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Le buna, la cérémonie traditionnelle du café éthiopien

Le 1er octobre est la Journée internationale du café, un produit central dans la culture éthiopienne.

Une femme assise à la terrasse devant un homme qui parle au téléphone. Jebena à la main, elle verse le café dans des petites tasses rangées sur un plateau à coté de grains de café et de maïs soufflé.

Barchi Kinde à la terrasse de son restaurant, Rendez-vous, sur l'avenue Danforth, à Toronto

Photo : Radio-Canada / Radio Canada

En Éthiopie, le café n’est pas qu’une simple boisson. C’est aussi un élément culturel. Le buna, une cérémonie traditionnelle, guide la préparation et le service du café éthiopien.

Les accessoires, la préparation et les aliments servis avec ce café font la particularité du buna.

En amharique, langue parlée en Éthiopie, le mot buna désigne aussi bien le café lui-même que le rituel qui entoure sa préparation.

Pour Beza Teferi, une Torontoise originaire d’Éthiopie, le café est l’un des symboles de ce pays de la Corne de l’Afrique.

Une jeune femme tient une tasse.

La Torontoise Beza Teferi préfère le café éthiopien à tout autre café.

Photo : Collection privée de Beza Teferi

Le café est une partie de mon identité. Je suis née au Canada et le café me lie à la terre éthiopienne et me permet de me sentir plus proche de ma culture.

Beza Teferi

Comme cela se fait en Éthiopie, c’est très jeune que Beza Teferi a appris quelles sont les étapes du buna.

Des haricots verts aux grains torréfiés

Deux plateaux de grains de café.

Les grains de café avant et après la torréfaction.

Photo : Radio-Canada / Radio Canada

Le café éthiopien, appelé aussi haricot vert par les Éthiopiens avant la torréfaction, ne se prépare pas en cinq minutes. La cérémonie peut prendre une quarantaine de minutes dans certains cas, selon Beza Teferi.

Traditionnellement, la personne qui prépare le café éthiopien commence par étaler des feuilles vertes soit dans un récipient, soit sur le sol. La présence de ces feuilles est une manière de souhaiter la prospérité et la bienvenue à ses invités, indique Barchi Kinde, une Éthiopienne installée au Canada depuis 20 ans.

On brûle également de l’encens. Son arôme joue un rôle crucial dans la cérémonie du buna. On brûle de l’encens pour créer une atmosphère agréable et relaxante dans la maison, explique Barchi Kinde.

Sur une table sont disposés des tasses de café, du maïs soufflé, un « jebena », un pot dans lequel brûle de l’encens et un pot de fleurs.

La table garnie par Beza Teferi pour la cérémonie du café.

Photo : Collection privée de Beza Teferi

Les haricots verts sont alors lavés avant d’être grillés. Traditionnellement, le café éthiopien est torréfié sur un feu de charbon de bois. L’odeur et la fumée dégagées par le café en torréfaction sont des éléments clés du buna, indique Beza Teferi. On prend le temps de sentir l’odeur du café, dit-elle. C’est vraiment très beau et très spécial.

Enfant, c’était souvent la fumée et l’odeur du café qui réveillaient Beza Teferi. Ma mère entrait dans ma chambre et me faisait sentir cette odeur, se souvient-elle.

Dans son restaurant, Barchi présente la poêle à ses clients pour qu’ils sentent l’odeur dégagée par les graines grillées et fumantes.

Une femme tient une louche et une poêle de café torréfié.

Barchi Kinde fait sentir l’arôme du café à un de ses clients.

Photo : Radio-Canada / Radio Canada

Une fois la torréfaction finie, les graines sont broyées puis mélangées à l’eau dans un jebena, un récipient traditionnel fait généralement de céramique. Le café est ensuite porté à ébullition.

Avant de servir le café, le jebena est déposé dans la matot (un anneau fait de paille) ou sur un plateau sur lequel sont placées quelques feuilles vertes ainsi que de petites tasses.

D'après Mme Kinde, le café éthiopien est toujours servi avec un accompagnement, souvent l’injera, un pain traditionnel, ou du maïs soufflé.

Traditionnellement, le café est d’abord offert aux adultes, relate Beza Teferi. Le reste du café encore dans le jebena est dilué par la suite, et c’est cette boisson moins forte qui est servie aux enfants, explique-t-elle.

Une occasion sociale

Des travailleurs trient des grains de café.

L'économie de l'Éthiopie repose en grande partie sur la production de café.

Photo : Reuters / Maheder Haileselassie

D’après Barchi Kinde, on n’organise pas la cérémonie du buna pour soi-même.

Lors de cette cérémonie, je partage mon amour et ma vie avec la famille, mes amis et des gens que je ne connais pas, car je partage une précieuse chose, notre café, dit-elle.

Beza Teferi se souvient que les gens de sa famille organisaient le buna surtout le dimanche, étant donné que c’était souvent ce jour-là qu’ils étaient réunis.

Le rythme de la vie moderne ne permet pas toujours de faire toute la cérémonie.

Mais lors des fêtes religieuses, même si on est à deux, on organise le buna, mentionne la Torontoise pour qui le café a aussi une dimension spirituelle.

Quand je participe au buna, c’est comme une connexion spirituelle parce que ça me fait penser à mes ancêtres qui ont fait la même chose. J’adore cette vieille cérémonie, spéciale et si ordonnée.

Beza Teferi

Le café n’est pas qu’un élément culturel en Éthiopie, c’est aussi une source importante de revenus. Le pays est le premier producteur africain de café, devant l’Ouganda. Selon le rapport sur le marché du café publié en août par l’Organisation internationale du café, l’Éthiopie devrait en récolter 7,7 millions de sacs cette année.

Entre 2017 et 2018, l’Éthiopie a occupé la cinquième place parmi les producteurs mondiaux, d’après le département de l'Agriculture des États-Unis.

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