•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

1600 personnes dénoncent le modèle de tarification du Mont-Sainte-Anne

Des télécabines au Mont-Sainte-Anne

Des abonnés et clients démontrent leur mécontentement face à la station de ski dans une pétition en ligne.

Photo : Radio-Canada

Les signataires d’une pétition pour encourager le Mont-Sainte-Anne à revoir son modèle de tarification pour les abonnements critiquent du même coup la qualité des services offerts sur la montagne.

Deux jours après avoir été mise en ligne, la pétition sur le site change.org a récolté plus de 1600 signatures.

La prochaine saison de ski alpin risque fortement d’être compromise : équipements désuets, télécabine en panne, enjeux de sécurité, diminution, voire annulation de services due aux mesures sanitaires nécessaires en temps de pandémie, etc. Face à un bris de confiance généralisé, nous, les abonnés et clients, réclamons que le Mont-Sainte-Anne adopte instamment un modèle de tarification adapté à la réalité, est-il écrit.

Paule Têtu fait partie des instigateurs de la pétition. Elle conçoit mal qu’après deux incidents majeurs dans les télécabines du Mont-Sainte-Anne, l’hiver dernier, l’établissement ne se montre pas plus flexible pour la saison 2020-2021.

Ce n’est pas seulement une question de pandémie et de crainte que la saison soit annulée à nouveau. C’est aussi le fait que nous ne savons pas du tout avec quel type d’équipements nous pourrons profiter de la montagne cette année, souligne-t-elle.

En février dernier, un arrêt brusque de la remontée mécanique a fait 21 blessés. Environ un mois plus tard, un second incident a forcé l’évacuation des télécabines, mais n’a causé que des blessés mineurs.

Il y a quelques semaines, le Mont-Sainte-Anne a indiqué qu’après une enquête menée par des spécialistes indépendants, il sera en mesure d’appliquer les recommandations afin que les télécabines soient fonctionnelles lors de la prochaine saison.

C’est inacceptable, surtout sachant que l’on va leur donner de l’argent à l’avance sans savoir si les télécabines seront réellement sécuritaires, puisque le message ne confirme pas que les changements ont été faits, précise Mme Têtu.

Une affiche à l'avant de la montagne enneigée du Mont-Sainte-Anne.

Comme toutes les stations de ski, celle du Mont-Sainte-Anne a dû interrompre ses activités au printemps lorsque le gouvernement a mis le Québec sur pause.

Photo : Radio-Canada / Olivia Laperrière-Roy

Une solution de rechange

Dans la pétition, les signataires réclament un modèle de tarification utilisé par d’autres stations de ski au Québec.

On voudrait pouvoir payer un billet lors de nos visites au début de l’hiver. Ils peuvent certainement comptabiliser nos visites. Et lorsqu’un client dépense pour le montant équivalent à un abonnement de saison, il peut continuer de skier gratuitement. C'est comme s'il avait son billet de saison, explique Paule Têtu.

Cette solution ne permettrait pas, cependant, d’être remboursé si jamais le gouvernement devait fermer les stations de ski, comme il l’a fait au mois de mars. Ça me convient parfaitement, nous prendrons ce risque, répond Mme Têtu.

Le Mont-Sainte-Anne et Stoneham ont plutôt opté pour des abonnements saisonniers conventionnels, incluant un rabais pour les abonnés de l’an dernier. Une grille de remboursement a aussi été élaborée advenant une fermeture en raison de la COVID-19.

À titre d’exemple, un abonnement illimité au Mont-Sainte-Anne cette année commence à 1070 $ pour les 13 à 17 ans et à 1428 $ pour les 18 à 64 ans.

Avec le programme mis sur pied, les abonnés pourront, par exemple, se faire rembourser jusqu’à 60 % du montant de l’abonnement si jamais la montagne devait fermer le 15 janvier et que le client avait eu le temps d’effectuer de 1 à 3 visites sur les pentes.

Paule Têtu estime que le Mont-Sainte-Anne n’offre pas les services de qualité suffisante pour inviter les clients à investir autant dans leur activité hivernale favorite, d’autant plus que l’avenir de la saison est incertain.

Si c’était Stoneham, ou ailleurs, je crois que ce serait différent. Mais nous sommes déçus de la gestion au Mont-Sainte-Anne.

Paule Têtu

Un risque à prendre

Le porte-parole du Mont-Sainte-Anne, Simon Lefebvre, confirme que la station a pris connaissance de la pétition. Pour le moment, l’établissement ne souhaite pas revoir son modèle de tarification.

La station répond également aux recommandations de l’Association des stations de ski du Québec. Cette dernière suggère aux stations d’offrir une saison garantie aux skieurs en leur permettant d’annuler leur abonnement ou de le transférer à la saison suivante, en fixant une date de fin de la promotion. Au Mont-Sainte-Anne et à Stoneham, les abonnés pourront annuler jusqu’au 19 décembre. La prévente des abonnements saisonniers se poursuit jusqu’à la mi-octobre.

Par ailleurs, l’Association indique que les stations de ski doivent prévoir un processus de dédommagement en cas de décret du gouvernement concernant ce secteur d’activité. Simon Lefebvre du Mont-Sainte-Anne ajoute que la station est prête à prendre le risque de voir si les abonnés seront au rendez-vous ou non cette année, conscient de la situation particulière liée à la pandémie.

Pour ce qui est des critiques envers la gestion de la station formulées dans la pétition, le porte-parole souligne qu’elles ont été entendues.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !