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France : l'attaquant au hachoir accusé de « tentatives d'assassinats » terroristes

Le procureur en conférence de presse.

Le procureur national antiterroriste Jean-François Ricard a accusé l'assaillant au hachoir de « tentatives d'assassinats en relation avec une entreprise terroriste », entre autres.

Photo : afp via getty images / Stéphane De Sakutin

Agence France-Presse

Le ressortissant pakistanais accusé d'avoir grièvement blessé deux personnes vendredi à Paris à l'aide d'un hachoir, pensant qu'il s'en prenait à des employés de l'hebdomadaire satirique Charlie Hebdo, a été accusé mardi pour « tentatives d'assassinats » terroristes. Il demeurera derrière les barreaux le temps des procédures.

À l'issue de quatre jours de garde à vue, Zaheer Hassan Mahmoud a été présenté à un juge d'instruction qui l'a inculpé pour tentatives d'assassinats en relation avec une entreprise terroriste et association de malfaiteurs terroriste criminelle, a indiqué le parquet national antiterroriste (Pnat).

Lors d'une conférence de presse dans l'après-midi, le procureur national antiterroriste Jean-François Ricard avait confirmé que l'assaillant, en s'attaquant à deux salariés de l'agence Premières Lignes, visait bien Charlie Hebdo, dont les locaux étaient anciennement situés à cet endroit, dans l'Est parisien, avant l'attentat meurtrier de janvier 2015.

L'auteur de cet attentat islamiste a déclaré aux enquêteurs avoir regardé ces derniers jours des vidéos en provenance du Pakistan concernant la publication et la republication début septembre par Charlie Hebdo des caricatures de Mahomet qui en avaient fait la cible des djihadistes, a ajouté le magistrat.

Selon le procureur, certains amis entendus par les enquêteurs ont confirmé que l'homme regardait abondamment ces derniers temps des vidéos de Khadim Hussain Rizvi, le fondateur et dirigeant du parti Tehreek-e-Labbaik Pakistan, dit TLP, un mouvement extrémiste pakistanais.

Un homme agenouillé tient un drapeau de la France qui brûle. une foule se trouve autour de lui.

Un homme brûle un drapeau de la France lors d'une manifestation pour dénoncer la republication des caricatures de Mahomet par « Charlie Hebdo » à Lahore, au Pakistan, le 10 septembre 2020.

Photo : afp via getty images / Arif Ali

Le TLP a participé début septembre à des manifestations réunissant des milliers de personnes dans plusieurs villes du Pakistan contre Charlie Hebdo et la France après la republication des caricatures.

Son acte était prémédité, selon le Pnat : en colère, l'intéressé avait procédé à des repérages les jours précédant l'attaque, avait acheté le matin même le hachoir, un marteau et des bouteilles de diluant à peinture, car son projet initial était d'entrer dans les locaux du journal, si nécessaire à l'aide du marteau, et de les incendier, selon Jean-François Ricard.

En arrivant devant la rue, et en apercevant les victimes, il a pensé que ces dernières travaillaient pour [Charlie Hebdo] et a décidé de les attaquer [...] subitement, a-t-il affirmé.

L'employé de Premières Lignes est toujours hospitalisé dans un état très grave avec plusieurs fractures du crâne, tandis que sa collègue a eu plusieurs plaies et fractures au visage.

Quatre pompiers courent en poussant une civière sur laquelle se trouve une victime enroulée de couvertures et de bandages.

Des pompiers parisiens s'empressent de transporter une des victimes de l'attaque vers une ambulance.

Photo : afp via getty images / Alain Jocard

Le père de l'assaillant se dit fier

Interpellé place de la Bastille après les faits, Zaheer Hassan Mahmoud a passé 96 heures en garde à vue entre les mains des enquêteurs de la brigade criminelle et de la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI).

L'assaillant présumé, qui déclarait initialement s'appeler Hassan Ali et être âgé de 18 ans, a été confronté à une photo d'un passeport pakistanais retrouvée dans son téléphone et a finalement déclaré s'appeler Zaheer Hassan Mahmoud et avoir 25 ans.

Il dit venir de Kothli Kazi, un village du district agricole de Mandi du Pendjab au Pakistan.

Contacté par téléphone par l'AFP, Arshad Mahmoud, qui se présente comme son père, s'est dit très heureux et très fier des actes de son fils, qui a protégé l'honneur du Prophète.

Sous ces deux identités, l'homme était inconnu des services spécialisés. Mais il a déclaré être arrivé en France en août 2018 et grâce à sa première identité, celle d'un mineur, il a bénéficié de l'aide sociale à l'enfance en région parisienne. Son parcours a ouvert un débat politique en France sur la prise en charge des mineurs isolés.

Sa seconde identité n'a pas encore été définitivement authentifiée auprès des autorités pakistanaises.

Les enquêteurs semblent penser qu'il a agi seul : les 10 personnes placées en garde à vue depuis vendredi ont toutes été relâchées.

Parmi elles figuraient un frère et plusieurs ex-colocataires de l'assaillant présumé, mais aussi Youssef, un Algérien de 33 ans qui a fait preuve d'un grand courage en tentant d'attraper le suspect pour l'arrêter, selon le procureur antiterroriste.

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