plus, le gouvernement du Québec pourrait en assumer jusqu'à 15 000 $ afin de permettre au commerçant de dégager des marges financières pour payer ses dépenses fixes du mois d'octobre.

Même les restaurants qui continuent de servir des commandes pour emporter seront admissibles à ce programme, dont les détails seront accessibles sur les sites Internet d'investissement Québec et du ministère de l'Économie.

Des chaises installées sur des tables dans un restaurant de Québec fermé en raison de la pandémie de COVID-19.

Environ 12 000 commerces devront être fermés en octobre, selon les estimations de Québec.

Photo : Radio-Canada

Le coût de la mesure est estimé à un montant de 90 à 100 millions de dollars, a précisé Pierre Fitzgibbon.

Selon les estimations du gouvernement du Québec, environ 12 000 entreprises devront fermer leurs portes pour toute la durée du mois d'octobre dans la province.

D'un point de vue plus global, Québec estime qu'entre 20 000 et 25 000 entreprises sont en situation difficile actuellement.

Depuis le début de la pandémie, le Québec est la province qui a donné le plus d’aide aux entreprises. […] En pourcentage du PIB, on est presque au double de la moyenne du reste du Canada.

François Legault, premier ministre du Québec

Un prêt fédéral aussi possible

La mesure annoncée par le gouvernement du Québec s’apparente au Compte d’urgence pour les entreprises canadiennes du gouvernement Trudeau.

Depuis le début de la pandémie, Ottawa octroie aux petites entreprises et aux organismes à but non lucratif qui en font la demande des prêts sans intérêt pouvant atteindre 40 000 $. Si le solde du prêt est remboursé au plus tard le 31 décembre 2022, 25 % en seront radiés, jusqu’à concurrence de 10 000 $.

Plus de 758 000 entreprises ont obtenu des prêts jusqu’ici, pour un total de 30 milliards de dollars.

L'opposition réclame de l'aide directe

Le recours à des prêts pour soutenir les commerçants et les restaurateurs a été reçu froidement sur les bancs de l'opposition à Québec, où on estime que les petits commerces n'ont pas besoin de nouvelles dettes, mais d'une aide financière directe.

L’aide qui sera accordée aujourd’hui doit tenir compte des pertes d’octobre, mais aussi du printemps dernier, a rappelé le chef intérimaire du Parti québécois, Pascal Bérubé. Ça prend de l’aide directe. Ils sont déjà très endettés, les restaurateurs, et leurs marges de profit sont très minces.

Ça ne peut pas être des prêts. Ils ne passeront pas à travers.

Pascal Bérubé, chef intérimaire du Parti québécois

Pour Vincent Marissal, député solidaire de Rosemont, les propriétaires de petits commerces ont déjà engagé d'importantes dépenses au cours des derniers mois pour adapter leurs établissements aux normes de la santé publique, sans compter les pertes importantes de revenus. Le gouvernement ne peut pas leur proposer de s'endetter encore plus pour les aider, estime Québec solidaire.

On entre dans le septième mois. Les propriétaires de petits commerces ont déjà de l’eau par-dessus la tête. Leur donner encore des prêts, c’est ajouter des pierres dans leurs poches alors qu’ils sont déjà en train de couler, plaide Vincent Marissal.

Leur donner encore un prêt... Devoir aller encore chercher de l’argent à la caisse ou à la banque en disant : "Oui, mais le gouvernement va peut-être me pardonner une partie de mon prêt." Essayez ça pour payer votre hypothèque, vous n’aurez pas grand succès.

Avec la collaboration de Mathieu Dion

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