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COVID-19 : le bilan et les tensions augmentent dans la Baie-des-Chaleurs

Un panneau annonce le CHSLD de Maria.

Les plus récentes éclosions de COVID-19 recensées en Gaspésie touchent principalement le CHSLD de Maria et la résidence privée pour aînés Lady Maria.

Photo : Radio-Canada / Isabelle Larose

Le bilan de la pandémie, et les tensions, continuent d'augmenter dans la Baie-des-Chaleurs. Alors que la région déplore deux nouveaux décès liés à la COVID-19, la gestion de la crise par le Centre intégré de santé et de services sociaux (CISSS) de la Gaspésie est remise en question et le préfet de la MRC d'Avignon implore la population de redoubler de vigilance.

Le Syndicat des infirmières, infirmières auxiliaires et inhalothérapeutes de l’Est-du-Québec (SIIIEQ-CSQ) estime que le CISSS de la Gaspésie perd le contrôle de la gestion de la deuxième vague de la pandémie dans la Baie-des-Chaleurs.

Avec 250 cas de COVID-19 par 100 000 habitants, c'est la région où ce ratio est le plus élevé au Québec, et les patients et le personnel infirmier en paient le prix, selon le SIIIEQ-CSQ.

Au CHSLD de Maria, le CISSS impose des horaires de 12 heures sans préavis au personnel, depuis samedi dernier, selon le président du SIIIEQ-CSQ, Pier-Luc Bujold.

Les conditions de travail deviennent insoutenables, ce qui pousse plusieurs personnes à prendre leur retraite, à démissionner ou à quitter [leurs fonctions le temps d'un] congé de maladie, déplore-t-il.

L’imposition stricte des arrêtés ministériels, sans considérer les impacts à court terme de ces applications, fait mal. On assiste à une véritable gestion sans lendemain.

Pier-Luc Bujold, président du SIIIEQ-CSQ

Le Syndicat demande à Québec d'accorder des ressources additionnelles à la région de la Baie-des-Chaleurs ainsi que des mesures financières d’attraction de personnel médical.

Comme en zone rouge

La situation dans la Baie-des-Chaleurs inquiète également le préfet de la MRC d'Avignon, Mathieu Lapointe, qui aimerait que sa région passe au palier d'alerte rouge, soit l'alerte maximale.

Je tiens pour acquis qu'on est dans le rouge dans Avignon. C'est très clair, les signaux nous l'indiquent, on est le pire territoire au Québec au niveau épidémiologique donc il faut prendre les actions qui sont nécessaires, indique le préfet.

Il précise qu'il ne croit pas qu'un reconfinement complet soit nécessaire pour l'instant, mais implore la population de redoubler de vigilance.

Le message que j'essaie de passer, c'est de faire comme si on était dans une zone rouge. Les cas sont dans trois municipalités essentiellement, donc les résidents de ces municipalités là : faites attention.

Mathieu Lapointe, préfet de la MRC d'Avignon et maire de Carleton-sur-Mer

Les gens me disent : c'est correct, je vois juste trois ou quatre personnes. Mais si chacun a un réseau de quatre personnes, le virus en profite et se propage. C'est ce qu'on constate, observe M. Lapointe.

Un tableau montrant l'évolution des cas du 17 au 30 septembre dans la région.

Du 17 au 30 septembre, la Gaspésie-Îles-de-la-Madeleine a enregistré une hausse de 146 cas de COVID-19.

Photo : Radio-Canada

J'ai l'impression que les gens ont baissé la garde un peu, et on voit que le virus est très sournois. On revient toujours aux mesures de base : la distanciation, le port du masque, c'est ce qui va faire en sorte qu'on va s'en sortir, ajoute-t-il.

La MRC d'Avignon compte actuellement 95 cas actifs de COVID-19, sur un total de 117 cas actifs en Gaspésie-Îles-de-la-Madeleine.

Moins de services pour les aînés

La recrudescence des cas de COVID-19 force le Centre d'Action bénévole Saint-Alphonse–Nouvelle à suspendre en partie ses services de soutien à domicile aux aînés vulnérables.

Pour une période de deux semaines, certains services comme le transport médical seront suspendus.

Le directeur général du centre, Régis Audet, explique que ces services impliquaient trop de bénévoles et les mettaient à risque de contracter le virus. Ça met beaucoup de bénévoles en action parce qu'on accompagne des gens à des rendez-vous médicaux, que ce soit à l'hôpital de Maria ou ailleurs, indique M. Audet.

Déjà vendredi, la cloche a sonné qu'il y avait déjà certains bénévoles qui avaient appris qu'ils avaient un test positif de la COVID. Même chose du côté des bénéficiaires.

Régis Audet, directeur général du Centre d'Action bénévole Saint-Alphonse–Nouvelle

Dans ce contexte, la travailleuse de milieu Julie Landry doit se contenter à joindre les personnes seules ou isolées par téléphone seulement. Imaginez quand ils sont tout seuls chez eux, c'est sûr qu'il y a une angoisse, si on retombe en confinement pis à savoir s'ils vont avoir les services, constate-t-elle.

Malgré le manque de bénévoles, le Centre d'Action bénévole Saint-Alphonse–Nouvelle assure être en mesure d'offrir un minimum d'aide aux personnes âgées les plus démunies.

Avec des informations de Pierre Cotton

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