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Donald Trump et Joe Biden font face au modérateur Chris Wallace.

Les échanges ont été particulièrement vigoureux entre Donald Trump et Joe Biden, mardi soir à Cleveland, en Ohio.

Photo : Getty Images / Pool

Dire que les Américains attendaient ce premier duel Trump-Biden avec tellement d’impatience est un euphémisme. C’était l’occasion pour ceux qui hésitaient encore entre les deux hommes de se faire enfin une idée presque définitive sur celui qu’il fallait appuyer, en dépit de leurs réserves jusqu’ici. Or, le chaos s’est emparé de la joute.

On dit souvent que la première impression est toujours la bonne. Si l’on doit se fier à ce premier débat qui sera plus que probablement le plus regardé des trois, Joe Biden qui caracole en tête des sondages depuis de nombreux mois, avait une possibilité de cimenter cette solide fondation d’appuis de ceux qui le donnent gagnant dans la plupart des sondages.

Pour Donald Trump, qu’on savait combatif dans ce genre d’exercice, c’était une occasion en or de s’adresser aux électeurs indécis qui ne connaissent que sa facette qu’il montre lors de ses points de presse ou pendant ses rassemblements partisans enflammés.

Or, le tempérament incisif du président étant ce qu’il est, il a probablement manqué son rendez-vous et du même coup mêlé les cartes de son opposant démocrate.

Une performance moyenne pour Biden

Joe Biden, candidat présidentiel démocrate de 77 ans, avait tout à gagner, mais aussi tout à perdre dans ce premier face à face crucial, à une trentaine de jours du scrutin. Comme ces dernières semaines, Donald Trump avait tout fait pour le discréditer en le traitant d’endormi et de gâteux criblé de problèmes cognitifs. Les attentes du public étaient par le fait même, donc plutôt faibles.

Même s’il était parfois hésitant et confus dans certaines de ses réponses et ses déclarations, il a pu malgré tout placer çà et là quelques lignes pour se démarquer des attaques du président en essayant d’attirer ceux qui ont la fibre environnementaliste sur ses projets verts, sur la confiance qu’il a dans le processus électoral ou encore sur l’importance de défendre les emplois manufacturiers.

Quant à la gestion de la pandémie, cela lui a permis de dénoncer l’absence de plan en matière de santé de la part du président. Comme dans tout ce dont il parle, il n’a aucun plan, a martelé Biden, de façon cinglante.

Un président trop combatif?

Donald Trump, lui, a bien réussi quelques attaques qui ont porté et qui ont déstabilisé son adversaire, notamment sur le chapitre de la loi et l’ordre. Pouvez-vous me nommer une association de forces de l’ordre qui vous soutient? Non? Parce qu’il n’y en a aucune. Totalement faux, réplique le démocrate sans toutefois pouvoir étayer son idée.

Le barrage d’attaques parfois personnelles de la part du président s’est parfois retourné contre lui, notamment lorsque Trump a voulu porter un coup contre Hunter Biden, fils de l’ex-vice-président, dont le nom est apparu dans le dossier ukrainien lorsqu’il siégeait au sein du conseil d’administration de l’entreprise énergétique Burisma il y a quelques années.

Joe Biden s’est permis de bifurquer vers l’histoire de son autre fils Beau, un vétéran de la guerre en Irak qui est décédé d’un cancer du cerveau en 2015. L’occasion pour le démocrate de ressortir les propos que Trump aurait tenus à l’endroit des vétérans, les qualifiant de perdants. Le genre de mots qui sont repoussants pour bien des familles qui ont servi dans l’armée américaine.

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Les faits saillants du premier débat entre Donald Trump et Joe Biden

La modération a bien meilleur goût…

Surtout quand elle est efficace. Par deux fois, Joe Biden a laissé s’échapper un Allez-vous la fermer bien senti à l’adresse du président. Chris Wallace, le modérateur du débat, un journaliste de Fox News qui pourtant ne s’en laisse pas compter par le président, a semblé faillir à sa tâche, impuissant face à un Donald Trump qui était là pour passer à l’attaque.

Monsieur Trump, vous avez souscrit au règlement du débat, vous devez le respecter et ne pas interrompre, disait Wallace. Mais le président n’en avait cure, poursuivant ses interruptions.

Match nul?

Joe Biden a-t-il ébloui les électeurs? Probablement pas, mais son avance dans les intentions de vote ne devrait pas en pâtir. Donald Trump a-t-il réussi à convaincre une partie de la population, par exemple les femmes des banlieues dont il essaie de courtiser le vote? Dans cet objectif, son comportement parfois agressif l’a probablement desservi.

Ce débat qui ne manquait pas de tonus, mais qui ne passera pas à l’histoire, était important pour le président qui doit renverser la tendance dans les intentions de vote. Là encore, comme disent les Américains, cette joute n’était certainement pas un game changer.

Et ça risque d’être un problème pour lui, car il ne reste plus que quelques semaines pour attirer de nouveaux électeurs afin de les ajouter à sa base dévouée, mais insuffisante s’il veut gagner à nouveau la Maison-Blanche. Il lui reste deux débats pour y arriver. Mais le chaos de ce premier rendez-vous aura probablement découragé bien des Américains de se soumettre encore à cet effort.

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