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Scott Moe, un agriculteur devenu porte-étendard de la droite saskatchewanaise

Scott Moe en train de marcher dans une rue de Saskatoon le 30 septembre 2020.

À la tête de la province depuis janvier 2018, le premier ministre sortant, Scott Moe, est en à sa première campagne électorale comme chef du Parti. saskatchewanais (archives).

Photo : La Presse canadienne / Liam Richards

Sans faire trop de bruit, Scott Moe est devenu le premier ministre de la Saskatchewan après avoir remporté la chefferie du Parti saskatchewanais en 2018. Portrait de cet ancien agriculteur de la petite communauté rurale de Shellbrook, dans le nord de la Saskatchewan, qui a su en quelques années s’imposer comme le visage de la droite saskatchewanaise.

Avant de faire son entrée en politique provinciale en 2011, Scott Moe était un entrepreneur agricole qui participait à différents groupes et comités de politiques locales.

L’analyste en politique provinciale Stephen Kenny explique que Scott Moe a connu le drame des régions rurales de la Saskatchewan, qui s’est produit lorsque le gouvernement néo-démocrate de Roy Romanow était au pouvoir de 1991 à 2001.

Le gouvernement de l’époque, de Roy Romanow, a décidé de fermer 52 hôpitaux ruraux. C’est une décision qui a touché les régions. Scott Moe, alors jeune entrepreneur, a vécu cette réalité, explique Stephen Kenny.

Ce dernier croit que ces décisions du gouvernement du Nouveau Parti démocratique (NPD) de la Saskatchewan ont poussé Scott Moe à se méfier du NPD et de la social-démocratie.

Tout comme beaucoup de gens à l’extérieur des grandes villes de la Saskatchewan, Scott Moe a vécu une déception par rapport au gouvernement traditionnel du parti néo-démocrate, estime Stephen Kenny.

Stephen Kenny est dans le studio de radio de Radio-Canada Saskatchewan.

Stephen Kenny, professeur d'histoire émérite de l'Université de Regina et observateur de la scène politique.

Photo : Radio-Canada

Une ascension rapide au sein du Parti saskatchewanais

Sept ans après avoir été élu député de la circonscription de Rosthern-Shellbrook, Scott Moe a succédé à Brad Wall comme premier ministre, et ce, sans avoir été l'un des visages les plus connus du Parti saskatchewanais.

Stephen Kenny explique que le politicien ne s'était peut-être pas fait remarquer, mais il en a profité pour apprendre les rudiments de la vie législative.

Il a beaucoup appris, et on aurait tort de sous-estimer Scott Moe. C'est un homme de terrain, qui vient des coulisses et qui est un excellent organisateur.

Une citation de :Stephen Kenny, analyste en politique provinciale
Brad Wall pointe Scott Moe d'une main en lui levant le bras de l'autre.

Scott Moe (à droite) célèbre sa victoire en 2018 aux côtés de Brad Wall, qui avait annoncé la fin de sa carrière politique.

Photo : La Presse canadienne / Liam Richards

Paul Merriman, qui est également devenu député du Parti saskatchewanais lors du scrutin de 2011, explique la montée en puissance de Scott Moe grâce à son écoute et à sa capacité de rassembler.

Les gens gravitaient autour de lui, il voulait s’asseoir et écouter tout le monde. Il a toujours eu du temps pour moi. Lorsqu’il est devenu ministre de l’Environnement, il a su créer une excellente atmosphère au sein de son équipe, témoigne Paul Merriman, qui est actuellement ministre des Services sociaux.

Il explique que le dévouement et l’éthique de travail de Scott Moe lui ont permis de se faire remarquer par le premier ministre Brad Wall, qui lui a confié divers postes de ministre au cours des années suivantes.

 Le ministre Paul Merriman debout donne une entrevue à des journalistes.

Paul Merriman est entré en politique en même temps que Scott Moe lors des élections provinciales de 2011.

Photo : Radio-Canada / Matt Howard/CBC

Lorsqu'il s’est présenté comme successeur de Brad Wall lors de la course à la chefferie du Parti saskatchewanais en septembre 2017, ses talents d'organisateur lui ont permis de former une équipe solide et, ainsi, de remporter cette campagne, souligne Stephen Kenny.

Le jour où il a annoncé qu’il voulait devenir le chef du Parti saskatchewanais, il est venu avec le soutien de 21 députés, ce qui est presque la moitié de tout le caucus, dit l'analyste en politique provinciale.

Scott Moe parle au micro près d'un véhicule utilitaire sport aux couleurs de son parti.

Scott Moe est reconnu comme étant un politicien rassembleur et un homme de terrain (archives).

Photo : tirée de Facebook/Scott Moe

Un mandat de premier ministre bien rempli

Depuis qu'il est premier ministre, Scott Moe a fait parler de lui à l'échelle canadienne pour son opposition à Justin Trudeau et à la taxe fédérale sur le carbone.

Pendant des mois, c’était une lutte contre l’intrusion du gouvernement fédéral dans la question environnementale avec la tarification du carbone. Scott Moe a même fait la page couverture du magazine Maclean’s [en novembre 2018] avec Doug Ford et Jason Kenney comme faisant partie de la résistance contre les politiques environnementales du fédéral, explique Stephen Kenny.

Le premier ministre du Canada, Justin Trudeau, et le premier ministre de la Saskatchewan, Scott Moe, se sèrrent la main lors d'une rencontre entre les deux à Ottawa, le 12 novembre 2019.

Le premier ministre de la Saskatchewan, Scott Moe, avec Justin Trudeau le 12 novembre 2019, à Ottawa, après que la Saskatchewan a rayé les libéraux de sa carte électorale aux élections fédérales.

Photo : La Presse canadienne / Justin Tang

Selon lui, Scott Moe a même négligé et dédaigné le travail de Ryan Meili comme chef de l’opposition, comme s’il n’existait pas.

M. Moe a aussi dû faire face à la tragédie de l’accident des Broncos de Humboldt, qui a fait 16 morts et 13 blessés en avril 2018, qui a endeuillé toute la Saskatchewan. Stephen Kenny affirme que le premier ministre a bien géré cette situation difficile, étant un homme de terrain près de la population.

Scott Moe est au diapason des valeurs et des sentiments des Saskatchewanais. C’est un élément de son leadership qui est très difficile à contrer par ses adversaires.

Une citation de :Stephen Kenny, analyste en politique provinciale

Toutefois, la gestion de la crise de la COVID-19 par le gouvernement de Scott Moe ne fait pas l’unanimité dans la province. Le plan de retour en classe annoncé par le gouvernement provincial au début du mois d’août a été fortement critiqué par l’opposition officielle et des professionnels du milieu de l’éducation.

Malgré tout, Scott Moe demeure un chef populaire auprès de la population en Saskatchewan, avec un taux d’approbation évalué à 59 %, selon les derniers chiffres de l’Institut Angus Reid.

Un appui qui lui sera essentiel lorsque les Saskatchewanais se rendront aux urnes le 26 octobre prochain.

Élections Saskatchewan 2020

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