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La COVID-19 chez les travailleurs de la santé est source de surmenage

Vue extérieure du Centre des sciences de la santé.

Une éclosion au Centre des sciences de la santé à Winnipeg a fait deux morts au début de la pandémie.

Photo : Radio-Canada / Trevor Brine

Radio-Canada

Près des deux tiers des travailleurs de la santé qui ont contracté la COVID-19 au Manitoba ont été infectés durant les deux derniers mois, selon la province. Les syndicats qui les représentent affirment que cela contribue à davantage de cas d’épuisement professionnel.

Au cours d'une période de sept semaines en août et en septembre, 61 travailleurs de la santé ont été déclarés infectés par la COVID-19. Depuis le début de la pandémie, environ 100 travailleurs de la santé l'ont été, selon les données de la province.

La récente hausse d’infections pèse sur le système de la santé en provoquant une pénurie de personnel. Certains employés sont obligés de faire des heures supplémentaires, selon le Syndicat des infirmières et infirmiers du Manitoba et le Syndicat canadien de la fonction publique.

Les infirmières sont extrêmement stressées, affirme la présidente du syndicat des infirmières, Darlene Jackson. Elle indique que 27 infirmières avaient été déclarées positives après un test de dépistage depuis mars. Cela représente un quart de tous les cas parmi les travailleurs de la santé.

Entre la mi-mars et le début mai, la province a signalé 36 cas parmi les travailleurs de ce domaine. Cette tendance s'est stabilisée pendant des mois, avant de reprendre dans la foulée de l’assouplissement des mesures sanitaires pendant l’été.

Mardi, Winnipeg comptait plus de 80 % des 606 cas actifs du Manitoba. La demande de tests de dépistage de la COVID-19 a explosé, ce qui a provoqué des temps d'attente de plusieurs heures dans la capitale.

L’attente pour les résultats des tests de dépistage augmente aussi, selon Darlene Jackson, et cela aggrave la pénurie de personnel, les infirmières ne pouvant pas travailler jusqu'à ce que le résultat de leurs tests soit connu.

Une dame aux courts cheveux roux s'exprime dans la rue, avec en arrière plan le Health Science Center de Winnipeg.

Darlene Jackson, présidente du Syndicat des infirmières du Manitoba

Photo : Radio-Canada

Selon un porte-parole provincial, les travailleurs de la santé doivent faire la queue comme le reste de la population pour le prélèvement d'un échantillon d'un test de dépistage. Cependant, au laboratoire, leurs échantillons sont traités en priorité.

Un syndicat qui représente, entre autres, les aides-soignants, les transporteurs médicaux et les gardes de sécurité affirme voir les signes d'une main-d'œuvre stressée parmi ses membres.

Le personnel des foyers de soins personnels et les travailleurs des soins à domicile semblent être les plus touchés par l'épuisement professionnel, selon la présidente de la section locale 204 du Syndicat canadien de la fonction publique (SCFP), Debbie Boissonneault.

Les niveaux d'anxiété ont beaucoup augmenté avec la COVID-19, simplement parce qu'ils ne savent pas avec qui ils entrent en contact, dit-elle.

Au moins 18 travailleurs de première ligne représentés par le SCFP ont été déclarés positifs au cours des six derniers mois, ajoute-t-elle.

Mme Boissonneault soutient que la charge de travail a augmenté : Lorsque quelqu’un est malade, l'employeur ne remplace pas cette personne. Alors maintenant, on a trois personnes qui font le travail de quatre, et, parfois, deux [font] le travail de quatre.

C'était un problème bien avant la COVID-19, et avec la COVID-19, cela a empiré, ajoute-t-elle.

Le Manitoba a évité des éclosions graves dans les foyers de soins lors de la première vague de COVID-19, mais s'est trouvé face à plusieurs éclosions de ce type ces dernières semaines, dont une au foyer de soins Bethesda Place, à Steinbach, qui a fait quatre victimes.

L'évolution de la COVID-19 d'heure en heure.

Darlene Jackson soutient que des compressions, conséquence de la refonte des soins de santé du gouvernement Pallister, ont mené à une augmentation des postes d'infirmières vacants avant que la pandémie ne frappe.

Le résultat est une charge de travail beaucoup plus lourde qu'elle ne l'a jamais été, affirme-t-elle.

Elle ajoute que, dans certains établissements, l’équipement de protection individuelle approprié n'est pas toujours disponible.

Ces infirmières sont extrêmement stressées [à cause de] la charge de travail et du manque de personnel et maintenant, elles sont inquiètes : 'Suis-je protégée ? Mes résidents ou mes patients sont-ils protégés?", dit-elle.

Avec les informations de Bryce Hoye

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