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Les décès liés aux opioïdes ont augmenté de 38 % en 2019, selon les chiffres de la PPO

Deux mains qui tiennent une seringue.

La crise des opioïde fait environ une victime aux 6 heures en Ontario.

Photo : Getty Images / Spencer Platt

Radio-Canada

La crise des opioïdes continue de s'intensifier en Ontario. La Police provinciale de l'Ontario (PPO) constate une augmentation des décès par surdose liés aux opioïdes pour une troisième année de suite.

Dans son rapport intitulé Surdoses d'opioïdes : conséquences et stratégies, le corps policier révèle être intervenu lors de 152 surdoses mortelles liées aux opioïdes en 2019. Cela représente une augmentation de 38 % par rapport à l’année précédente.

C’est dans le Nord-Est de la province que la PPO constate la plus forte hausse de décès liés aux opioïdes. 22 personnes sont mortes des suites d’une surdose en 2019, soit plus du double qu’en 2018.

Carte du territoire de la PPO.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Communautés tombant sous le ressort territorial de la PPO.

Photo : Police provinciale de l'Ontario

Plus de 1500 victimes des opioïdes en Ontario l’an dernier

Sur l’ensemble du territoire de l’Ontario, un total de 1535 personnes sont mortes de causes apparemment liées à la consommation d'opioïdes en 2019, selon l’Agence de la santé publique du Canada. Cela représente environ une victime aux 6 heures.

Par ailleurs, le service de police provincial constate également une augmentation des surdoses non fatales liées aux opioïdes. Entre 2017 et 2019, celles-ci ont grimpé de 517 à 780, ce qui représente une hausse de 50 %.

La PPO riposte à la crise des opioïdes

Pour répondre à la crise des opioïdes, la PPO explique s’appuyer notamment sur l’administration de naloxone, un antidote temporaire aux surdoses liées aux opioïdes. En 2019, le corps policier affirme avoir sauvé 68 vies de cette manière.

Le service de police compte aussi sur la promotion de la Loi sur les bons samaritains secourant les victimes de surdose, qui offre une certaine protection juridique aux personnes qui sont en train de faire un surdosage ou qui en sont témoins, pour encourager les citoyens à solliciter ou à offrir de l'aide en cas de besoin.

La PPO compte également continuer de faire la guerre aux trafiquants d’opioïdes. Dans le contexte actuel, il n'y a aucune raison pour que des drogues de cette nature qui font autant de dégâts soient distribuées dans nos collectivités, déclare Thomas Carrique, commissaire de la PPO.

Nous continuerons à traquer les individus qui s'adonnent sciemment au trafic des opioïdes tel le fentanyl et nous ferons tout pour qu'ils répondent de leurs actes

Thomas Carrique, commissaire de la Police provinciale de l'Ontario

En 2019, la PPO a déposé 102 accusations à la suite d'enquêtes sur 12 décès liés aux surdoses. Cela représente une augmentation de 500 % par rapport à 2018.

Critiques

Jean-Sébastien Fallu, professeur à l’École de psychoéducation de l’Université de Montréal et spécialiste en prévention de la toxicomanie, n’est pas rassuré par un tel fait d’armes.

Que la police s’en prenne aux trafiquants "responsables" de décès par surdoses de produits non contrôlés, ce n’est pas une voie efficace du tout, affirme-t-il. Le professeur soutient que la police attrape souvent des petits trafiquants qui ne savent même pas qu’il y a du fentanyl dans la drogue qu’ils vendent.

Le problème fondamental, c’est la qualité des produits sur le marché. Et comme c’est un marché prohibé, interdit, criminel, il n’y a pas de contrôle de qualité. La seule solution réaliste est l’encadrement par l’État d’une forme d’approvisionnement sécuritaire.

Jean-Sébastien Fallu, professeur à l’École de psychoéducation de l’Université de Montréal et spécialiste en prévention de la toxicomanie

Jean-Sébastien Fallu estime que les trousses de naloxone et la Loi sur les bons samaritains secourant les victimes de surdose ne sont pas pas la panacée. La réalité sur le terrain, c’est que ce n’est pas si bien appliqué. Les gens craignent encore la police, dit-il.

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