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Incident raciste à Russell : un garçon noir blessé lors d'une agression

Bureau de poste et station d'essence de Russell.

Une attaque à caractère raciste envers un garçon noir de 10 ans ébranle la communauté du Canton de Russell .

Photo : Radio-Canada / Jean Delisle

Radio-Canada

Dans le Canton de Russell, la mère d'un enfant noir de 10 ans affirme qu'elle ne se sent plus en sécurité dans sa communauté depuis que son fils a été violemment agressé par deux garçons blancs dans l'après-midi du 22 septembre.

Mon fils est traumatisé... Il ne dort pas, a déclaré la mère. Il continue de revivre le moment où ce garçon lui a cassé le bras.

La mère, que Radio-Canada n'identifie pas pour protéger la vie privée du jeune garçon, a confirmé dans une entrevue des informations publiées sur les médias sociaux.

Dans l'une de ces publications, il est écrit que son fils faisait du vélo avec un ami dans le village de l'est de l'Ontario lorsqu'ils ont croisé deux garçons blancs de leur âge. L’un d’eux aurait appelé à plusieurs reprises le garçon par le mot commençant par n.

Quand son ami aurait dit aux autres d'arrêter, les garçons blancs auraient attaqué le garçon noir. L'un d'eux l'aurait frappé à la jambe avec un scooter tandis que l'autre aurait sauté sur son bras, le cassant à deux endroits, indique la publication.

Je veux en parler, parce que je veux ouvrir les yeux de la communauté sur le fait que ces choses se produisent, a déclaré la mère du garçon.

Image du marché des agriculteurs de Russell devant une rue.

Une attaque à caractère raciste envers un garçon noir de 10 ans ébranle le Canton de Russell dans l'est ontarien.

Photo : Radio-Canada / Jean Delisle

Bouleversée par la réponse de la police

La mère est également frustrée contre la Police provinciale de l'Ontario (PPO) pour la façon dont ils ont traité ce qu'elle qualifie de crime haineux.

Elle a déclaré que la police avait tardé à répondre à l'incident et que, lorsqu'un policier a appelé, quatre heures après son premier appel, ce dernier était condescendant.

L’officier en question lui aurait dit que la violente altercation était consensuelle et que ce n'est pas un crime d'appeler quelqu'un par le "mot commençant par n".

Le porte-parole de la PPO, Bill Dickson, a confirmé que la police avait répondu à ce qu'il a appelé une bagarre entre deux groupes de jeunes.

Un porte-parole de la Police provinciale de l'Ontario devant une scène de crime et une voiture de la PPO parle aux médias.

Le porte-parole de la Police provinciale de l'Ontario, Bill Dickson

Photo : Radio-Canada

Nous sommes conscients que l'incident aurait commencé par une insulte raciale, mais nous ne pouvons pas spéculer sur plusieurs autres détails.

Bill Dickson, Police provinciale de l'Ontario

Même si une enquête est en cours, M. Dickson a déclaré qu'aucune personne impliquée ne ferait face à des accusations, parce que la loi canadienne empêche la poursuite d'enfants de moins de 12 ans.

L'agent Dickson a déclaré que la police avait contacté les deux familles et qu'ils avaient accepté d'engager des services de soutien communautaire pour essayer de travailler avec les familles, en particulier les enfants, pour les éduquer sur ce qui a déraillé lors de l’incident et comment faire en sorte qu'une telle situation ne se reproduise plus.

La mère a dit à CBC qu'elle n'avait pas entendu parler de la police depuis la nuit de l'incident et qu'elle n'avait été contactée par aucun de ces services.

L’agent Dickson n’a pas voulu commenter le comportement individuel de l'agent intervenant.

Du racisme systémique selon un organisme

Robin Browne, de l'organisation 613-819 Black Hub, soutient la famille du garçon blessé depuis l'incident.

M. Browne dit avoir contacté au nom de la famille la direction du poste de la PPO de Russell et le directeur de l'école des assaillants présumés, pour demander des réunions en face à face. Ces derniers auraient toutefois tardé à répondre.

Portrait de l'homme dans un quartier résidentiel.

Robin Browne, de l'organisation de défense 613-819 Black Hub, soutient la famille du garçon blessé depuis l'incident.

Photo : Radio-Canada / Félix Desrochers

M. Browne a déclaré que la famille, ainsi que son organisme, demande à la police d'enquêter sur l'agent qui a répondu à la plainte et de prendre des mesures pour éradiquer le racisme systémique dans ses rangs. Il souhaite que l'école punisse les garçons pour leur utilisation de langage raciste et de violence.

L'incident en combinaison avec la réponse ou le manque de réponse [...] semble indiquer que le racisme, en particulier le racisme anti-Noirs, est bien présent à Russell, dit M. Browne.

Ce que nous recommandons aux Noirs qui habitent à Russell, c’est de quitter Russell et de venir vivre ici à Ottawa, où on a notre premier chef de police noir, une directrice d’éducation noire, notre premier conseiller noir [...].

Robin Browne, 613-819 Black Hub

Pour le moment, c’est aussi de ne pas investir dans Russell avant qu’ils démontrent qu’ils vont faire quelque chose pour adresser la discrimination systémique contre les Noirs, a ajouté M. Browne à Radio-Canada.

L'héritage esclavagiste de Russell en cause?

La question du racisme à Russell a été soulevée récemment lorsque le conseil municipal a décidé de renoncer à son nom d'origine et celui de son fondateur, Peter Russell, après qu'une pétition a souligné ses liens historiques avec l'esclavage.

La communauté envisage maintenant de dédier son nom à un autre Russell.

Le maire de Russell, Pierre Leroux, a déclaré à CBC qu'il avait contacté la famille après avoir vu la publication sur les réseaux sociaux.

Pour un endroit considéré comme l'un des meilleurs endroits où vivre au Canada, cela ne reflète en rien qui nous sommes, a déclaré le maire Leroux.

Lettre signée du maire.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Lettre publié par le maire de Russell, le 29 septembre 2020.

Photo : Facebook/Pierre Leroux

En entrevue à Radio-Canada jeudi, le maire Pierre Leroux a dit ne pas croire que l’incident est lié à l’enjeu du nom de la municipalité.

Je pense que c’est une coïncidence, c’est tout. Ce sont des discussions que la communauté n'a pas le choix d’avoir. Est-ce que c’est relié? Pour des enfants de 10 ans, je serais bien surpris.

Pierre Leroux, maire du Canton de Russell

Le maire soutient qu'il est possible que les enfants aient entendu parler de cet enjeu à la maison.

Tout est possible, soutient M. Leroux. Mais ce n’est pas juste à la maison que ça peut s’apprendre, on a les médias sociaux, l'internet, les enfants de cet âge-là sont connectés au monde par leurs téléphones, ça peut être appris n'importe où.

L'hôtel de ville avec des drapeaux devant l'édifice.

L'hôtel de ville du Canton de Russell.

Photo : Radio-Canada / Jean Delisle

Évidemment, c’est le rôle des parents d'éduquer leurs enfants et de leur montrer et d'exprimer que ce n’est pas quelque chose qui est acceptable. [...] Je ne pense pas que c’est représentatif de la Municipalité. C’est quelque chose qui est arrivé ici, on condamne ça à 100 %, mais la réaction de la communauté présentement, ça c'est le Russell que moi je connais, conclut le maire Leroux.

Quant à la famille du garçon blessé, la mère a mentionné qu'elle prévoit de déménager.

Je suis venue ici en pensant que ce serait un excellent endroit pour grandir, a-t-elle déclaré. [Mais] sortir d'ici est une priorité... Je ne me sens absolument pas en sécurité ici.

Avec les informations de Ryan Patrick Jones et de Stéphane Leclerc

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