•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Le gouvernement Higgs pourrait être fragilisé par les exclus du Cabinet

Blaine Higgs est agenouillé devant un lutrin et il ramasse par terre des feuilles de papier qui sont parties au vent.

Blaine Higgs ramasse des documents qui se sont envolés, le 17 août 2020 à Fredericton.

Photo : La Presse canadienne / Andrew Vaughan

Radio-Canada

Le premier ministre du Nouveau-Brunswick, Blaine Higgs, a fait des malheureux en annonçant son Conseil des ministres, mardi. Au moins deux anciens ministres disent qu’ils ne savent pas s’ils compléteront leurs nouveaux mandats de quatre ans et seront toujours députés lorsque les prochaines élections générales seront annoncées.

L’un d’entre eux est Jake Stewart, qui a été élu député de Miramichi-Baie-du-Vin pour la quatrième fois le 14 septembre. Il n’a reçu aucun ministère après s’être consacré aux Affaires autochtones pendant près de deux ans.

Mardi,Andrea Anderson-Mason, qui vient d’être élue à un second mandat de députée de Fundy–Les-Îles–Saint-Jean-Ouest, laissait sous-entendre un départ anticipé. Auparavant ministre de la Justice, elle se retrouve parmi les six anciens ministres qui sont exclus du nouveau Cabinet.

Une enquête sur le racisme systémique, point de discorde avec Blaine Higgs

Jake Stewart n’a pas l’intention de reculer sur une idée qu’il a appuyée depuis le printemps, celle d’une enquête publique sur le racisme systémique dans le système de justice du Nouveau-Brunswick.

Jake Stewart de profil. Il parle au micro et a un document à la main.

Jake Stewart, alors ministre des Affaires autochtones du Nouveau-Brunswick, le 13 juin 2020 à Edmundston.

Photo : La Presse canadienne / Stephen MacGillivray

Il avait joint sa voix à celles de dirigeants des Premières Nations et réclamé une telle enquête après la mort de deux personnes autochtones tuées par des policiers. Chantel Moore, 26 ans, a été tuée par balle par un policier d'Edmundston le 4 juin. Rodney Levi, 48 ans, a été abattu le 12 juin lors d'une intervention de la GRC près de Miramichi.

Le premier ministre Blaine Higgs était en désaccord avec son ministre sur la question d’une enquête sur le racisme systémique. Ma position au sujet de l’enquête n’a jamais changé, dit Jake Stewart. J’ai appuyé une enquête parce que j’ai compris pourquoi c’est important.

Le député progressiste-conservateur affirme maintenant que d’être exclu du Conseil des ministres lui procure un certain niveau de liberté pour continuer à militer pour une telle enquête. D’être exclu du Cabinet ne va pas me décourager de quoi que ce soit. Ma volonté sera probablement encore plus forte qu’elle ne l’était, insiste-t-il.

Jake Stewart, qui avait été ministre des Affaires autochtones de l’automne 2018 au déclenchement des récentes élections, dit ne pas savoir si son insistance pour une enquête publique lui a valu cette rétrogradation.

Blaine Higgs s’est défendu mardi d’avoir puni des voix discordantes au sein du Parti progressiste-conservateur. Si c’était le cas, nous aurions probablement beaucoup moins de monde dans le Cabinet, a-t-il déclaré.

Une ministre des Affaires autochtones à temps partiel

Bill Ward, le chef de la Première Nation de Metepenagiag, est convaincu que Jake Stewart a perdu son ministère parce qu’il insistait, justement, sur l’organisation d’une enquête publique.

C’était décidément un point de discorde entre lui et le premier ministre, dit M. Ward.

Bill Ward parle aux médias. Il tient une plume dans sa main.

Bill Ward, chef de la Première Nation de Metepenagiag, le 19 juin 2020 aux funérailles de Rodney Levi à Red Bank, au Nouveau-Brunswick.

Photo : La Presse canadienne / Stephen MacGillivray

Bill Ward souligne que le Nouveau-Brunswick a eu quatre ministres des Affaires autochtones différents dans les cinq dernières années, et cela le déçoit. Les suivis ne sont jamais vraiment faits. Il y a un remaniement, un autre ministre, puis une élection et encore un autre ministre, soupire-t-il.

Il avait une bonne maîtrise des dossiers et essayait vraiment de les faire avancer, mais n’a jamais vraiment réussi à les mettre en marche, mentionne M. Ward au sujet de M. Stewart.

Jake Stewart en entrevue

Jake Stewart, alors ministre des Affaires autochtones, en 2019 à Fredericton.

Photo : CBC

Jake Stewart, lui, est surtout déçu que le poste de ministre des Affaires autochtones ne sera plus occupé par une personne dont ce sera la seule responsabilité au Cabinet. La nouvelle députée Arlene Dunn, élue pour la première fois dans Saint-Jean-Havre, se retrouve à la tête des ministères des Affaires autochtones, du Développement économique et des Petites entreprises, d’Opportunités NB, et de l’Immigration.

Je ne crois pas que ce soit une bonne idée, dit M. Stewart. Précisant que ses critiques ne sont pas dirigées à l’endroit de Mme Dunn, il estime que les relations avec les Premières Nations sont si importantes que la personne qui s’occupe de ce ministère devrait s’y dédier à temps plein.

Arlene Dunn prononce une allocution sur le bord de l'eau et Blaine Higgs se tient debout derrière, à sa droite.

Arlene Dunn, photographiée en campagne électorale le 31 août 2020, hérite de plusieurs ministères, dont celui des Affaires autochtones.

Photo : Radio-Canada / Nicolas Steinbach

À son entrée en fonction, dit Jake Stewart, le personnel du ministère des Affaires autochtones lui avait affirmé que les précédents ministres à temps partiel passaient les voir au bureau toutes les huit semaines environ. J’y ai passé trois à quatre jours par semaine, dit M. Stewart.

Lorsqu’il avait été nommé en 2018, le gouvernement s’était alors gaussé d’en avoir fait le premier ministre des Affaires autochtones à temps plein. Reconstruire la relation [avec les Premières Nations] mérite un ministre à temps plein , avait-il été dit dans le discours du Trône.

Il semble que ce ne soit plus aussi important que ce l’était en 2018, ironise le chef autochtone Bill Ward.

Le député de Miramichi-Baie-du-Vin dit qu’il réfléchit depuis des années à l’idée d’aller étudier en droit, mais affirme qu’on l’a aussi approché pour être candidat à une prochaine élection fédérale. Pour l’instant, je me concentre sur ma circonscription, dit Jake Stewart.

D'après le reportage de Jacques Poitras, CBC

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !