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Archives

Quand l’Allemagne est redevenue un seul pays

Une baguette pointe sur la ligne rouge d'une carte géographique de l'Allemagne.

Le 3 octobre 1990, la frontière disparaît officiellement entre l'Allemagne de l'Est et de l'Ouest.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

La réunification de l’Allemagne, c’était il y a 30 ans. Nos archives témoignent de la difficile intégration de la République démocratique allemande (RDA) dans la République fédérale d’Allemagne (RFA).

Le 3 octobre 1990 marque la fin du Berlin de l’après-guerre, de l’Allemagne divisée entre un système communiste à l’Est et un système capitaliste à l’Ouest.

Moins d’un an après la chute du mur de Berlin, la réunification de l’Allemagne en un seul État devient réelle.

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Plus, 2 octobre 1990

Comme le mentionne Raymond Saint-Pierre au bulletin de nouvelles Plus, le processus de réunification de l’Allemagne a coûté des centaines de milliards de dollars.

Il fallait harmoniser la monnaie, les infrastructures, les télécommunications, les services publics et, surtout, les législations.

Il faudra mettre bien des années avant d’assimiler ces Allemands si différents, si peu initiés à la démocratie.

Le correspondant Raymond Saint-Pierre

Durant deux générations, les populations de l’Est et l’Ouest ont évolué dans des cadres de vie bien différents.

L’Allemagne de l’Est, plus avancée socialement, voit bien des progrès disparaître avec le traité d’unification mené par le chancelier Helmut Kohl.

L’Allemagne de l’Ouest craint de son côté le poids financier que représente l’ajout de 18 millions d’habitants à son économie.

Et bien qu’il existe une grande solidarité entre les deux Allemagnes, les mentalités ne se changent pas par décret.

Le chancelier Helmut Kohl se donne une période de transition de cinq ans pour reconstruire le tissu social de cette Allemagne réunifiée.

Bien téméraire qui se risquerait ce soir à faire des prédictions sur l'avenir de l'Allemagne, conclut pour sa part le correspondant Raymond Saint-Pierre dans son reportage du 2 octobre 1990.

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Le Point, 4 octobre 1990

On peut dire aujourd'hui que la RDA est bel et bien morte et enterrée. Ses symboles ont disparu. Son drapeau ne flotte plus. Presque comme si elle n'avait jamais existé.

La journaliste Madeleine Poulin

Au lendemain de la réunification de l’Allemagne, la journaliste Madeleine Poulin rend compte de l’état d’esprit à Leipzig, deuxième ville en importance en Allemagne de l’Est.

Une ville où ont émergé les manifestations du lundi qui ont précipité la fin de la RDA.

Bien des gens qui ont souhaité le changement et qui y ont participé ressentent maintenant une déception mêlée à un sentiment de libération, observe la journaliste.

Le processus de réunification a été rapide, peut-être un peu trop. Nous voulions entrer doucement dans le système, confie une Est-Allemande qui est partagée entre la joie et l’inquiétude.

Les Allemands de l’Est sont perplexes devant toutes ces règles du jeu qui viennent de l’Ouest.

Ils perdent avec la réunification leur sécurité d’emploi, leurs acquis sociaux. On ne sait même plus comment divorcer!, souligne la journaliste.

Face à cette incertitude, les avortements sont en forte augmentation. Pierre d’achoppement lors du traité d’unification, ils demeurent d’ailleurs criminalisés à l’Ouest.

Cette société de consommation qui arrive à l’Est provoque aussi un bouleversement total des habitudes de vie.

Les voitures d’occasion à bas prix suscitent notamment un grand engouement dans la population est-allemande. Avec comme résultat une augmentation de 60 % des morts et des blessés à la suite d’accidents de la route causés par des conducteurs inexpérimentés.

Un Allemand qui est passé de l’Est à l’Ouest pointe les bananes comme symboles de cette nouvelle liberté.

Les bananes que les Allemands de l’Est se sont arrachées lorsqu’ils ont pu faire leurs emplettes à l’Ouest. Puis cette RDA qui a été vendue pour des bananes, en faisant fi de sa qualité de vie.

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Le Point, 2 octobre 1991

Un an après la réunification, l’émission Le Point s’intéresse au processus de transition en Allemagne.

L’animatrice Madeleine Poulin s’entretient avec la professeure Gesine Schwan de l’Université libre de Berlin.

On ne savait pas que l'économie était tellement détruite, affirme la politicologue sur la situation à l’Est. On a espéré récupérer très très vite le niveau de vie qu'on a en l'Allemagne de l'Ouest. Les politiciens ont provoqué des illusions à ce propos.

Les inquiétudes qui commençaient à poindre lors de la réunification se sont toutes concrétisées : Hausse vertigineuse des loyers, fort taux de chômage et des perspectives de relance économique sombres dans plusieurs secteurs de l’ancienne RDA.

La politicologue observe chez les Allemands de l’Est de la frustration, une désorientation et un complexe d’infériorité.

Les lois ont changé complètement, et d'un jour à l'autre!

La professeure Gesine Schwan

La sympathie et la bienveillance de la population de l’Ouest font place à de l’impatience. Les impôts ont augmenté et personne n’aime renoncer à son niveau de vie, souligne Gesine Schwan.

Malgré les problèmes sociaux qui sont apparus et les manifestations qui se radicalisent, la politicologue préfère fixer l’horizon.

Pour la première fois, il peut y avoir une Europe unie, en paix, soutient-elle. C’est une chance extraordinaire de reconstruire une Allemagne et une Europe qui durent.

Trente ans plus tard, des disparités sociales et économiques subsistent entre ex-RDA et RFA.

Et chaque anniversaire devient l’occasion d’analyser les effets de cette réunification historique.

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