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Une veillée aux chandelles à Sherbrooke pour Joyce Echaquan, morte à Joliette

Des personnes rassemblées à une veillée aux chandelles devant l'hôtel de ville de Sherbrooke.

Miguel Coocoo (à droite) et sa compagne Tammy Papatie (à gauche).

Photo : Radio-Canada / John Naïs

Une vingtaine de personnes étaient réunies, mardi soir, devant l’hôtel de ville de Sherbrooke pour rendre hommage à Joyce Echaquan, cette femme atikamekw de Manawan morte à l’hôpital de Joliette dans des circonstances troubles, lundi.

Elle a été traitée de façon inhumaine, lance d’emblée Miguel Coocoo, lui-même issu de la communauté atikamekw de Wemotaci. Le jeune homme était présent à la veillée aux chandelles avec sa compagne Tammy Papatie et leurs enfants. C’est troublant, poursuit-il.

Une personne tient entre les mains une pancarte sur laquelle est écrit en anglais « indigenous lives matter ».

Une vingtaine de personnes étaient réunies, mardi soir, devant l’hôtel de ville de Sherbrooke.

Photo : Radio-Canada / John Naïs

Pour lui, ce qui est arrivé à Joyce Echaquan n’est pas un cas isolé.

Ça s’est passé dans le passé, dans d’autres établissements, dans les milieux carcéraux. Les Autochtones subissent de la discrimination dans les services publics.

Miguel Coocoo, membre de la communauté atikamekw de Wemotaci

Miguel Coocoo dit qu’il est en colère par rapport à ce qui est arrivé à Joyce Echaquan, à l’hôpital de Joliette, mais aussi par rapport à la situation des Autochtones au pays. Pour lui, la mort de cette femme mérite clairement d’être dénoncée.

Avec leurs gestes, ces infirmières n’ont clairement pas respecté leur code de déontologie en tenant des propos discriminatoires envers leur patiente. Des propos qui sont condamnables par la Charte des droits et libertés, lance-t-il.

L’étudiant en droit à l’Université de Sherbrooke dit avoir peur pour sa femme et ses enfants quotidiennement. Si les choses ne changent pas, [mes enfants] vont eux aussi devoir subir des gestes discriminatoires, dit-il.

Une personne tient une chandelle dans un pot en verre entre les mains.

La veillée aux chandelle a rassemblé une vingtaine de personnes devant l'hôtel de ville de Sherbrooke, mardi soir.

Photo : Radio-Canada / John Naïs

Une mort traumatisante

Tammy Papatie, la conjointe de Miguel Coocoo, souligne pour sa part que la mort de Joyce Echaquan était traumatisante.

En tant que femme autochtone, on a peur pour nous autres. On a peur d’aller consulter. On s’en va à l’hôpital, où on est censées être soignées, mais [pour Joyce Echaquan], ce n’est pas ce qui s’est passé. Elle est morte.

Tammy Papatie

La jeune femme dénonce également le racisme systémique que subissent les personnes autochtones, selon elle. On devrait avoir plus de services à l’intérieur des communautés, dit-elle.

Miguel Coocoo a bon espoir que cet événement tragique pourra contribuer à éveiller les consciences à l’égard des personnes autochtones au Canada. C’est le genre d’événement qui, j’espère, va permettre de changer les choses et faire changer [les mentalités] à l’égard des Autochtones, espère-t-il.

Un souhait partagé par Annabelle Lanthier-Veilleux et Marie Talaia Coutandin, les deux organisatrices de la veillée aux chandelles de Sherbrooke. [On veut] que ça change. Parce que ce n’est pas normal. C’est inacceptable, fait savoir Annabelle Lanthier-Veilleux.

L’événement de ce soir, c’est pour se rappeler, mais aussi pour se bouger, parce que le système est un peu lent à changer. Alors on n’aura pas d’autre choix que de le faire nous-même, lance pour sa part Marie Talaia Coutandin.

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