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6 suggestions artistiques pour se sensibiliser à la réalité des Autochtones

Une personne tient entre les mains une pancarte sur laquelle est écrit en anglais « indigenous lives matter ».

Radio-Canada Arts souhaite faire rayonner des livres, des films, mais aussi de la musique d'artistes des différentes cultures autochtones, pour mieux comprendre les réalités vécues par ces peuples et les enjeux auxquels ils font face.

Photo : Radio-Canada / John Naïs

Radio-Canada

Alors que le Canada célèbre, comme chaque 30 septembre, la Journée du chandail orange en hommage aux victimes des pensionnats autochtones, et que le Québec est secoué par le décès de la femme atikamekw Joyce Eshaquan dans des circonstances troubles, survenu quelques jours avant le premier anniversaire du dépôt du rapport Viens, voici six œuvres artistiques autochtones à découvrir ou à redécouvrir. 

Radio-Canada Arts souhaite ainsi faire rayonner des livres, des films, mais aussi de la musique d'artistes des différentes cultures autochtones, pour mieux comprendre les réalités vécues par ces peuples et les enjeux auxquels ils font face.


Lire

  • Eukuan nin matshi-manitu innushkueu/Je suis une maudite sauvagesse, d’An Antane Kapesh

La militante innue An Antane Kapesh est celle qu’on considère comme la première écrivaine innue. Originalement écrit en 1976, son livre a été traduit et réédité par la maison Mémoire d’Encrier en 2019 sous la direction de l’écrivaine innue Naomi Fontaine.

La couverture de la réédition de « Eukuan nin matshi-manitu innushkueu/Je suis une maudite sauvagesse », un essai écrit par An Antane Kapesh.

La couverture de la réédition de « Eukuan nin matshi-manitu innushkueu/Je suis une maudite sauvagesse », un essai écrit par An Antane Kapesh.

Photo : Radio-Canada / Jean-Francois Villeneuve

On y trouve le cri du cœur d’une mère qui vit les grands chambardements politiques et économiques menant à la sédentarisation du peuple innu sur la Côte-Nord et au Labrador, dans le territoire du Nitassinan.

Espaces autochtones

« D’un chapitre à l’autre, elle écorche et interpelle les politiciens, les hommes d’affaires, les enseignants et les policiers blancs qui sont venus sur ces terres à la recherche d’une prospérité et qui ont systématiquement exclu les Innus qui y vivaient depuis longtemps », expliquent Jean-François Villeneuve et Anne-Marie Yvon, de l’équipe d’Espaces autochtones de Radio-Canada.

  • Croc fendu, de Tanya Tagaq

Tanya Tagaq est une artiste principalement connue pour sa musique, notamment pour ses prestations de chants de gorge traditionnels inuit. Elle a publié Croc fendu en 2018. Il s’agit d’un livre hybride, proposant roman en prose et recueil de poèmes cathartiques. On peut également y découvrir les dessins créés par Jaime Hernandez.

Le livre est posé debout sur une souche d'arbre coupé au milieu d'un boisé.

Tanya Tagaq livre un tout premier roman.

Photo : Radio-Canada / Valérie Lessard

Ce livre traduit la quête intimiste d’une jeune femme où l’allégorie et la dureté de la vie au Nunavut se côtoient, se mélangent pour créer un récit où les frontières se brouillent, se métamorphosent au point où l’être humain et l’animal ne forment finalement qu’un seul concept mythologique puissant, peut-on lire dans le texte Dix livres pour découvrir la littérature autochtone d’Espaces autochtones.


Voir

  • Toute l’œuvre de l’artiste Kent Monkman

L’artiste multidisciplinaire d’origine crie, qui utilise autant la peinture que le cinéma, la vidéo, la performance ou l’installation, intègre dans ses œuvres des pans de l’histoire des Autochtones depuis la signature de la Confédération, mais aussi des symboles à la fois historiques et contemporains liés aux relations des peuples colonisateurs et colonisés, à la xénophobie, à l’identité et même aux sexualités multiples.

Kent Monkman est photographié de profil dans son atelier pendant qu'il peint, le pinceau levé vers la toile.

Kent Monkman, artiste peintre autochtone

Photo : CBC /Ryan Van Der Hout

Ce qui caractérise Kent Monkman, c’est sa volonté de reprendre la narration de l’histoire par différents médiums.

Guislaine Lemay, conservatrice des Cultures autochtones au Musée McCord de Montréal

Ce dernier a d’ailleurs a dévoilé sur les réseaux sociaux, en mai dernier, sa nouvelle toile, intitulée Hanky Panky. On peut y voir l’alter ego de Kent Monkman, Miss Chief Eagle Testickle, s’apprêtant à sodomiser un homme ressemblant à Justin Trudeau à l’aide d’un jouet sexuel. 

Hanky Panky a généré une controverse sur le web, amenant l'artiste à expliquer sa démarche publiquement. Il a notamment souligné que l’acte sexuel dépeint dans ce tableau n'avait pas lieu sans consentement.


Regarder

  • Kanesatake, 270 ans de résistance, d’Alanis Obomsawin

Il s’agit d’un classique du cinéma québécois, réalisé par une des cinéastes autochtones les plus prolifiques.

Gros plan du visage d'Alanis Obomsawin, devant un micro, qui semble écouter une personne hors champ.

La réalisatrice et chanteuse abénaquise Alanis Obomsawin, en entrevue dans les studios de Radio-Canada.

Photo : Radio-Canada / Jean-Francois Villeneuve

En cette année du 30e anniversaire de la crise d’Oka, il est encore plus pertinent de visionner ce documentaire, dont la réalisation est un moment charnière dans l'histoire du cinéma des premiers peuples, explique le directeur du Bureau des productions audiovisuelles autochtones de l’ONF, Jesse Wente.

  • Le dep, de Sonia Boileau

Il s’agit du premier long métrage de la cinéaste mohawk Sonia Boileau, réalisé en 2015, dont le récit se déroule dans une petite communauté autochtone québécoise. Alors que Lydia accepte un soir de remplacer une employée dans un petit dépanneur en bordure de la route, un homme cagoulé, armé et drogué, y entre.

Une jeune fille assise par terre devant le frigo rempli de bières d'un commerce.

« Le dep » est réalisé par Sonia Bonspille-Boileau.

Photo : K-Films Amérique

« Là où Le dep se distingue, c’est dans sa façon assez unique de savoir parler, dans les limites de ce polar au crescendo dramatique malin, de la réalité socio-économique des Autochtones, sans jamais avoir la main lourde ou accusatrice », dit la critique de cinéma Helen Faradji sur son blogue.


Écouter

  • La musique d’A Tribe Called Red

Gagnant de trois prix Juno, le duo A Tribe Called Red fait désormais partie de la culture grand public, loin des catégories spécialisées dans lesquelles on cantonne souvent les artistes autochtones ou même les artistes de la musique électronique.

Deux hommes s'activent aux tourne-disques dans un événement musical.

Le duo A Tribe Called Red.

Photo : Timothy Nguyen Photography

A Tribe Called Red a d’ailleurs lancé la pièce Land Back peu avant la période de confinement, en soutien aux manifestations menées par les nations autochtones s’opposant à la construction du gazoduc Coastal GasLink. Cette chanson se veut un hommage à l'utilisation de la musique comme manière de promouvoir l'unité. Le duo veut aussi aider à donner une voix à ceux et celles qui n’en ont pas.

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