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Les Québécois frappés de plein fouet par l’anxiété et la dépression pendant la pandémie

La pandémie a des impacts très importants sur le bien-être psychologique des Québécois.

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Une femme seule sur un lit, devant une fenêtre.

La pandémie a des impacts très importants sur le bien-être psychologique des Québécois (archives).

Photo : iStock

Radio-Canada

La population québécoise serait particulièrement vulnérable face à l’anxiété et la dépression en cette période de pandémie, révèle une étude réalisée par des chercheurs de l’Université de Sherbrooke.

Un adulte sur cinq aurait eu des symptômes en lien avec un trouble d’anxiété généralisée ou une dépression majeure au cours des deux dernières semaines, fait savoir la Dre Mélissa Généreux, professeure-chercheuse de la Faculté de médecine et des sciences de la santé de l’Université de Sherbrooke, qui a participé aux recherches.

À l’échelle du Québec, on a un adulte sur cinq qui présentent de l’anxiété ou de la dépression de nature assez importante pour dire qu’ils devraient être évalués cliniquement.

Dre Mélissa Généreux, professeure-chercheuse de la Faculté de médecine et des sciences de la santé de l’Université de Sherbrooke

L’enquête en question a été menée sur le web auprès de 6261 adultes du 4 au 14 septembre 2020. Ils proviennent de sept régions du Québec, à savoir la Mauricie-Centre du Québec, l’Estrie, Montréal, Laval, Lanaudière, les Laurentides et la Montérégie.

Ce que l’on constate aujourd’hui, c’est que les niveaux de dépression et d’anxiété au Québec sont actuellement considérablement plus élevés que ce qui était observé en prépandémie, observe la Dre Généreux. Selon cette dernière, les chiffres qui ressortent de cette enquête s’apparentent aux niveaux observés dans la communauté de Fort McMurray, 6 mois après les feux de forêt de 2016.

Une multitude de facteurs en cause

Cette anxiété serait due à une multitude de facteurs, selon la Dre Généreux. Le fait d’avoir été isolé de façon obligatoire pour certaines personnes ou encore les pertes financières que certains ont dû subir ont certainement contribué à fragiliser la santé mentale des Québécois. Mais on a remarqué dans notre étude [...] que c’est l’aspect de l’information qui compte le plus, constate-t-elle.

Le manque de cohérence dans les politiques de santé publique ou encore la méfiance à l’égard des autorités pourraient exacerber l’anxiété et la dépression. Cet amalgame de facteurs très liés à la pandémie semble avoir un effet très fort sur la santé mentale des Québécois, souligne-t-elle.

Plusieurs pistes de solution sont mises de l’avant pour combattre l'anxiété et la dépression comme le déploiement d’équipes en psychiatrie au sein de la population ou encore mieux outiller les services qui se trouvent aux premières lignes. Toutefois, la Dre Généreux concède qu’il est utopique de penser que tout le monde pourra avoir accès à un médecin, un psychologue ou un psychiatre.

Pour elle, l'une des solutions les plus efficaces serait une formation en premiers soins psychologiques pour la population. [Le but] est d’outiller toute la population pour qu’elle soit capable de repérer quelqu’un qui va moins bien et lui apporter les premiers soins psychologiques nécessaires, croit-elle.

Par ailleurs, l’étude montre que les jeunes adultes, les anglophones et le personnel de la santé sont parmi les plus vulnérables psychologiquement pendant la pandémie.

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