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Yanni Gourde, l’improbable champion de Saint-Narcisse-de-Beaurivage

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Andrei Vasilevskiy et Yanni Gourde se félicitent avec leur casque.

Le reportage de Jean-Philippe Martin

Photo : Getty Images / Elsa

La conquête de la Coupe Stanley par le Lightning de Tampa Bay a fait veiller les quelque 1100 résidents de Saint-Narcisse-de-Beaurivage, lundi soir, à des milliers de kilomètres au nord de la Floride. Le village où a grandi l’attaquant Yanni Gourde peut maintenant célébrer son héros local et l’improbable parcours qui l’a mené au sommet du monde du hockey.

Faute de pouvoir se rassembler en grand nombre pour écouter le dernier match de la finale de la Coupe Stanley au centre communautaire, c’est chacun dans leur foyer que les habitants de la petite municipalité de Chaudière-Appalaches ont poussé un cri de joie collectif, tard lundi soir.

Tout le monde se connaît à Saint-Narcisse. Je me rappelle de Yanni qui jouait au hockey avec des cannes de conserve dans l'épicerie de son père, à 2-3 ans, lance le maire Denis Dion.

Dans les dernières semaines, les gens nous encourageaient. Il y a des commerces partout dans la paroisse qui affichent des chandails de Yanni. Même des gens qui n’ont jamais joué au hockey. Des cousines qui appellent, qui n’avaient jamais suivi ça avant. C’est plus beau qu’on pensait, décrit Jean-Guy Gourde, le père de Yanni.

Des joueurs de hockey entourent la coupe Stanley.

Le Lightning de Tampa Bay est champion de la Coupe Stanley 2020.

Photo : Getty Images / Bruce Bennett

Ne pouvant être dans la bulle, à Edmonton, pour vivre le moment avec son fils, ce dernier n’était toutefois pas non plus à Saint-Narcisse-de-Beaurivage pour le match ultime, mais plutôt au fond des bois, dans un camp de chasse près des monts Valin, au Saguenay, avec les deux frères de Yanni.

Soir de fête au camp de chasse

Mes deux fils ont acheté le camp récemment et c’est la première fois qu’on y allait. Ils pensaient que ça allait être facile d’installer une antenne, mais ça n’a pas fonctionné comme prévu, relate le grand-père de famille sourire en coin.

Après avoir manqué le match numéro 4 de la série, les Gourde se sont finalement liés d’amitié avec des voisins chez qui ils ont déménagé leur gros téléviseur. Le petit groupe a vécu ensemble, après une journée de chasse, lundi soir, le grand moment.

Durant les dernières minutes du match, ça ne parlait presque plus. Jusqu’à 30 secondes de la fin, où les émotions sont embarquées. On a célébré jusqu’à tard, même jusqu’à tôt ce matin dans le cas de mes deux garçons, raconte Jean-Guy Gourde.

Des hommes assis autour d'une table pour souper.

Le clan Gourde au camp de chasse où ils ont écouté les derniers matchs de la finale de la Coupe Stanley.

Photo : Courtoisie

Même son de cloche chez la mère de Yanni Gourde, Manon Odesse, qui avait complètement décoré la terrasse de sa résidence de Québec aux couleurs du Lightning, cet été, pour regarder les séries éliminatoires de son fils. La soirée de lundi soir a été très spéciale, raconte-t-elle, un rêve comme mère de joueur de hockey.

On les revoit petits. C’est tous ces souvenirs-là, ces petits moments qui te reviennent en tête. C’est beaucoup d'émotions qui ressurgissent dans un moment comme ça.

La fougue des Gourde

Ce moment spécial, bien des résidents de Saint-Narcisse-de-Beaurivage et des alentours semblent l'avoir vécu. C'est qu'ils connaissent le parcours tortueux qu'a emprunté Yanni Gourde depuis ses premiers coups de patin pour atteindre la Ligue nationale de hockey (LNH). Jamais repêché dans la Ligue de hockey junior majeur du Québec (LHJMQ) ni dans la LNH, ce n’est que le jour de son 24e anniversaire qu’il a fait ses débuts dans le circuit Bettman.

Selon Damien Laflamme, qui a vu jouer le père et les oncles Gourde dans leur jeune temps, le style de jeu du centre du Lightning ne tient pas du voisin. C’est une famille bien connue ici. Les Gourde, c’était tous des intenses qui viraient sur un 10 cents. Des petits fougueux , lance le propriétaire de la boutique Bi-Sports, aux abords de l’aréna de Saint-Agapit.

Un homme pose à côté de chandails de Yanni Gourde.

Propriétaire de la boutique Bi-Sports, à Saint-Agapit, Damien Laflamme attend impatiemment les vêtements aux couleurs de la conquête de la Coupe Stanley du Lightning.

Photo : Radio-Canada / Carl Boivin

Cette fameuse petite taille a toutefois forcé Yanni à travailler plus fort à l’adolescence pour faire sa place dans les meilleures équipes. Retranché du bantam AA, d’abord, puis trois années consécutives du camp des Commandeurs de Lévis, dans le midget AAA, son fils n’a jamais baissé les bras, se rappelle Jean-Guy Gourde.

Premier de classe, il allait prendre le chemin des écoles préparatoires américaines lorsque les Élites de Jonquière lui ont proposé de se joindre à leur équipe dans le midget AAA. Une saison parmi les meilleurs marqueurs du circuit plus tard, les Tigres de Victoriaville l’ont invité à leur camp d’entraînement, d’abord pour remplir un chandail lors des matchs intraéquipes.

Après quelques années, l'attaquant de 1 m 75 et 79 kg était champion marqueur de la LHJMQ. Une saison dans la Ligue de la côte est et quatre dans la Ligue américaine ont ensuite été nécessaires pour devenir un joueur partant avec le Lightning. Le jeu en valait la chandelle. Lundi soir, à 28 ans, Yanni Gourde a soulevé la coupe Stanley.

Le conjoint de la grand-mère de Yanni Gourde, Réjean Denis, sa mère, Manon Odesse, et son conjoint, Steve Vaillancourt.

Le conjoint de la grand-mère de Yanni Gourde, Réjean Denis, sa mère, Manon Odesse, et son conjoint, Steve Vaillancourt.

Photo : Radio-Canada / Carl Boivin

Il a beaucoup de caractère et une détermination incroyable, relève fièrement sa mère. Reste à voir maintenant si la coupe Stanley pourra se permettre un voyage à Saint-Narcisse-de-Beaurivage dans les prochains mois malgré la pandémie.

La Coupe Stanley, on s’entend qu’avant de la gagner, on n’en parlait pas. C’est comme Voldemort dans Harry Potter, on ne peut pas prononcer son nom. J’ai hâte de voir ce qui va arriver, mais j’ai surtout hâte de serrer mon fils dans mes bras pour qu’on le vive ensemble un petit peu, conclut Manon Odesse.

Avec les informations de Jean-Philippe Martin

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