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Vers un reconfinement des communautés autochtones?

Un homme tient un panneau de signalisation sur lequel est inscrit « stop » à un point de surveillance.

Au printemps dernier, la Première Nation de M'Chigeeng avait érigé des points de contrôle sur des routes provinciales qui traversaient son territoire pour limiter l'accès à la communauté.

Photo : CBC/Erik White

Prenez note que cet article publié en 2020 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Avec l'apparition des premiers cas de coronavirus plus tôt cette année, des Premières Nations ontariennes avaient rapidement restreint l'accès à leurs communautés afin de protéger leurs membres. Cette fois-ci, certaines se sentent mieux équipées à affronter la deuxième vague de COVID-19, bien entamée dans certaines régions de la province, et ne s’empressent donc pas de mettre en place des mesures similaires.

La progression de la COVID-19 dans certaines régions de la province préoccupe le chef du territoire non cédé de Wiikwemikoong, à l’île Manitoulin, Duke Peltier.

C’est clairement très inquiétant. Notre communauté a mis en place une série de mesures sanitaires pour assurer la protection de nos membres , note-t-il. 

« C’est profondément inquiétant [de voir] que les cas de COVID-19 commencent à augmenter. »

— Une citation de  Duke Peltier, chef du territoire non cédé de Wiikwemkoong

Si la tendance se maintient, la communauté anticipe devoir sérieusement considérer le rétablissement des restrictions qui étaient en place en avril, en mai et en juin, selon le chef. 

Duke Peltier est chef de la Première nation non cédée de Wikwemikong, sur l’ìle Manitoulin, dans le Nord de l’Ontario.

Duke Peltier est chef de la Première nation non cédée de Wikwemikong, sur l’ìle Manitoulin, dans le Nord de l’Ontario.

Photo : Radio-Canada / cbc

Parmi elles, l’interdiction d’accès au territoire à quiconque n’y vit pas en permanence.

Les postes de contrôle avaient été mis en place le 9 avril et levés le 9 juin dans la communauté autochtone, où le seul cas positif de COVID-19 a été enregistré en mai. 

Le chef Peltier estime que [les autorités] sont maintenant en meilleure posture pour intervenir et protéger les membres les plus vulnérables de la communauté, d’où l’attente avant d’ériger de nouveau des points de contrôle. 

« Il y a six mois, nous n’avions pas d’information du tout sur l’impact que le coronavirus pouvait avoir sur la communauté ou sur la manière dont le virus pouvait entrer dans la communauté. Maintenant, avec l’expérience (...) nous avons obtenu de l’équipement de protection personnelle et nous savons comment minimiser le danger. »

— Une citation de  Duke Peltier, chef du territoire non cédé de Wiikwemkoong

La chef de la Première Nation de Aundeck Omni Kaning, Patsy Corbiere, indique aussi que vivre avec le danger de la COVID-19 est devenu la nouvelle normalité

Les gens ne sont pas complaisants, mais ils ont été bien entraînés depuis mars à se laver les mains, à porter leurs masques, souligne-t-elle.

Membre du comité de coordination de la COVID-19 à l’île Manitoulin, qui regroupe des élus municipaux et des leaders autochtones, la chef Corbiere précise que tout le monde essaie de travailler collectivement et coordonner certaines mesures.  

Il s’agit avant tout de protéger les résidents de l’île Manitoulin, affirme-t-elle.

Les déplacements non-essentiels vers l'extérieur de la région continuent d'être fortement déconseillés aux résidents des communautés autochtones de l'île Manitoulin.

Deux personnes à côté d’un véhicule immobilisé

Ces points de contrôle, mis en place le printemps dernier sur des routes provinciales traversant la Première Nation de M'Chigeeng, ont été démantelés en juin.

Photo : CBC/Erik White

Jusqu’à présent, la Première Nation de M’Chigeeng n’a pas non plus rétabli ses points de contrôle qui avaient semé la controverse le printemps dernier. 

Ils avaient été placés sur les routes provinciales 540 et 551 qui traversent la communauté autochtone, suscitant des plaintes de nombreux automobilistes obligés de faire d’importants détours pour se rendre à leur destination. 

Le maire de la communauté de Northeastern Manitoulin and the Islands, Alan MacNevin — qui est aussi membre du comité de la COVID-19 — fait savoir qu’aucune conversation portant sur le rétablissement de points de contrôle n’a encore eu lieu

Il espère toutefois que la circulation sur les routes provinciales demeurera sans encombres, même si de nouveaux cas d’infection se manifestaient dans la région. 

J’espère que, si les Premières Nations ressentent le besoin de protéger leurs communautés, elles le feront en restreignant l’entrée dans les communautés au public. Nous allons encourager cela, parce que c’était une période difficile pour les gens qui devaient se rendre au travail ou à des rendez-vous, déclare le maire MacNevin.

Des préoccupations économiques

Les diverses communautés de l’île Manitoulin demeurent tout de même vigilantes, selon la chef Patsy Corbiere. La région s’attend notamment à accueillir des chasseurs de cerfs en novembre.  

Certaines résidents de l’île ont dit qu’il faudrait annuler la saison de la chasse, mais à la dernière réunion [du comité de la COVID-19], il a été décidé qu’on ne ferait pas cela, mais qu’on demande aux chasseurs de s’isoler pour éviter qu’ils ne promènent dans les magasins, par exemple, soutient-t-elle.

En prévision d’une possible hausse de cas d’infections dans la région, la Première Nation que dirige Mme Corbiere a également prévu un système commun d’approvisionnement en vivres qui permettrait d’éviter qu’un membre de chaque foyer n’ait à aller faire des courses.

J’espère simplement que les commerces ne ferment pas de nouveau, parce que plusieurs d’entre eux n’ont même pas rouvert depuis mars, en raison de la quantité d’argent qu’il faut dépenser pour garder le personnel et les clients en sécurité, observe la cheffe autochtone.

Des cartes-cadeaux sont ainsi distribuées à des résidents afin de les encourager à faire leurs courses dans des commerces locaux. 

Nous n’avons pas beaucoup de commerces à l’île Manitoulin, donc il faut que les gens soutiennent les quelques-unes qu’il y a. Les produits peuvent sembler un peu plus cher, mais si tous les commerces ferment, on n’aura plus nulle part où acheter quoi que ce soit.

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