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Dakota du Nord : ce voisin du Manitoba qui compte six fois plus de cas

Un test de dépistage de la COVID-19.

Un Américain subit un test de dépistage de la COVID-19. Les États-Unis sont toujours aux prises avec un grand nombre de contaminations et de morts tous les jours.

Photo : Reuters / Brendan McDermid

Radio-Canada

Les Manitobains aiment bien aller se promener du côté du Dakota du Nord en temps normal. Faire un petit tour à Grand Forks ou pousser plus au sud jusqu'à Fargo permet de se changer les idées et, souvent, de profiter des aubaines dans les commerces américains. La COVID-19 a mis un frein à tout ça, mais plus encore, elle a révélé des différences importantes dans la façon dont les gouvernements et les populations se comportent en pleine pandémie.

Le Dakota du Nord compte six fois plus de cas que le Manitoba, pour une population deux fois moins importante et une densité de la population beaucoup plus faible.

  • Cas actifs de COVID-19 au Dakota du Nord mardi : 3651
  • Cas actifs de COVID-19 au Manitoba mardi : 606
  • Population du Dakota du Nord : 762 062
  • Population du Manitoba : 1,369 million

Selon l’épidémiologiste Brenton Nesemeier, qui travaille auprès des autorités sanitaires du Dakota du Nord, plusieurs facteurs expliquent la situation de la pandémie dans cet État américain.

Se faire tester étant plus facile, dit-il, plus de gens subissent le test de dépistage. Les tests sont ainsi accessibles pour les personnes asymptomatiques.

L’État a une politique pas mal libérale. On n’a qu'à se rendre sur notre site web pour trouver une clinique de dépistage. Ça explique peut-être nos chiffres élevés, dit Brenton Nesemeier.

Autre facteur, selon lui, la rentrée dans les universités et les collèges, où l’enseignement se fait toujours en classe, même si l’enseignement à distance est aussi une option offerte aux étudiants.

Selon Brenton Nesemeier, la tranche d’âge la plus touchée par la maladie est en ce moment celle des 20 à 29 ans. Nous avons plus de personnes dans ce groupe d’âge, et je pense que le retour aux sessions universitaires et collégiales contribue à expliquer l’augmentation des cas.

Le taux de positivité des tests est aussi beaucoup plus élevé au Dakota du Nord, où il se situe en moyenne à 8,8 %, alors qu’au Manitoba, par exemple, le taux de positivité sur 5 jours s’établissait mardi à 2,2 % et qu’il n’a pas, jusqu'ici, dépassé le seuil des 3 %.

Les hospitalisations sont plus nombreuses au Dakota du Nord. Le nombre de personnes hospitalisées atteignait un record mardi, avec 105 personnes atteintes de la COVID-19 à l’hôpital.

Là-bas aussi, les restrictions peuvent varier selon les régions et le nombre de cas. Ainsi, la région sanitaire qui comprend la ville de Fargo est passée au jaune. On y dénombrait 523 cas mardi.

Quant au port du masque, il n’est toujours pas obligatoire dans les différentes régions sanitaires de l’État.

Brian Rittar est le président de la Chambre de commerce de Bismarck Mandan. On encourage le port du masque et le lavage des mains, dit-il, mais on a des inquiétudes quant à la façon dont ces mesures sont mises en place.

Dans cet État, ce sont les particuliers, les organismes et les entreprises qui tentent tant bien que mal de démontrer l’importance du port du masque, indique-t-il.

Selon le microbiologiste manitobain Philippe Lagacé-Wiens, le temps de réaction des autorités est aussi un facteur qui explique la propagation plus rapide de la maladie chez nos voisins du Sud.

On a réagi un peu en retard, croit-il. Alors la leçon, c'est qu'on doit agir de bonne heure. Même s’il n'y a peut-être pas tellement de cas, ça prend deux à quatre semaines avant de voir les résultats d'une restriction. Alors, agir à ce temps-là, c'est beaucoup trop tard.

L’épidémiologiste du Dakota du Nord fait une autre lecture de la situation. Je pense que nous sommes dans la deuxième vague et que nous en serons sortis avant de crier ciseau , dit Brenton Nesemeier,

Avec des informations de Zoé Le Gallic-Massie

Notre dossier COVID-19 : ce qu'il faut savoir

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