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Deuxième vague : l'inquiétude gagne les entreprises

Des tours de bureaux dans le centre-ville de Montréal

Le centre-ville de Montréal est durement touché par la pandémie et la fermeture des bureaux.

Photo : Radio-Canada / Jean-Claude Taliana

De nombreuses entreprises anticipaient le pire en vue de l'annonce du gouvernement Legault sur le passage en zone rouge. Si la plupart sont épargnées pour le moment, du moins en partie, elles se montrent inquiètes face à l'arrivée de la deuxième vague de COVID-19 plus tôt que prévu. Les événements des derniers jours ont de quoi rappeler la fermeture presque totale de l'économie au printemps... de mauvais souvenirs pour nombre d'industries.


Groupe Germain

Christiane Germain, coprésidente des Hôtels Germain, encaisse le coup, encore une fois. Ce n’est pas facile pour le moral, admet-elle. Il faut être fait fort! Contrairement à la première vague, elle se dit prête cette fois-ci, à sa façon. Du jour au lendemain, notre chiffre d'affaires a baissé de 95 %. D’accord? Mettons que ça baisse de 97 %, c'est la même chose. Pour les prochains mois, elle comptait beaucoup sur son établissement dans Charlevoix, très prisé des touristes québécois pendant l'été, mais les déplacements non essentiels entre régions sont dorénavant non recommandés avec l'apparition des zones rouges. On s'attendait à un bel automne, mais le système de couleurs n'est pas dans les arbres cette année. Ça nous cause des mauvaises surprises.


Groupe La Québécoise

Les autocars sont rares sur les routes du Québec. Le directeur des affaires corporatives, Pierre Tremblay, explique que rien ne va plus dans son service de transport nolisé qui compte 85 véhicules. Plus de 90 % du chiffre d'affaires est parti en fumée. Les cours sont pleines d’autocars, déplore-t-il. Connaissez-vous des gens qui vont aller à New York en fin de semaine? C’est ça notre gagne-pain! L'arrivée d'une deuxième vague, qui pourrait être plus forte que la première, l’inquiète : Que ça ne prenne pas le bon bord, ça nous insécurise, bien sûr.


Groupe Saint-Hubert

La chaîne de restaurants ne s'attendait pas à devoir fermer 67 salles à manger si tôt. Déjà, les revenus dans les dernières semaines étaient de 10 à 15 % inférieur à l'année dernière. Ça va faire très mal, reconnaît le président Richard Scofield. Concrètement, ça veut dire pour nous de retourner à un menu encore plus simplifié, et de revoir nos stratégies de marketing et nos emplacements pour recevoir un surplus de commandes pour emporter ou à livrer.


Cominar

Le fonds de placement immobilier, qui possède une quarantaine de centres commerciaux, dont Rockland, échappe pour l'instant aux nouvelles mesures de confinement. Son directeur principal à l'exploitation et au commerce de détail, Jacques Gladu, se montre confiant dans les circonstances. Ce n’est pas tant une inquiétude, explique-t-il, que de prévoir comment on réagira pour s’assurer que la clientèle demeure confiante de venir dans nos établissements. C’est dans cet état d’esprit qu’on va s’ajuster. Par exemple, à la réouverture, des agents de sécurité supervisaient l’entrée des établissements. Ils ont progressivement été retirés. Pourraient-ils revenir?


Groupe Sélection

La nature des opérations du gestionnaire immobilier ne lui donne guère droit à l'erreur : 43 de ses 50 édifices sont des résidences pour aînés. 15 000 personnes y demeurent. La vice-présidente aux affaires publiques et aux communications corporatives, Mylène Dupéré, insiste sur l'importance de mobiliser et de sensibiliser le personnel. Le passage à l’alerte rouge change des choses pour les employés. Il devient important de faire des rappels [pour faire respecter les mesures sanitaires à la lettre] parce que des gens peuvent être asymptomatiques, souligne-t-elle. L’entreprise doit aussi compter d’importants nouveaux coûts : heures supplémentaires, équipements de protection, matériel de désinfection, agents de sécurité, etc.


Aéro Montréal

Le représentant de l’industrie aéronautique au Québec implore le gouvernement Legault de maintenir les usines ouvertes, des milieux qui seraient très sécuritaires. On ne voudrait pas être la nation qui bloque les chaînes d’approvisionnement dans le monde, souligne la présidente et directrice générale Suzanne Benoît.


Conseil du patronat du Québec

Le président de l’organisation, Karl Blackburn, rappelle combien le confinement du printemps a été difficile pour le Québec inc., qui peine à se relever. On sent qu’il y a de l’inquiétude, reconnaît-il. Ça prend de la certitude, de la prévisibilité et de la longévité, et tout ce que nous avons devant nous, c’est le contraire, ce qui n’est certainement pas bon pour l’économie.


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