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Mort de Joyce Echaquan : les prochaines étapes selon Michèle Audette

Michèle Audette, répondant aux questions des journalistes.

Michèle Audette était commissaire à l’Enquête nationale sur les femmes et les filles autochtones disparues et assassinées (ENFFADA). (archives)

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

La mort tragique de Joyce Echequan à l’hôpital de Joliette suscite la colère et déclenche des appels à la justice partout au Québec. Traduire ces demandes en actions concrètes peut toutefois s’avérer une tâche délicate et complexe. En entrevue au Téléjournal Est-du-Québec, Michèle Audette, ex-commissaire de l’Enquête nationale sur les femmes et les filles autochtones disparues et assassinées, est revenue sur les événements des derniers jours et les prochaines étapes.


Les circonstances de la mort de Joyce Echaquan ont soulevé une vague d’indignation et de tristesse au Québec. Comment avez-vous réagi à cette histoire?

Nous sortions tout juste du [site ancestral] Mushuau-nipi, près de la rivière George, ressourcés et sereins, lorsque nous avons reçu cette vidéo [montrant les derniers moments de Joyce Echaquan], la veille du moment où ça a commencé à être connu du grand public.

Ça a été comme un coup de poing au ventre, un choc. C’est le lendemain que sont sorties les larmes, que j’ai relevé mes manches et que je me suis dit : « inacceptable, incroyable, ça ne se peut pas, mais maintenant, il faut passer à l’action! »

Et depuis, je pense qu’on a vu des milliers et des milliers de gens faire des démarches et passer à l’action et c’est tant mieux, à travers cette triste et inacceptable tragédie.


On assiste depuis mardi à une mobilisation de personnes autochtones et non autochtones qui dénoncent l’injustice. En quoi ce moment peut-il provoquer une prise de conscience pour les non-Autochtones?

On va se dire que, malheureusement, ça existe ici aussi, au Québec, pas seulement dans les communautés autochtones ou dans les régions éloignées. On va prendre conscience que c’est partout à travers le Canada et dans le sud du Québec.

De voir cette mobilisation-là, qu’elle soit virtuelle ou physique, je peux juste avoir envie de remercier tous les gens qui ont pris la cause à cœur et de leur dire : « oui, vous avez marché pour la famille Echaquan, mais vous avez marché aussi pour des milliers de personnes qui n’avaient pas le cellulaire en main lorsqu’ils ont été traités de façon discriminatoire! ».

Un couple avec une affiche "Justice pour Joyce!"

Des centaines de personnes ont défilé sur le boulevard des Montagnais à Uashat mardi en l'honneur de Joyce Echaquan.

Photo : Radio-Canada / Djavan Habel-Thurton


La commission Viens a conclu, il y a à peine un an, que les Autochtones sont victimes de discrimination systémique dans leurs relations avec les services publics au Québec. Le gouvernement du Québec a en main ces conclusions. Qu’est-ce que ça prend, selon vous, pour qu’il y ait des gestes concrets et que les choses changent?

Il va falloir de la mobilisation comme on a vu récemment, mais il va aussi falloir que chaque citoyen ou citoyenne fasse appel à ses élus. Le gouvernement a un rôle important, mais les maires et mairesses aussi.

Il faut un signal clair, de la transparence et une explication de ce qui a été mis en place depuis le dépôt des rapports de l’Enquête nationale sur les femmes et les filles autochtones disparues et assassinées et de la commission Viens.


Quelles mesures prioritaires aimeriez-vous voir se réaliser de la part du gouvernement du Québec?

Il y en a beaucoup, mais comme je crois beaucoup au pouvoir de l’éducation populaire, je nous encourage à revoir comment on enseigne la question autochtone dans nos écoles. Ça ne devrait plus être sous la discrétion d’une seule personne, même si elle est pleine de bonne volonté, mais que ce soit dans la culture de l’enseignement au Québec, et que ce soit dans toutes nos écoles, du primaire à l’université. On se ferait un beau cadeau en tant que société si on le faisait de façon structurée et officielle.

Propos recueillis par Charles Alexandre Tisseyre

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