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Des familles réclament plus de visites dans les centres de soins de longue durée

La C.-B. n'autorise qu'un visiteur par résident et un aide essentiel : un statut difficile à obtenir.

Hélène Michaud tenant dans ses mains une affiche avec des photos de son père.

Hélène Michaud a sorti son père d'un centre de soins de longue durée parce qu'elle s'inquiétait pour sa santé mentale.

Photo : Radio-Canada / Adrien Blanc

Des proches de résidents en centres de soins de longue durée de la Colombie-Britannique demandent à être reconnus comme visiteurs essentiels en ce temps de pandémie. Pour se faire entendre, ils ont manifesté devant l'Assemblée législative, mardi.

Hélène Michaud s'occupe de son père Urbain, 94 ans. Avant l'interdiction des visites dans les centres de soins de longue durée, en mars en raison de la COVID-19, elle rendait quotidiennement visite à son père et l'aidait à se laver, explique-t-elle.

Après six mois de confinement, la santé mentale d'Urbain a été dangereusement affectée, selon sa fille.

On s'inquiétait beaucoup et on voyait que sa joie de vivre commençait à se briser.

Hélène Michaud

Le 17 septembre, Hélène Michaud a donc emmené son père chez elle et note que, depuis, le moral de celui-ci s'est amélioré. Elle veillera à ce qu'Urbain retourne dans le centre de soins de longue durée quand les conditions de visite seront assouplies.

Actuellement, la Colombie-Britannique n'autorise qu'un visiteur par résident. Une autre personne peut entrer si elle fournit une aide essentielle à la santé mentale ou physique du résident, mais plusieurs familles disent que les directions des centres leur refusent ce rôle.

J'ai demandé beaucoup de fois. On m'a toujours dit non, se désole la fille d'Urbain Michaud. On m'a dit que tous ses besoins étaient satisfaits, mais moi je savais que ce n'était pas vrai.

Des manifestants brandissent des pancartes devant l'Assemblée législative.

Le groupe des «Familles pour un changement dans les centres de soins de longue durée» a manifesté devant l'Assemblée législative le 29 septembre 2020.

Photo : Radio-Canada / Adrien Blanc

Brenda Brophy raconte que sa mère a fêté ses 100 ans le 5 avril, en plein confinement, dans un centre de soins de longue durée. Depuis, la vieille dame a perdu sa bonne humeur et a maigri.

Brenda Brophy a demandé à être reconnue comme visiteuse essentielle, mais la direction le lui aurait refusé sous prétexte que sa mère n'était pas mourante. Finalement, Mme Brophy a sorti sa mère du centre pour s'occuper d'elle.

Nous entendons des récits de déclins physiques et mentaux dramatiques des personnes qui nous sont chères parce qu'elles se retrouvent sans bénévole, sans accompagnateur, sans famille et les institutions n'ont pas le personnel suffisant pour assurer ces rôles, dénonce Mme Brophy.

Il y a certaines choses que tu ne peux pas voir dans une discussion vidéo.

Brenda Brophy
Des manifestantes devant l'Assemblée législative.

Le vocabulaire carcéral était très présent lors de la manifestation de mardi à Victoria.

Photo : Radio-Canada / Adrien Blanc

Près de 80 personnes, en majorité des femmes, ont donc manifesté devant l'Assemblée législative de la Colombie-Britannique pour demander que les règles liées aux visites dans les centres de soins de longue durée soient clarifiées et assouplies.

D'autres provinces autorisent deux, trois, voire cinq visiteurs et certaines provinces autorisent, en plus, l'accès aux aidants essentiels, note Brenda Brophy, qui est l'une des organisatrices de la manifestation.

Une manifestante.

«Sauvés de la COVID, il meurent d'isolement», proclame la pancarte tenue par une manifestante.

Photo : Radio-Canada / Adrien Blanc

La médecin hygiéniste en chef de la Colombie-Britannique, Bonnie Henry, a toutefois adressé une mise en garde aux familles, lundi. Nous voyons qu'au Québec et en Ontario en particulier, on a fortement relâché les règles entourant les visites et maintenant on voit apparaître de nouvelles éclosions dans les centres de soins, a-t-elle commenté.

Il est très difficile de trouver le juste milieu et nous continuerons à chercher des moyens d'aider les familles à voir leurs êtres chers dans les centres de soins de longue durée, a-t-elle assuré.

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