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Le parc éolien de la Dune-du-Nord prend forme

Un mat d'éolienne à côté d'une grue et d'une station électrique avec une dune en avant-plan.

Le mât d'une des deux éoliennes du parc de la Dune-du-Nord a été dressé.

Photo : Radio-Canada / Isabelle Larose

Le parc éolien de la Dune-du-Nord devient réalité avec l’érection d’une première tour d’éolienne aux Îles-de-la-Madeleine. La puissance des vents et l’habitat floristique protégé du site complexifient les travaux de construction, mais la mise en service du parc éolien est toujours espérée d’ici la fin du mois d’octobre.

Au cours des derniers jours, un mât d'éolienne de plus de 80 mètres a fait son apparition sur la dune qui relie Pointe-aux-Loups à Grosse-Île. Le moyeu, la nacelle et les pales ne sont pas encore en place.

Il s’agit de la première des deux éoliennes qui formeront le parc de la Dune-du-Nord. Hydro-Québec a signé un contrat d’approvisionnement de 6,4 mégawatts sur 20 ans, bien que la puissance installée du site s’élève à 8 mégawatts, soit 4 mégawatts par éolienne.

Une petite section de mât est érigée avec des pièces d'éolienne aux abords.

Seule la base du mât de la deuxième éolienne est en place.

Photo : Radio-Canada / Isabelle Larose

L’érection de la deuxième éolienne s’amorcera une fois que l’assemblage de la première sera complètement terminé.

Un processus complexe

Pour ce faire, la grue devra être démontée, déplacée en pièces par camion via la route 199 et remontée aux abords de la base de la deuxième éolienne, une opération qui prendra au moins une semaine. Aucun chemin n’a été créé pour relier les deux turbines afin de limiter l’impact sur l’habitat floristique du corème de Conrad, une plante menacée.

L'emplacement du parc éolien a été contesté par des groupes écologistes en raison de la présence de cette plante. Une trentaine de plants de corème de Conrad qui se trouvaient à l’intérieur des limites du chantier ont été transplantés sur des dunes voisines en 2019, en partenariat avec Attention FragÎles.

Une personne à genou s'assure que le plant de corème de Conrad est solide.

Transplantation d'un spécimen de corème de Conrad en 2019 (archives).

Photo : collaboration Attention FragÎles

Le site est situé dans l’habitat floristique du corème de Conrad, explique le chargé de projet, Hugo Bouchard. Il était clair qu’on devait faire des efforts d’amenuiser l’empattement du projet sur le site. Le projet est à sa plus simple expression : deux turbines, une route qui relie chacune des turbines à la route, mais pas de route entre les deux turbines, une tour de mesure et une sous-station qui est raccordée au poste d’Hydro-Québec. Il n’y aucune autre infrastructure.

De l'équipement est entreposé aux abord d'une dune couverte par la végétation.

Le matériel ne peut être entreposé à l'extérieur des limites du chantier pour protéger le corème de Conrad.

Photo : AFP / Isabelle Larose

La protection du corème de Conrad a aussi réduit les dimensions du chantier.

Pour l’installation, explique M. Bouchard, on s’est limité à l’aire de travail la plus petite possible, ce qui nous a causé des maux de tête récemment. L’ordre de livraison des composantes ne s’est pas effectué de manière optimale parce qu’on avait deux bateaux.

Un bateau contient des pales d'éolienne.

Les composantes des éoliennes sont arrivées par bateau au port de Cap-aux-Meules à la mi-septembre.

Photo : Diane Hébert

Les composantes des éoliennes sont arrivées à bord de deux barges, accostées aux Îles à une semaine d'intervalle, en provenance du Portugal et de la Corée du Sud.

Ç'a été très difficile de disposer des équipements sur l’aire de travail et c’est pour ça qu’il y a certaines composantes qui sont entreposées au port.

Hugo Bouchard, chargé de projet
Des pales d'éolienne aux abord de l'eau et des bateaux de pêche

Les pales d'éolienne sont entreposées au port de Cap-aux-Meules en raison de l'espace limité sur le chantier.

Photo : Radio-Canada / Isabelle Larose

Les pièces sont donc transportées individuellement par camion lorsque le chantier peut les accueillir dans l’espace limité.

Un camion transporte une section de mat d'une éolienne.

Les pièces d'éolienne sont transportées vers le site de la Dune-du-Nord par camion sous escorte policière puisqu'il s'agit de pièces aux dimensions hors norme.

Photo : Diane Hébert

Le vent : un frein aux travaux

Les propriétaires du parc éolien, soit la Régie intermunicipale de l’énergie Gaspésie–Îles-de-la-Madeleine, Valeco Énergie Québec et Plan A Capital, espèrent mettre en service les deux éoliennes d’ici la fin du mois d’octobre, mais c’est la force des vents qui aura le dernier mot.

C’est possible que l’entrée en service soit retardée à cause du vent, admet le chargé de projet Hugo Bouchard. Il y a une partie d’impondérable là-dedans.

Une grue avec un mat d'éolienne derrière une dune couverte de végétation.

Pour installer le moyeu, la nacelle et les pales, les vents devront souffler en-deçà de 32 km/h, ce qui est relativement rare à cette période-ci de l'année.

Photo : Radio-Canada / Isabelle Larose

Lorsque les vents dépassent les 32 kilomètres à l'heure, la grue ne peut soulever les pièces d’équipement à plus de quelques mètres du sol.

Selon mon expérience, explique Hugo Bouchard, le site de la Dune-du-Nord est la meilleure ressource éolienne au Canada. Je n’ai pas fait d’études là-dessus, mais en 18 ans dans le domaine de l’énergie éolienne, je n’ai pas vu de site aussi performant que celui de la Dune-du-Nord. C’est l’avantage du site, mais le désavantage, pour l’installation des composantes et leur assemblage.

Sans présence de vent, l’assemblage et l'installation d’une éolienne ne prendrait que cinq à six jours.

Stockage d’énergie à venir?

En raison d’un changement de turbinier en cours de route, la puissance générée par les deux éoliennes est supérieure de 1,6 mégawatt à celle qui sera achetée par Hydro-Québec.

Cette énergie-là va être perdue, à moins qu’on trouve le moyen de la stocker, reconnaît Hugo Bouchard.

Une pièce avec des équipements électriques et un homme devant un ordinateur.

Sur le site éolien, une sous-station électrique est raccordée au transformateur d'Hydro-Québec. L'électricité des éoliennes est y acheminée par câbles sous-terrains puis convertie de 25 kilovolts à 69 kilovolts.

Photo : Radio-Canada / Isabelle Larose

M. Bouchard précise que l’installation d’une batterie de stockage n’est pas envisagée à court terme.

On pourra voir dans les prochaines années, affirme Hugo Bouchard. Pour l’instant, notre focus est vraiment sur la mise en service. On ne peut pas obliger Hydro-Québec à prendre cette électricité, donc ça dépend vraiment des besoins d’Hydro-Québec.

Le parc éolien de la Dune-du-Nord pourra fournir plus de 15 % de l’énergie électrique consommée par les Madelinots et ainsi réduire de 13 % les émissions de gaz à effet de serre générées par la centrale thermique au mazout, soit l’équivalent de 17 000 tonnes de dioxyde de carbone.

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