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Plus de 15 000 chirurgies à rattraper dans la région de la capitale nationale

Des outils de chirurgies sur un plateau.

Plus de 15 000 chirurgies sont à rattraper dans la région de la capitale nationale.

Photo : Radio-Canada

Depuis le début de la pandémie, plus de 15 000 chirurgies ont été repoussées dans l’est de l’Ontario et en Outaouais. Plusieurs mesures de rattrapage sont mises en place dans les hôpitaux, mais le défi s’annonce colossal en ce début de deuxième vague.

Environ 14 000 chirurgies non urgentes ont été reportées dans les hôpitaux du réseau de santé Champlain, dans l'est de l'Ontario. En Outaouais, ce nombre s’élève à 1150, selon le Centre intégré de santé et de services sociaux (CISSS).

Alors que le nombre d’infections à la COVID-19 augmente de jour en jour, les inquiétudes sont vives. Dans la tête des gens, une chirurgie, c'est toujours urgent. Les gens sont stressés et ce qui est encore plus stressant, c'est que [le scénario de la première vague] pourrait recommencer, s’inquiète le président d’Action Santé Outaouais, Denis Marcheterre.

Tant en Ontario qu’en Outaouais, les autorités de santé publique ne sont pas en mesure d’indiquer quand elles pourront venir à bout des longues listes d'attente.

Qu’est-ce qui est fait?

Tout d’abord, les chirurgies urgentes et celles en oncologie n’ont jamais cessé.

Après un interlude de plusieurs semaines dans les salles d’opération, des deux côtés de la rivière des Outaouais, les systèmes de santé veulent mieux prioriser les chirurgies non urgentes en fonction des nouvelles réalités de la pandémie. Par exemple, la disponibilité des blocs opératoires et du personnel ainsi que l’urgence des soins sont surveillées plus étroitement.

Solutions pour rattraper le retard :
À OTTAWA
Prioriser les chirurgies à faire
Orienter des chirurgies vers d'autres hôpitaux de la région
Déplacer des chirurgiens dans différents hôpitaux
EN OUTAOUAIS
Prioriser les chirurgies à faire
Orienter des chirurgies vers d'autres hôpitaux de la région
Déplacer des chirurgiens dans différents hôpitaux
Envoyer certains cas moins sévères vers des cliniques externes
Éviter le délestage des infirmières des blocs opératoires pour l’unité COVID. Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Les hôpitaux de la région doivent rattraper le retard de chirurgies.

Photo : Radio-Canada

À l’heure actuelle, les blocs opératoires sur les deux rives ne fonctionnent toujours pas à plein régime en raison des normes de distanciation physique.

Les salles d’opération dans les hôpitaux de la grande région d’Ottawa ont repris à environ 80 % de leurs capacités. Le CISSS de l’Outaouais, lui, vise un taux de 70 %, sans préciser quel est le taux actuel dans ses hôpitaux.

Des chirurgies déplacées

Afin de maximiser le temps en bloc opératoire, des chirurgiens seront amenés à se déplacer d’un hôpital à l’autre.

La spécialité va donc bouger là où il y a du temps opératoire disponible, précise la directrice clinique à l’Hôpital Montfort, Marcelle Thibault.

Marcelle Thibault en entrevue devant l'Hôpital Montfort.

Marcelle Thibault, directrice clinique à l’Hôpital Montfort

Photo : Radio-Canada / Jonathan Dupaul

Le temps opératoire est vraiment optimisé et maximisé pour s'assurer que tout le monde ait accès à un corridor de soins.

Marcelle Thibault, directrice clinique, Programme de chirurgie, soins périopératoires, urgence, et services d’endoscopie de l’Hôpital Montfort

La disponibilité des blocs opératoires et le consentement des patients à se déplacer sont pris en compte, tant à Ottawa qu’à Gatineau.

Tout n'est pas transférable, mais néanmoins si on était capable de sortir un certain volume de ce backlog-là, ça aiderait pour nos listes d'attente et à mieux prioriser nos patients à l'interne de nos hôpitaux, explique Dr Nicolas Gillot, directeur des services professionnels au CISSS de l’Outaouais.

Par exemple, on va solliciter l’expertise des chirurgiens des hôpitaux de Maniwaki et du Pontiac pour les opérations en orthopédie. Ainsi, les patients en attente d’une opération à la hanche auront l’option de s’y faire opérer.

Il s’agit d’une mesure centrale de la stratégie du CISSS de l’Outaouais pour désengorger le bloc opératoire de l’Hôpital de Hull, mais qui n'est pas sans conséquence sur le personnel, soutient le Syndicat des professionnels en soins de l’Outaouais (SPSO).

Si on décide de faire les cataractes juste à Shawville, c’est sûr et certain que ça va faire une pression indue sur l’équipe de Shawville, qui est habituée d’en faire un peu moins par semaine. On va leur demander d’en faire plus, donc ça va avoir un impact majeur sur ces infirmières-là, s’inquiète Patrick Guay, président du SPSO.

Manque de personnel en Outaouais

Patrick Guay en entrevue à l'extérieur.

Patrick Guay, président du Syndicat des professionnelles en soins de l’Outaouais (SPSO).

Photo : Radio-Canada / Hugo Belanger

Par ailleurs, le syndicat soutient qu’on doit s’attendre à ce que davantage de membres du personnel soignant, déjà surmenés et en nombre insuffisant, soient infectés durant la deuxième vague.

Si on a du personnel atteint de la COVID, c'est sûr que c'est du personnel en moins dans les blocs opératoires, donc on ne pourra pas rattraper les 1150 chirurgies et encore moins répondre aux demandes de chirurgie qui s'en viennent, prévient Patrick Guay.

Cela s’est d’ailleurs déjà produit au bloc opératoire de l’Hôpital de Hull, où deux employés ont été infectés.

Parmi les solutions pour éliminer l’arriéré de chirurgies, le CISSS de l'Outaouais propose d’éviter, dans la mesure du possible, d’avoir recours au délestage, c’est-à-dire de retirer les infirmières spécialisées des blocs opératoires pour les transférer vers l’unité COVID ou les soins intensifs.

Le CISSS de l’Outaouais reconnaît que le manque de personnel dans les blocs opératoires est en partie responsable du retard.

L’incertitude dénoncée

Les autorités de santé disent avoir tiré des leçons de la première vague et ne comptent pas répéter les mêmes erreurs, des arguments qui ne rassurent ni les travailleurs de la santé ni les groupes d’usagers.

Le président du SPSO dénonce l'improvisation du CISSS.

J'ai l'impression qu'on agit sur le tas. On regarde et on essaie un peu de tout.

Patrick Guay, président du Syndicat des professionnels en soins de l’Outaouais

En Ontario, ce sont les mêmes préoccupations, alors que les taux d’infection atteignent des sommets jamais vus depuis le début de la pandémie.

Il n'y a tout simplement pas de plan concret pour éliminer cet arriéré et faire face à la deuxième vague en Ontario, dénonce la directrice générale de la Coalition ontarienne pour la santé, Natalie Mehra. Ça va prendre un effort et des ressources considérables pour rattraper ce retard.

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