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Les règles pour les chasseurs provenant des zones rouges bien reçues dans l’Est

Deux chasseurs guettent l'horizon dans une clairière.

Des chasseurs de chevreuil à l'affût sur l'île d'Anticosti.

Photo : Radio-Canada / Benoit Jobin

Radio-Canada

Lors de son point de presse mercredi après-midi, le premier ministre du Québec François Legault a précisé les règles qui s’appliquent aux chasseurs se déplaçant entre les régions.

Dès minuit, les chasseurs originaires de zones rouges auront le droit de se rendre dans des zones ayant un niveau d’alerte inférieur.

Ils n’auront cependant pas le droit de visiter des commerces dans cette région, comme une épicerie ou un restaurant.

Ce qui est important, c’est de ne pas aller faire l’épicerie dans la zone orange ou jaune où est leur camp de chasse. Qu’ils arrivent avec leur nourriture, un peu comme on le faisait ce printemps, demande M. Legault.

En compagnie de la ministre de la Sécurité publique Geneviève Guilbeault et du directeur national de Santé publique, Horacio Arruda, le premier ministre a expliqué que peu importe ou elle se trouve, une personne devra respecter les règles applicables de la zone où elle réside.

Une personne provenant d’une zone rouge ne peut donc pas se déplacer pour participer à un rassemblement en zone jaune ou orange.

Nouvelle bien accueillie dans l’Est-du-Québec

De con côté, le président de la Fédération québécoise des chasseurs et pêcheurs de la Côte-Nord, Gilles Couture, soutient que les chasseurs peuvent exercer leurs activités tout en respectant les règles de distanciation physique, puisqu’elles se passent dans des régions éloignées.

La consigne interdisant les chasseurs qui proviennent de zones rouges de fréquenter des commerces lors de leur visite est elle aussi assez facile à respecter, selon Gilles Couture. Souvent [les chasseurs qui sont de l’extérieur] sont en contact avec des résidents de la région qui pourraient à la limite faire les emplettes pour eux, suggère-t-il.

Le président de la Fédération québécoise des chasseurs et pêcheurs pour la GaspésieÎles-de-la-Madeleine, Alain Poitras, défend toutefois que ce n’est pas aux fédérations de s’assurer que les consignes sanitaires soient respectées lors des activités de chasse, mais dit faire confiance aux chasseurs.

Si vraiment le gouvernement voulait empêcher le monde de l'extérieur de venir à la chasse [...] il avait juste à mettre des barrières, mais là, il n’y en a pas!

Alain Poitras, président de la Fédération québécoise des chasseurs et pêcheurs pour la GaspésieÎles-de-la-Madeleine

Ça va être à chacun de se dire “est-ce que je suis conscient de ce que je fais? Est-ce que c’est correct que j’y aille, est-ce que c’est dangereux que j’y aille?, lance-t-il.

Alain Poitras, estime qu'environ 25 000 chasseurs participent aux activités de chasse chaque année seulement en Gaspésie. Parmi eux, entre 8000 et 10 000 chasseurs proviennent de l’extérieur de la région. Il estime que chaque chasseur qui fréquente un territoire de chasse engendre des retombées économiques de 1500 $ à lui seul, avec l’achat de l’essence, de l’équipement ainsi que des proies attrapées.

De son côté, Gilles Couture ne craint pas que l’achalandage soit diminué cet automne sur la Côte-Nord. L’activité de la pêche était déjà beaucoup plus populaire [cette année],comme l’étaient le camping ou les visites en région,[...] on observe le même phénomène également pour ce qui est de l’activité de la chasse.

La pandémie n’a rien de positif en soi, mais s’il y a des effets secondaires un peu positifs par rapport aux activités de chasse et de pêche, ajoute-t-il.

Je pense qu’on devrait favoriser [la chasse] quand même le plus possible et maintenir un niveau d’activité économique qui va permettre à nos commerces qui en ont bien de besoin pour bien passer à travers la crise actuellement.

Gilles Couture, président de la Fédération québécoise des chasseurs et pêcheurs de la Côte-Nord

Avec toutes les économies qui tombent de partout [...] Je pense que [le gouvernement] ne peut pas se permettre de se passer de cette grosse économie-là qui est la chasse, renchérit M. Poitras.

Peu d'inquiétudes

Le maire de Rimouski Marc Parent ne s’inquiète pas outre mesure du déplacement de chasseur dans la région. Il compare la situation à celle des touristes qui ont visité l’Est-du-Québec après la réouverture des régions au printemps dernier.

Le maire de Rimouski, Marc Parent, au micro

Le maire de Rimouski, Marc Parent

Photo : Radio-Canada / François Gagnon

Il y a eu une multitude de citoyens de Québec, de Montréal qui sont venus passer l’été en Gaspésie. Ces gens-là étaient extrêmement respectueux des règles de distanciation physique et sociale, indique le maire.

Je suis très confiant que les chasseurs, ou tout autre visiteur des régions où il y a des cas, en autant qu’ils respectent les règles de distanciation physique, ne représentent pas un risque, ajoute Marc Parent, qui dit craindre bien davantage les personnes conspirationnistes refusant de croire au danger que représente la pandémie et à l’efficacité des mesures sanitaires.

Guide de chasse en temps de pandémie

Mardi, lors d'un point de presse, le médecin-conseil en santé publique du CISSS de la Côte-Nord, Richard Fachehoun, invitait les chasseurs à appliquer la distanciation sociale et le port de masque lors de leur activité de chasse.

Mercredi, le CISSS de la Côte-Nord a publié un court guide à l'attention des chasseurs de gros gibier.

Un client fait un achat à la caisse de la boutique de chasse et pêche.

La boutique Pronature de Sept-Îles affirme avoir vendu près de 50 % plus d’articles de chasse et pêche qu’à pareille date l’année dernière.

Photo : Radio-Canada

Il invite notamment les chasseurs à rester chez eux s’ils présentent des symptômes de la COVID-19 et à pratiquer la chasse dans leur région dans la mesure du possible.

Il indique aussi que les chasseurs devraient se déplacer avec les membres de leur famille et prévoir plusieurs véhicules pour les personnes de différents foyers.

La distanciation physique de deux mètres est également demandée et si elle n’est pas possible, comme au moment de sortir le gibier, le port de masque est aussi demandé.

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