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Remise en forme : des blogueurs pas forcément qualifiés

Un homme assis sur un banc de musculation se tient le dos.

Seulement 16,4% des 194 blogueurs populaires de fitness examinés possédaient des certifications.

Photo : EvantoElements

Depuis le début de la pandémie, les vidéos de remise en forme ont explosé sur Internet et les réseaux sociaux. Or la popularité d’un blogueur ne signifie pas qu’il est apte à donner des conseils en matière de remise en forme. Selon une étude de l'Université de l'Alberta, la majorité des blogueurs qui s’improvisent coachs sportifs ne sont en fait pas qualifiés, ce qui pourrait accroître les risques de blessure chez les personnes qui suivent ces vidéos.

Nous avons examiné certains des blogues de fitness les plus populaires pour voir quel type de contenu est publié et qui sont les auteurs, explique Elaine Ori, doctorante à la Faculté de kinésiologie, de sport et de loisirs, qui a mené l'étude dans le cadre de son doctorat.

En examinant 194 blogues populaires de mise en forme physique, elle a constaté que seulement 16,4 % des blogueurs possédaient des certifications, tandis que 57 % d’entre eux avaient déclaré être des professionnels du milieu.

Seulement 11 blogueurs ont pu prouver qu'ils avaient fait des études postsecondaires dans un domaine connexe comme la kinésiologie.

En tout, 90 % des blogueurs utilisent les plateformes de médias sociaux pour promouvoir leur contenu.

Ces soi-disant experts de la forme utilisent leurs blogues pour fonctionner comme une encyclopédie pour leurs plateformes personnelles de médias sociaux, a remarqué la chercheuse. Leur portée est bien plus grande que ce que les gens pensent.

Cela pose question de la dangerosité du contenu.

Elaine Ori, doctorante, Faculté de kinésiologie, de sport et de loisirs

Beaucoup de gens se présentent comme des professionnels de l'exercice dans l'environnement en ligne, mais restent ambigus sur ce que cela signifie, dit Elaine Ori.

Elaine Ori.

Elaine Ori, doctorante à la Faculté de kinésiologie, de sport et de loisirs a mené l'étude dans le cadre de son doctorat.

Photo : Elaine Ori

Même constat du côté du directeur adjoint du GoodLife Fitness de Northland, de Calgary, Boris Kamara.

Selon lui, l'absence de réglementation dans l’industrie de la mise en forme signifie que les gens peuvent suivre un cours le week-end et se qualifier de professionnels aux côtés de ceux qui ont des diplômes d'études supérieures en sciences de l'exercice.

Néanmoins, même s’il admet que les professionnels du milieu sont un peu agacés par ces blogueurs qu’ils qualifient de charlatans, il n'est pas être inquiet pour ce qui est de la concurrence que peuvent leur faire ces blogues.

La qualité de service est incomparable.

Boris Kamara, directeur adjoint, GoodLife Fitness

Tous ces blogues ne sont cependant pas totalement mauvais pensent la doctorante et le directeur de la salle de sport.

Ce sont d'excellentes sources de soutien communautaire, en particulier pour les personnes qui n'ont pas de soutien social dans leur vie régulière, dit la première.

Ces blogueurs suscitent l’intérêt des gens vers la remise en forme, et c’est plutôt une bonne chose, affirme le second.

Cependant, il conseille de se méfier des résultats sensationnels que promettent certains de ces blogues, suggérés par des titres tels que cinq exercices faciles pour obtenir votre meilleur corps pour l'été.

Si les gens ne font de l'exercice que pour ces idéaux d'apparence, ils peuvent être déçus de ne pas atteindre ces idéaux aussi rapidement qu'on le leur promet, dit Boris Kamara.

Boris Kamara sur scène qui attend sa récompense.

Le directeur adjoint du GoodLife Fitness de Northland Village, à Calgary, Boris Kamara, a remporté le prix du meilleur directeur adjoint de la filière GoodLife Fitness au Canada en 2019.

Photo : Boris Kamara

Il rappelle qu’il y a d’autres avantages à faire de l'exercice physique, notamment la gestion du stress, une meilleure qualité du sommeil et une réduction du risque de maladies chroniques.

Les gens doivent comprendre que la santé et la forme physique ne sont pas universelles, explique Elaine Ori.

En ce qui concerne les blogueurs sur Internet, Boris Kamara pense que ce problème dépasse celui du monde de la forme physique.

Je fais le lien avec les fausses nouvelles sur Internet.

Boris Kamara, directeur adjoint, GoodLife Fitness

Aujourd’hui, tout le monde peut se rendre sur Internet et s’autoproclamer expert en quelque chose. C’est aux consommateurs de faire attention, conclut-il.

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