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Éviter de passer à l'orange sera difficile, croit le directeur de la santé publique

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Une molécule du SRAS-CoV-2, responsable de la COVID-19.

Photo : Radio-Canada / Francis Lamontagne

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Prenez note que cet article publié en 2020 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Le directeur de la santé publique régionale, le Dr Donald Aubin, croit qu’il sera très difficile d’éviter que la région ne passe au palier d’alerte orange en raison de la vitesse à laquelle se propage la COVID-19 au Saguenay-Lac-Saint-Jean.

Lors d’une conférence de presse virtuelle tenue mardi, le Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux (CIUSSS) a fait le point sur la situation en région. Lundi, le niveau d’alerte est passé du vert (1) au jaune (2), ce qui signifie que le Saguenay-Lac-Saint-Jean se trouve en mode préalerte. Selon le plus récent bilan, la région compte 427 cas de coronavirus. Le nombre de personnes atteintes a bondi de 10 en 24 heures.

On ne veut pas passer au palier orange, mais on voit que la courbe actuelle pourrait nous y amener. Ne pas passer à l’orange, ça va demander beaucoup. Ça prend 10 à 12 jours avant que les mesures soient efficaces. On sait que le jaune, ce ne sont pas des mesures sévères, a convenu le Dr Aubin.

Le palier jaune implique une vigilance accrue de la part de la population. Cependant, les rassemblements de 10 personnes ou moins sont toujours permis et aucune mesure coercitive n’est mise en place pour l’instant.

Le Dr Aubin demande à la population de respecter les consignes sanitaires comme le port du couvre-visage et la distanciation physique et de ne pas prendre part à des rassemblements intérieurs et extérieurs.

« Le gros du travail, c’est nous tous dans nos vies qui devons le faire. On n’a pas d’autre choix. C’est notre arme principale. »

— Une citation de  Donald Aubin, directeur de la santé publique, Saguenay-Lac-Saint-Jean

Des indicateurs solides

Selon un graphique présenté par les autorités de santé publique, il faudrait une augmentation estimée à environ 17 cas en une seule journée pour que la région bascule en zone orange. Ceci dit, le Dr Aubin a précisé que les motifs justifiant un changement de zone sont définis par des indicateurs solides et émanent de discussions quotidiennes entre les directions de santé publique de tout le Québec.

Le nombre de cas par 100 000 habitants est un critère, mais il ne s’agit pas du seul facteur.

On regarde aussi l’état du système de santé et s’il y a saturation. On regarde aussi la vitesse de la montée. On y met un peu de jugement. Les directeurs sont à table à tous les jours pour réfléchir , explique Donald Aubin.

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Le nombre cumulatif de cas de COVID-19 au Saguenay-Lac-Saint-Jean depuis le début de la pandémie.

Photo : Courtoisie CIUSSS Saguenay-Lac-Saint-Jean

Le directeur observe une montée importante de la COVID-19 au Saguenay-Lac-Saint-Jean depuis un mois, une hausse qui s’est confirmée il y a deux semaines. Depuis le début septembre, 49 personnes ont été déclarées positives. De ce nombre, 38 cas sont encore considérés actifs.

Actuellement, la région ne dénombre aucune hospitalisation. Toutefois, le niveau de vigilance demeure extrêmement élevé, puisque plusieurs foyers d’éclosion, notamment dans des établissements scolaires, font l’objet de surveillance par la santé publique.

On a plusieurs éclosions, mais qui sont réparties et multiples. Ça veut dire que le volet communautaire est très présent, ce qui nous différencie de la 1ère vague, note-t-il.

Le nombre de personnes en isolement actif, c’est-à-dire qu’elles présentent un risque modéré à sévère, atteint 460 chez nous.

Cette situation nécessite le déploiement d’efforts colossaux par les équipes du CIUSSS pour mener les enquêtes épidémiologiques nécessaires et tenter le plus possible de limiter la propagation du virus.

Les jeunes les plus atteints

Selon les statistiques citées par le Dr Aubin, les jeunes sont les plus touchés par la COVID-19 au Saguenay-Lac-Saint-Jean.

50 % des cas récents étaient des gens de 30 ans et moins. C’est très élevé au niveau des jeunes. Le grand message auprès de ces groupes d’âge-là est d’éviter les comportements à risque, a imploré le grand patron de la santé publique régionale. Il mentionne le vapotage et les attroupements comme des éléments à proscrire.

Le message du directeur de la santé publique aux personnes qui se trouvent en isolement est sans équivoque :

Quand vous êtes en position d’isolement, c’est sérieux. On vous donne des balises à suivre et il faut vraiment les suivre. On a besoin de s’assurer qu’il n’y a pas de nouveaux contacts qui s’établissent et que la propagation va s’arrêter là , insiste-t-il. Les personnes en attente d'un diagnostic devraient voir le nom de la santé publique affiché sur leur téléphone lorsqu'ils reçoivent un appel.

Selon la santé publique, les premières étapes de l’enquête épidémiologique sont cruciales et il faut répondre au téléphone.

« On regarde la montée de la courbe. La multiplication peut nous mener très très loin. »

— Une citation de  Donald Aubin, directeur régional de la santé publique

Ne pas lâcher

La consigne à la population est de ne pas céder au découragement, malgré le contexte.

[Au début de la pandémie], dans le 1er mois, on a eu 69 % des cas. Par la suite, on a réussi à reprendre le contrôle. Il y a moyen de reprendre le contrôle quand on se retrouve dans une telle position, croit Donald Aubin.

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Le Dr Donald Aubin fait le point en conférence de presse.

Photo : Radio-Canada

Au cours des dernières semaines, alors que l'apparition d'une deuxième vague de COVID-19 devenait de plus en plus menaçante, le médecin a senti un relâchement et une certaine fatigue collective.

À partir de maintenant, la santé publique entend mener plus d’inspections dans les commerces pour s’assurer que les consignes de base soient respectées et pour limiter le nombre de personnes qui se trouvent dans le même lieu au même moment.

Fermer la région?

Si les enquêtes épidémiologiques démontrent que les cas de contagion primaire et secondaire ont un lien direct avec le territoire de Québec ou des environs, qui se trouve en zone rouge, il n’est pas question, à ce stade, de fermer la région comme ce fut le cas au printemps.

Mais Donald Aubin et ses collègues sont inquiets et demandent aux gens de ne pas se rendre en zone rouge. Cette recommandation s’applique aussi aux gens de Québec, ou d’autres régions fortement touchées par le virus, à qui l'on demande de ne pas visiter le Saguenay-Lac-Saint-Jean.

On ne parle pas de fermeture complète. Mais je pense que la réflexion est là. Je pense que la population a compris l’importance au printemps dernier. Je n’ai pas l’impression que la population s’y oppose. Si la hausse se poursuit, il y aura d’autres discussions, a renchéri le Dr Aubin.

Noël

S’il n’a pas voulu s’avancer sur la période des Fêtes, le directeur a toutefois confirmé qu’avant l’arrivée d’un vaccin, ce sera difficile de revenir à une situation normale.

Un retour à comment c’était avant, je ne croirais pas. Par contre, un retour à la nouvelle normalité, avec des règles comme cet été, ça, ce n’est pas impossible, a-t-il affirmé, ajoutant que pour l’instant, il demeure périlleux, pour les autorités de santé publique, de voir plus loin qu'un horizon de quatre semaines.

Des 427 Saguenéens et Jeannois qui ont contracté le coronavirus depuis le début de la pandémie en mars, 363 sont rétablis. La fermeture des écoles n’est pas envisagée par les autorités de santé publique régionale.

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