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Des centaines d’Innus demandent justice pour Joyce Echaquan

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Un couple avec une affiche "Justice pour Joyce!"

Des centaines de personnes ont défilé sur le boulevard des Montagnais à Uashat.

Photo : Radio-Canada / Djavan Habel-Thurton

De Pessamit à Pakua Shipu, des centaines d’Innus se sont rassemblés mardi soir à la mémoire de l'Atikamekw Joyce Echaquan, morte dans des circonstances troubles à l'hôpital de Joliette.

À Uashat, ce sont entre 300 et 400 personnes qui sont sorties dans les rues pour demander justice.

J’ai eu beaucoup de peine, j’ai pensé beaucoup à eux autres, à la famille. C’était une maman de sept enfants, dit Kayla Vollant, l’organisatrice de la manifestation de Uashat.

La jeune femme de 25 ans a reçu le soutien des services de première ligne de sa communauté dans l’organisation de la vigile.

J’avais peur qu’il n’y ait personne, je ne vous mentirai pas. Mais finalement je suis vraiment contente de voir qu’on est vraiment solidaires et qu’on pense beaucoup à nos confrères et consœurs atikamekw, se réjouit Mme Vollant.

La veillée a débuté au site culturel de la communauté par des prières, des discours, des danses et des chants accompagnés au tambour.

S'adressant à la foule, le prêtre Ali Nnaemeka n'a pas mâché ses mots, comparant le sort de Joyce Echaquan au traitement subi par l'Afro-Américain George Floyd.

Une femme tient une affiche où est inscrit "Justice pour Joyce"

Des manifestantes au site culturel de Uashat

Photo : Radio-Canada / Djavan Habel-Thurton

Les personnes rassemblées ont marché jusqu’au musée Shaputuan. Des lanternes ont alors été allumées et relâchées dans le ciel.

Présent à la manifestation, le chef de Uashat mak Mani-utenam, Mike Pelash McKenzie, voit dans la tragédie du décès de Mme  Echaquan une preuve de plus de l’importance de l’autonomie des Premières Nations.

Le chef Mike McKenzie s'adresse au public dans une conférence de presse.

Le chef Mike McKenzie

Photo : Radio-Canada / Marc-Antoine Mageau

Pour nous, l’autonomie de la communauté, c’est ce qu’on prône depuis le début, indique le chef, qui dit travailler pour la construction d’un centre de santé jumelé à une résidence pour aînés dans sa communauté.

On rêve d’avoir nos propres institutions, notre propre hôpital dans la communauté.

Mike McKenzie, chef de Uashat mak Mani-utenam

On a beau avoir des commissions, on a beau avoir des rapports, c’est le temps de passer à l’action, lance pour sa part l’organisatrice de la manifestation, Kayla Vollant.

Solidarité à Pessamit et partout sur la Côte-Nord

Simultanément, au moins 250 personnes ont participé à une veillée à Pessamit pour honorer la mémoire de Joyce Echaquan.

Chandelle à la main, les membres de la communauté innue ont marché de l’église jusqu’à l’immense croix située au bout de la rue Laletaut en chantant et en récitant des prières.

Un homme et une petite fille avec un cercle de tissu où l'on peut lire "Justice pour Joyce"Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Indignés, de nombreux citoyens ont marché dans les communautés innues de la Côte-Nord.

Photo : Radio-Canada / Marlène Joseph-Blais

L’une des organisatrices de l’événement, Kim Picard, estime que les gestes posés à l’endroit de Joyce Echaquan illustrent le fossé qui sépare encore certains allochtones des membres des Premières Nations.

Que ça arrive au Québec en 2020, moi j'ai de la misère à croire ça parce que c'est... Ça se peut juste pas. C'est inhumain. Où est la dignité? Où est le respect envers les peuples autochtones?, se demande, indignée, l’organisatrice.

Liette Picard a aussi été choquée par l'histoire de Joyce Echaquan. Elle croit que les gouvernements doivent agir pour stopper le racisme envers les Autochtones.

J'entendais la voix de Joyce résonner dans ma tête jusqu'à 3 h du matin. Je n'arrivais pas à dormir. Puis, c'est pas juste moi. C'est le cas de plusieurs femmes à qui ça pourrait arriver.

Liette Picard

J'en ai vécu moi aussi du racisme, poursuit-elle, mais moi je suis une personne qui est capable de se défendre. Je me suis toujours dit : ce temps-là, il est révolu.

Un homme âgé parle dans un porte-voix.

Le chef de Pessamit, Jean-Marie Vollant, s'est adressé à la foule.

Photo : Radio-Canada / Marlène Joseph-Blais

Des rassemblements similaires étaient également prévus dans les communautés de Matimekush-Lac John, d’Ekuanitshit, de Nutashkuan, d’Unamen Shipu et de Pakua Shipu.

Les chefs unanimes

Les neuf chefs des communautés innues du Québec ont par ailleurs uni leurs voix pour dénoncer les propos racistes qui ont été proférés envers Joyce Echaquan.

Mardi, par voie de communiqué, les chefs se sont dits troublés et choqués par les événements tragiques qui sont survenus à l’hôpital de Joliette.

Les chefs appuient du même coup le plan d’action de l’Assemblée des Premières Nations du Québec et du Labrador contre la discrimination et le racisme envers les peuples autochtones, dévoilé mardi matin.

Avec les informations de Marlène Joseph-Blais

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