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Mort d'une Autochtone : réunis devant le Parlement, ils implorent Legault d'agir

Une femme fait brûler de la sauge.

Une femme fait brûler de la sauge pour rendre hommage à Joyce Echaquan.

Photo : Radio-Canada / Camille Simard

La mort d'une Autochtone dans des circonstances nébuleuses lundi, à hôpital de Joliette, a provoqué une onde de choc jusqu'à Québec, devant l'Assemblée nationale. Des dizaines de personnes se sont réunies pour demander au gouvernement Legault de reconnaître le racisme systémique.

Joyce Echaquan, une femme atikamekw dans la mi-trentaine, a diffusé une vidéo en direct sur Facebook dans laquelle elle lançait un appel à l'aide. Elle se trouvait sur un lit d'hôpital et affirmait être surmédicamentée. Dans la vidéo, on entend des infirmières tenir des propos dégradants à son endroit. Peu de temps après, la mère de sept enfants est décédée.

Le grand chef de la nation huronne-wendate, Konrad Sioui, s'est déplacé devant le Parlement mardi soir, à Québec, pour implorer le gouvernement de poser des gestes concrets contre le racisme systémique.

Il a admis ne pas avoir été capable de regarder la vidéo. J'ai lu, mais même si on peut parfois paraître des leaders avec une force exceptionnelle, il y a des choses qui nous touchent particulièrement, et ça, je ne peux pas me permettre émotivement de regarder ça, a-t-il dit.

Le premier ministre François Legault a annoncé en point de presse mardi qu'une infirmière avait été congédiée et que deux enquêtes étaient en cours.

Il y a une chose qui est sûre : c'est que les gens qui ont porté ces paroles-là et ces propos-là n'ont pas leur place dans les institutions de santé au Québec, ni même nulle part.

Konrad Sioui, grand chef de la nation huronne-wendate
Deux personnes masquées devant le parlement.

Une centaine de personnes se sont rassemblées devant l'Assemblée nationale, à Québec.

Photo : Radio-Canada / Camille Simard

Une infirmière de Wendake, Manon Picard, a peine à croire qu'une telle tragédie puisse survenir en 2020.

Moi, je suis infirmière et je traite des allochtones, je traite des Autochtones, mais je traite des êtres humains [...] pour avoir travaillé à Montréal plusieurs années, jamais je n'aurais pensé qu'on puisse traiter quelqu'un en mettant une race dessus, a-t-elle déploré.

Jamais je n'ai pensé mettre une ethnie sur la personne que je soignais.

Manon Picard, infirmière à Wendake

Une jeune Autochtone, Milla Bacon, a affirmé avoir déjà vécu du racisme de la part d'infirmiers. Ça m'a beaucoup choquée, ça m'a beaucoup épeurée, parce que ce n'est pas normal de voir ça, cet appel à l'aide sur Facebook comme ça, a-t-elle lancé. C'est aujourd'hui que ça se passe, c'est assez.

Reconnaître le racisme systémique

François Legault a reconnu mardi que les propos tenus à l'endroit de Joyce Echaquan étaient racistes. Toutefois, ce n'est pas suffisant selon plusieurs qui demandent au premier ministre de reconnaître l'existence du racisme systémique.

Je pense que de reconnaître le racisme systémique, je sais qu'il ne veut pas le dire, mais moi je pense que c'est ça, et il faut penser à ça, a fait savoir Pénélope Guay, cofondatrice de la Maison communautaire Missinak.

Avec beaucoup d'émotions dans la voix, elle demande à Québec de passer à l'action. Ça m'a virée à l'envers, j'ai trouvé ça tellement triste, tellement triste, qu'une femme soit attachée, qu'elle soit forcée, on l'a forcée, on lui a injecté des médicaments [...] ça m'a mise en colère, j'ai passé toute la nuit à y penser.

Pénélope Guay pensait se rendre à Joliette, où une vigile avait également lieu, mais elle a décidé d'en organiser une devant le gouvernement.

De la façon qu'elle est décédée, c'est atroce, il n'y a pas de mots, je n'ai pas de mots. Je me dis : est-ce qu'on est rendus à faire des vidéos pour faire bouger les choses?

Avec les informations de Camille Simard

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